lundi 10 novembre

L'entorse du Roi

C'est signé gpas et a été posté ce 10 novembre il y a très peu de temps. Je tombe dessus par hasard, intrigué par le titre de 20minutes selon lequel l'épouse présidentielle conteste au copain italien du Président : elle n'aime pas l'humour de Berlusconi à l'endroit d'Obama (cf. mon dernier message)... Au passage, elle confie (au Journal du Dimanche que cite 20minutes) apprécier être devenue française, tellement elle a honte du comportement du copain de son Président de mari... Je cite le début du post de gpas :
article_photo_1223887327516_2_0Tiens donc, ainsi Carla Sarkozy de Naguy-Bocsa Bruni Tedeski est devenue Française. Ainsi donc elle à bénéficié d'un passe-droit. Ainsi donc la loi Française n'a pas été appliqué dans son cas. Ainsi donc, les lois "Sarkozy" sur la naturalisation des étrangers par le mariage n'a pas été appliquée.
Rassurez moi, on est toujours en démocratie??? Parce que, quand les gens aux pouvoirs sont au-dessus des lois, les appliquent ou non selon leur bon vouloir, cela s'appelle une monarchie dans le meilleur des cas, une dictature dans le plus courant. Sarkozy n'étant pas chef d'État par filiation, c'est donc une dictature.

Et notre gpas de s'étonner que cette entorse présidentielle à une loi portée par un ministre devenu Président ne soit pas exhibée par la presse. Il a bigrement raison sur ce dernier point. Attendons tout de même ce bon vieux Canard enchaîné de mercredi 12 novembre...
Et puis, convaincu que nous sommes bien dans une dictature, je préfère, pour amoindrir ma peine, me dire que le Roi d'Maubeuge s'est fait une entorse !


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vendredi 07 novembre

Il est noir ?

La négritude métissée de l'homme que les américains viennent de se donner comme leader n'a pas fini de gêner les racistes, déclarés ou non, qui gouvernent ici et là ! Il faudra bien qu'ils s'y fassent. Me revient à la mémoire cette chanson qu'Hugues Auffray chantait autrefois dont j'ai oublié le titre et jusque la mélodie mais qui finissait sur l'idée que Dieu soi-même était ... une femme et qu'elle était ... noire.

Barack Obama est d'abord un homme politique et sa négritude métissée ne doit pas nous questionner quant à cet homme-là, mais bien quant à la capacité d'un peuple bigarré s'il en est (comment en serait-il autrement dans un pays de plus de 305 millions d'âmes, comme on disait autrefois) d'effacer des siècles de racisme opérationnel, de KKK, etc. J'avoue que je pensais que les américains ne feraient pas le choix d'Obama, précisément pour cette histoire-là. J'avais tort et tant mieux.  Cela ne peut que nous redonner confiance dans les choix collectifs, dans l'humanité des hommes et des femmes qui ont voix au chapitre... Cela questionne l'idée que j'avais d'un peuple dont l'unité certes ne m'a jamais paru aller de soi, mais qui avait tout de même récemment réélu un va-t-en-guerre pour présider à sa destinée...

Laissons donc aux racistes le loisir de s'interroger sur la négritude métissée de l'heureux élu ! Berlusconi n'a pas raté l'occasion d'exhiber son raciste foncier en qualifiant Barack Obama de « jeune, beau et bronzé ». En France, on ne fait pas non plus dans la dentelle : notre sinistre de la chasse ethnique n'a-t-il pas déclaré mercredi 5 novembre sur BFM-Radio que le succès de Barack Obama était le symbole d'une intégration réussie, comme si la seule couleur de sa peau en faisait un immigré ? Son pote le Roi d'Maubeuge avait tenu à peu près le même genre de langage s'agissant de Condoleezza Rice il y a un an. La stigmatisation superficielle comme élément fondamental du racisme... c'est pas moi qui le dit, c'était Raymond Aron, qui ne fut pas vraiment un gauchiste ou un anar !
Bref, il y aurait beaucoup à analyser de cette réaction de notre sinistre de la chasse ethnique... 


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vendredi 31 octobre

Histoires de brouillages... (encore ?)

Depuis qu'il a été élu Président de la France mais déjà pendant sa campagne électorale, notre roi d'Maubeuge nous embobine à coups de brouillages de frontières mâtinés de pseudo-bon-sens-commun : brouillages sémantiques, brouillages politiciens, brouillages sociaux, brouillages stratégiques, brouillages idéologiques... Que ne brouille-t-il pas au nom du pragmatisme ? Que ne brouille-t-il pas pour se maintenir au pouvoir, pour ne rien perdre de son pouvoir actuel, pour prendre tout le pouvoir. En effet, la prise de pouvoir passe par l'inhibition de la faculté de pensée de l'autre et le brouillage systématique fait partie des modes d'une telle inhibition.

