mardi 07 décembre

Sur une chaise bleue assis...

Sur une chaise bleue assis face à la grande bleue je songe je rêve je pense ; je réfléchis. Il est quinze heures, le soleil de décembre commence de descendre dans l'horizon toujours bleu. Quelques personnes honorent les galets de leur derrière peu douillet. De petits et fins rouleaux mélant le blanc de l'écume au bleu de l'eau viennent échouer auprès de leurs pieds. Personne ne bouge. Tout est sage, tout est calme. Le peuple des galets semble faire la sieste, collectivement immobile. Plage peuplée de statues vivantes mais inertes. Le seul mouvement est celui des petits et fins rouleaux qui s'épuisent puis se retirent en eux-mêmes en un balancement chronométré.

Tout est sage, tout est calme. Sauf l'enfant qui lance des galets le plus loin qu'il peut dans la mer, par-delà les fins rouleaux bleus et blancs. Il n'a pas l'air satisfait de ses tirs ; il recommence sans cesse ; à moins qu'il n'affectionne particulièrement la répétition du geste. Son corps se courbant, sa main se saisait d'un galet, descend le long de son corps redressé puis dessine un arc de cercle en se levant par l'arrière jusqu'à passer au-dessus de sa tête. Elle accélère vivement dans cette chorégraphie puis les doigts libèrent le galet au moment où la main est au zénith. Alors l'enfant place rapidement sa main en visière à la hauteur des sourcils pour voir où le galet entre dans l'eau bleue. Un temps immobile, il recommence son geste.

Puis, au dessus du peuple des galets, il y a les gabians et les pigeons qui se donnent des airs de compétiteurs, se tirant la bourre à tire-d'aile sans jamais croiser leur vol qui finit par se perdre à l'autre bout de la plage de galets, vers l'ouest, là où le soleil tend à s'incliner à pas comptés. Les gabians, goélands leucophées, donnent de longs coups d'ailes, filant l'air, traçant son trait fin et puissant. À côté, les pigeons de la plage agitent leurs courtes ailes, comme pris d'une frénésie de vélocité bien que sans effort. La compétition des volatiles bat son plein par intermittence, sans raison apparente, sans rien qui pourrait en justifier le départ et la répétition. Gabians et pigeons se tirent la bourre à tire-d'aile. C'est tout. C'est comme ça.

Une femme âgée vêtue d'une veste d'acrylique bleu pâle se tient immobile face à la mer sur les galets aux reflets bleutés, un peu plus en retrait. Peut-être lit-elle. Je ne sais. Je suis trop loin pour savoir ce qu'elle tient dans ses mains ni même comment elle tient ses mains. Peut-être lit-elle "Le conte bleu" de Marguerite Yourcenar. Va savoir ! Son immobilité est parfaite. À peine, par moment, son coude esquisse-t-il un mouvement futile et léger, avant de se recaler dans la position qui était la sienne avant le mouvement. Sous le soleil d'hiver, sa veste envoie des reflets bleutés comme des yeux bleus que l'âge aurait cernés légèrement. Ces yeux scrutent alentour, tristement, avec lassitude...

Tout ce bleu m'éblouit avec douceur. Les chaises, la mer, le ciel, la femme sur la plage. Pourquoi tant de bleu, alors que notre monde regorge de couleurs variées ? Pourquoi ce bleu se reflète-t-il sur toutes les surfaces qui s'opposent à lui, galets, pierres, vêtements. Même l'air n'est plus transparent mais bleu !

...

Le soleil descendit vers l'ouest tant et si bien que tout le bleu devint progressivement noir. Si j'étais resté là, assis sur la chaise bleu-noir,  mes yeux auraient sûrement fait amitié avec les ténèbres qui se seraient avancé à pas le loup. Je me suis levé, quittant ma chaise encore bleue. J'ai remonté les rues vers la ville.


 

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jeudi 25 février

Aspremont, au nord de Nice

C'est un petit village (deux mille habitants) sur un petit piton rocheux au nord de Nice. Sympa mais bien vide en ce mois de février 2021. Aspremont, âpre mont, mont escarpé. De là on peut admirer la plaine du Var et ses méchants bâtiments industriels, mais aussi, côtés nord et est, une magnifique campagne tout en relief...

J'y ai fait quelques photos.

 

 


 

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vendredi 27 novembre

Paul Dardé au musée de Lodève

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samedi 18 juillet

Quand le Loup coule...

 

 

1200px-Gorges_du_Loup

Quand le Loup coule, la tourterelle

Va jusqu'à Tourrettes à tire d'aile

 

 

 

 

 

 

 

[photo : wikimedia]

 

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mardi 30 juin

Matisse a dit ...

Quand j'ai compris que
chaque matin je reverrais cette lumière,
je ne pouvais croire à mon bonheur.
Je décidai de ne pas quitter Nice,
et j'y ai demeuré pratiquement
toute mon existence.

Cf. https://www.instagram.com/brichdenice/


 

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mardi 05 mai

10 ans avec Hayao Miyazaki

"10 ans avec Hayao Miyazaki" sur le site de la NHK en 4 épisodes

Un documentaire exclusif en 4 parties relatant le processus de création du légendaire réalisateur japonais Hayao Miyazaki. La série de reportages le décrit comme artisan passioné, pionnier inconditionnel et père de qui se confronte à son fils.

  1. Ponyo est là
    Un regard exclusif sur les coulisses du génie du plus important réalisateur japonais vivant, Hayao Miyazaki, créateur de certains des longs métrages d'animation les plus emblématiques et les plus durables dans le monde aujourd'hui. Miyazaki a autorisé un réalisateur de documentaires à le suivre dans son travail, alors qu'il imaginait des personnages et des intrigues pour ce qui allait devenir son blockbuster de 2008, "Ponyo sur la falaise". Miyazaki explore les limites de ses capacités physiques et de son imagination pour faire apparaître des protagonistes inoubliables.
    49mn. Disponible jusqu’au 24 février 2026
  2. Dessiner le réel
    Le réalisateur de films d'animation Hayao Miyazaki a autorisé un seul réalisateur de documentaires à l'observer dans son travail, sur ce qui allait devenir son blockbuster de 2008, "Ponyo sur la falaise". Tout en imaginant les personnages et les intrigues, le réalisateur se souvient de sa défunte mère afin de s'en servir comme fil conducteur pour son histoire. Selon Miyazaki, "les films montrent qui vous êtes", "peu importe combien vous essayez de le cacher".
    49mn. Disponible jusqu’au 30 mars 2026
  3. Aller de l'avant - La menace
    Le légendaire animateur et réalisateur japonais Hayao Miyazaki, a autorisé un seul réalisateur de documentaires à le suivre durant une décennie. Les étincelles commencent à luire alors que lui et son fils Goro - réalisateur en devenir - travaillent sur le film "La Colline aux Coquelicots" (2011). Durant la dernière phase de production, un gigantesque tremblement de terre et une catastrophe nucléaire qui a suivi ont secoué le Japon et laissé son équipe sous le choc. Au milieu des pannes de courant, ils décident de suspendre leur travail. C'est alors que Hayao met à l'épreuve la détermination de son fils en tant que réalisateur.
    49mn. Disponible jusqu’au 21 avril 2026
  4. Pas d'excuses faciles
    À 72 ans, le légendaire réalisateur et producteur de films d'animation japonais Hayao Miyazaki relève un nouveau défi, qui deviendra son œuvre très appréciée "Le Vent se Lève" (2013). C'est le premier film de Miyazaki sur un personnage historique. Le réalisateur s'aperçoit que transformer un simple concept en film est un périple long et difficile. Au cours de ce processus, Miyazaki fait face aux questions difficiles : le vieillissement, et ce que signifie production d'un film d'animation au moment de la crise.
    49mn. Disponible jusqu’au 26 mai 2026

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dimanche 28 février

Iran-Japon et retours

Hier j'ai visionné deux films : Nahid et Les délices de Tokyo.