Le goût du pouvoir ? Certes. Mais pas seulement ! En se rasant le matin, avant même d'être candidat à la « fonction suprême », il pensait à cette ultime marche qu'il comptait gravir pour couronner sa carrière politique. En se rasant le matin, maintenant qu'il a gravi cette marche, il pense à la stratégie qu'il faut mettre en œuvre pour toujours mieux enrichir les riches c'est-à-dire appauvrir les pauvres, pour permettre à ses amis de la finances, de l'industrie et des médias, ceux-là même qui l'ont grandement aidé à gravir la marche en question, d'accomplir toujours mieux leur destin de prise de pouvoir économique et politique (l'homme politique comme marionnette active non seulement consentante mais intéressée manipulée par les potentats économiques).

Il est un front où tout le monde (partis politiques, syndicats patronaux et syndicats de salariés, tout le beau monde quoi !) semble d'accord, où personne ne remet en cause ce qui n'est pourtant qu'un postulat idéologique. Je veux parler du statut et du rôle de la formation. Je veux parler de l'instrumentalisation de la formation, de son enfermement dans la politique de l'emploi, de sa réduction à un outil d'ajustement économique, bref de sa soumission ancillaire au service de l'économique. Notre beau pays fut pourtant pionnier il y a bientôt quarante ans, lorsqu'il grava la formation continue dans le marbre de la loi, l'inscrivant comme une obligation nationale. C'était en 1971 (Loi no 71-575 du 16 juillet 1971). La formation professionnelle continue y était organisée dans le cadre de l’éducation permanente - ce qu'on appelle aujourd'hui formation tout au long de la vie. L'objectif qu'on lui assignait alors était de permettre l’adaptation des travailleurs au changement des techniques et des conditions de travail, de favoriser leur promotion sociale par l’accès aux différents niveaux de la culture et de la qualification professionnelle et leur contribution au développement culturel, économique et social. De ces deux objectifs, n'en subsiste qu'un seul : l’adaptation des travailleurs au changement technologique et/ou organisationnel. Exit la promotion sociale des travailleurs, que ce soit par l’accès aux différents niveaux de la culture et de la qualification professionnelle, comme dit le texte de 1971, ou par un autre biais : il y a belle lurette que le fameux « ascenseur social » est en panne ! Quant à la contribution des travailleurs au développement culturel, économique et social, c’est TF1 qui s'en charge ! La formation est devenue un outil de la politique de l’emploi, un outil pour calmer les foules : certes, mon brave, ton boss t’as jeté, mais moi, gentil samaritain, je t’offre un stage, et comme ça tu seras enfin « employable » !
Regardez ce qui vient de se négocier chez Renault Sandouville : des actions de formation sont mises en place pour répondre au chômage partiel. La belle affaire : la mise en formation des salariés privés de travail va résoudre le problème de leur mise au chômage partiel ! On croit rêver. La formation-placebo existe donc ! Chouette ! Au passage, on admirera la réactivité de ce bon gouvernement qui, décidément, s'occupe bien des malheurs des petites gens, comme on dit à l'UMP : discussion le 29 octobre, mise en œuvre des décisions du 29 octobre le 3 novembre ! Au passage, on a pu voir que le plan de formation de l'entreprise n'était pas du tout au point...
Mais, comme dit le DG de l'UNESCO, la formation est une dimension centrale de la vie adulte. Qu'il est doux et réconfortant d'entendre de telles paroles ! Elles ont été proférées ce 29 octobre, pendant que Laurent Wauquiez discutait avec les organisations syndicale set la direction de Renault Sandouville. Un peu plus loin dans son allocution, Koïchiro Matsuura (c'est lui le DG de l'Unesco) affirme que rallonger d'un an la formation peut accroître de 6% le PIB d'un pays. On ne s'en sortira donc jamais. Pour la simple raison que le système économico-politique qui gouverne le monde est globalement appauvrissant et que, du coup, tout geste social ou politique n'est compréhensible que dans l'urgence du traitement des plaies causées par ce système. Écoutez donc Jan Figel, le commissaire européen chargé de l'éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse. Là où, avec les organisations syndicales, Pompidou et Chaban pensaient (mais étaient-ils vraiment sincères ?) promotion sociale, Jan Figel soumet la formation à l'impératif de l'accès à l'emploi : l'initiative « new skills for new jobs » a été lancée afin d'offrir un meilleur accès à l'emploi, affirme-t-il...
Quant à la dimension culturelle et sociale de la formation permanente, la droite libérale ne lui accorde aucun crédit, dans les deux sens du terme : elle relève de la décision individuelle et n'a donc pas à être prise en charge par la collectivité etc. L'affiliation religieuse est d'ordre individuel ; notre chanoine de Latran en fait une affaire d'État. La culture est d'ordre collectif ; l'ami des grands patrons en fait une affaire privée. Mais on oublie aussi de dire qu'elle peut également être subversive ?

M'est idée que l'ensemble de cette stratégie du brouillage - et pas seulement pour ce qui concerne la formation - n'a qu'une seule finalité : camoufler, tant qu'on peut, les failles du système capitaliste actuel. Non, décidément, Marx n'est pas mort ! Il n'est que d'observer avec quel soin l'équipe présidentielle éteint toutes les dissensions que l'on risquerait d'observer au sein de la majorité. C'est dans ses dissensions que l'on tient le début d'une analyse partielle des contradictions internes de notre système politique. Regardez, par exemple, ce qui se dit à l'UMP au sujet de la décision présidentielle de mettre en place nombre d'emplois aidés : il ne s'agit pas seulement d'une opposition entre un libéralisme soi-disant social et une droite dure. Il s'agit bien d'une seule et même droite française dont le roi d'Maubeuge soi-même, grand chef de cette faction politique, disait que la caricature - c'est-à-dire l'identité remarquable, ce à quoi on la reconnaît - était d'être injuste et insensible aux inégalités sociales ! Bref, les emplois aidés, ce n'est pas pour sauver la vie des petites gens, comme on dit à l'UMP, c'est d'abord pour pallier les ravages causés par le capitalisme libéralissime triomphant et amoindrir la dégradation de l'image qu'on pourrait avoir de lui.

À suivre donc...


Il n'est pire sourd que celui qui ...

Nouveau message sur l'excellent blog www.emploietcreation.info tenu par Benoît Willot :

L. Wauquiez : ça sert à quelque chose ou non ?

Le secrétaire d’État à l’emploi, Laurent Wauquiez, est un homme qui parle beaucoup ces dernières semaines. Il a par exemple donné un entretien filmé pour le site internet de l’Express ... Pour lire la suite, cliquez ici.

Édifiant, non ?

On notera au passage que les professionnels de l'information et de la documentation méritent d'avoir le triste sentiment qu'ils travaillent pour des prunes, même quand ils sont au service du gouvernement...


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mercredi 29 octobre

Paradoxal ?

Sous le ciel de Rethel, notre roi d'Maubeuge énonce les axiomes d'une politique yoyo, alors même qu'il ironise sur le travail d'un certain Yoyo ... Étonnant, non ?
Respects !


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le respect s'perd, dirait ma grand'mère !

Ainsi notre roi d'Maubeuge n'aime pas qu'on lui manque de respect !

Mais comme disait ma grand'mère qui était une femme très très sage, le respect, c'est pas automatique, ça s'mérite !
C'est peut-être à cause d'elle que je n'ai jamais succombé au trop doux plaisir de la soumission au principe d'autorité. Je n'ai jamais respecté quiconque du fait de sa position hiérarchique ou élective. Cela m'a coûté quelques légers ennuis avec l'autorité militaire (de mon temps, on faisait son "service"!). Cela m'a coûté une absence de promotions salariales. Cela m'a coûté la mise à l'index par certains groupes de gens bien-pensants (= affiliés à un gourou faisant autorité[?]). Mais c'est plus fort que moi. C'est ancré au plus profond de ma conscience pratique : je respecte les hommes et les femmes comme ils et elles sont, pour ce qu'ils et elles sont ; je ne respecte pas par principe ni par calcul.

Par ailleurs, je me réserve le droit citoyen de penser qu'un élu ou une "autorité" ne respecte pas sa fonction ... et de le dire très publiquement.
Était-il respectueux de dire, que dis-je : d'aboyer casse-toi-pauv'con ! à un quidam revendicatif ? Est-il respectueux de mépriser ainsi les gens qui, pour manger, doivent se louer, louer leur force de travail ? Etc.


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lundi 27 octobre

Bogdan et Stala : l'Ukraine à Lambersart

Mon copain Bogdan Nesterenko (accordéon) se donne en concert le 02 novembre à Lambersart avec le violoniste Stefan Stalanowski ! Vous pourrez entendre des chefs d'œuvre de la musique slave !

concert_violon_et_accord_on

À ne manquer sous aucun prétexte.