 

nahid

 

Nahid

ou

Comment une femme doit lutter contre le dogme religieux et le machisme institutionnalisé pour vivre libre. La femme iranienne ne naît pas libre, elle le devient, mais à quel prix !

Film poignant dont le tension ne se relâche qu'à une seule occasion (un fou rire féminin).

Côté cinématographique, formidables prises de vie sur les visages en même temps que profonds et mouvants paysages urbains...

 

 

tokyo

 

Les délices de Tokyo

ou

Comment la poésie donne sens à la vie, malgré les contraintes sociales, économiques, ou tout simplement humaines.

Ici aussi le féminin conduit tout. Trois femmes dialoguent : une vieille qui parle aux feuilles des arbres et écoutent les oiseaux, une jeune en quête de liberté et de respect, une troisième enfin dépositaire de la pensée du profit... Au milieu un homme se débat.

La dimension poétique permet de transcender les heures et les heurts des protagonistes. On retrouve dans ce film cette poétique cinématographique japonaise qui permet à l'image de parler sans intermédiaire à notre imagination - que ces temps d'ultralibéralisme mettent à rude épreuve.

 

Deux films à voir absolument.

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dimanche 05 avril

L'urbi et orbi des lapins

lapinsdePâques

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vendredi 20 décembre

J'aime ce qui fuit...

J'aime ce qui fuit car je m'y perds
et n'en reviens jamais
vois dans ce puits au dedans la terre
par là rien ne paraît

Tout en haut le soleil est triste
à force d'être là
idiot comme un chien sur sa piste
qu'il ne quittera pas

 

Vois dans ce puits au dedans la terre
par là rien ne paraît
où tu te puisses bien satisfaire
et connaître la paix

Laisse l'immobile aux invalides
donne-leur des miroirs
pour qu'à l'aise ils contemplent leurs rides
et leurs yeux cernés noirs

Car le soleil leur a noirci l'œil
ils n'ont plus de regard
ils sont déjà morts aimant le deuil
le fard et le cafard

Ils suivent de tristes mirages
guettant le déjà-vu
esclaves de leur propre image
qu'ils ne voient même plus

 

J'aime ce qui fuit car je m'y perds
et n'en reviens jamais
vois dans ce puits au dedans la terre
par là rien ne paraît

Tout en haut le soleil est triste
à force d'être là
idiot comme un chien sur sa piste
qu'il ne quittera pas

 

Viens dans ce puits poursuivre la vie
ombre de pénombre
sombre dépression à l'infini
où tout être sombre

vers ce qu'il n'est pas ; sois l'amante
douce et caressante
du lointain sans fin et sans forme
sans règle et sans norme

qui n'est jamais lui ; sois l'amante
douce et caressante
de ténèbres mouvantes où rien
ne se reconnaît sien

Nul soleil nul miroir nul éclair
n'y vient pour entraver
la course vivante de ces sphères
vers les infinités

Rien qu'une immense forêt
sans racine sans toit
sans cœur sans sous-bois où tout renaît
sans ligne sans loi

Forêt sempiternelle et sombre
profondeur de la nuit
inchangée où la vie est ombre
une ombre qui s'enfuit

Le temps qui toujours se dépasse
dénombre les instants
de cette fugue sans espace
mais spatieusement

 

J'aime ce qui fuit car je m'y perds
et n'en reviens jamais
vois dans ce puits au dedans la terre
par là rien ne paraît

Tout en haut le soleil est triste
à force d'être là
idiot comme un chien sur sa piste
qu'il ne quittera pas

Texte retrouvé sur un de mes bouquins lus au tout début des années 70
(Robert Lenoble, Histoire de l'idée de nature chez Albin Michel
(coll.L'évolution de l'humanité)
, éd.poche de 1969)
Poésie d'adolescent grand lecteur
J'en suis tout retourné ;~))


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jeudi 24 octobre

Film Socialisme (Godard)


Voir aussi Numérama.

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