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samedi 25 octobre

caméra caché vs journaliste censuré

Jusqu'où peuvent s'"infiltrer" les journalistes ? Telle est la question du temps présent !
À cause d'une émission récente : “Les infiltrés”, sur France 2. Il s'agit d'un magazine d’investigation dont les enquêteurs se déguisent, mentent et piègent pour dénoncer. Et la question hyper-éthique est alors :  la fin justifie-t-elle les moyens ? Télérama réclame même l'avis de ses lecteurs ou plutôt des visiteurs de son site...
Foutaises !
Il y a cinq mois, je me suis posé d'autres quesrtions ! C'était une soirée entre pros de l'info, ce mercredi 18 juin au soir. Je m'étais invité à une réunion entre journalistes, organisée par l'association "çapresse", sur le thème suivant : Comment résister aux nouvelles formes de censure des journalistes ? C'était à Paris, rue des petites écuries, dans les locaux de l'EMI-CFD.
Quatre intervenants dont la parole a été distribuée par un cinquième journaliste à l'esprit de synthèse aiguisé, quatre intervenants aux profils professionnels différents  (photographe, rédacteur en chef photos, journaliste d'investigation). Une assistance nombreuse (une cinquantaine de personnes), apparemment composée de journalistes, au sens générique du terme. J'avais le sentiment d'être le seul documentaliste. Aussi me suis-je tu.
Autant le dire d'emblée : la question n'a pas été traitée. Il n'y avait pourtant pas hors sujet : la séance a plutôt tourné autour de la question de la définition de la censure, plus précisément autour du décryptage qui seul permet d'approcher la réalité de ces fameuses "nouvelles formes de censure des journalistes". Forme active de la conscience, toute résistance est résistance contre. Pour résister, il faut donc d'abord identifier contre quoi.
Bref, voici ce que j'ai pu noter lors de cette discussion entre journalistes, non sans y ajouter mon grain de sel, sans honte aucune, ni sans vergogne. Ce sont mes notes d'il y a cinq mois, que je n'ai ni revues ni retouchées depuis. Je les livre ce soir, à cause de la "caméra infiltrée".

1.fabrique-manipulation de l'information par DirCom ou DirPub

  • le journaliste n'est que le diffuseur
    cf. pendant la campagne présidentielle le diktat de l'UMP
  • le journaliste est "manipulé"
  • le journaliste est "embarqué"
    cf. les journalistes de guerre pris en charge par les autorités militaires
  • le journaliste est mystifié
    cf. les storystellings...

2.intervention explicite sur l'information

  • pour modifier
    cf. les retouches de photos (les bourlets du Président)
  • pour interdire
    cf. ... les exemples récents ne manquent hélas pas !

3.décridibilisation des journalistes

  • attaque de la personne du journaliste
    nombreux exemples
  • stratégie de pression en retour
    cf. la veille presse conduite par l'UIPP et la pratique de réponse prolixe systématique
  • affaiblissement de la portée de l'information dérangeante
    par exemple par le vacarme informationnel, ou tout simplement par la démonstration de la fragilité (risque de non fiabilité) de l'information dérangeante

4.vacarme informationnel
        noyer l'information dérangeante dans un flot démesuré d'information sans importance

5.brouillage des lignes qui séparent les catégories de presse
        presse d'information / presse people & starisation des personnalités politiques ;

6.autocensure
     intériorisation - consciente ou non, volontaire ou non - de la nécessité des petits et grands arrangements

  • raison idéologique
    no comment
  • raison économique
    le journaliste ne peut agir contre la survie économique de son entreprise ;
    énorme paradoxe existentiel : publicité, industrie du mensonge, comme condition de possibilité de (sur)vie de l'information...

Si on tente un tableau à double entrée des censures, on peut distinguer entre les trois instances de l'information (journaliste, information et secteur) et entre les trois moments de l'information : moment de sa fabrication (notamment les conditions de travail du journaliste, les situations où l'information se fabrique), moment du fabriqué lui-même, et moment de sa diffusion. Cela donnerait le tableau suivant.

tableauCensures

On est loin de la caméra cachée, non ?


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mardi 21 octobre

Je n'ai rien dit...

LesEchos_081021_158x273_Braves afpaïens !

Ils se plaignent aujourd'hui de perdre le monopole que leur octroie, que leur octroyait de fait leur coiffe "ministère du travail". Mais la nuit du 4 août est arrivée, pour eux aussi.

Je ne remets pas en cause l'utilité sociale d'une institution comme l'AFPA. Loin de moi cette pensée,  même si cette institution a contribué massivement bien que  malgré elle (à l'insu de son plein gré, dirait l'autre!) a valider l'idée que la formation continue se comprenait exclusivement dans l'objectif de l'accès à l'emploi...

Non, loin de moi l'idée de dénigrer cet outil social performant qu'est l'AFPA !
La plainte de afpaïens me rappellent juste ce poème écrit à Dachau par le fameux pasteur Niemöller en 1942 :

Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.

Quand ils sont venus chercher les francs-maçons,
je n'ai rien dit
je n'étais pas franc-maçon.

Quand ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.

Quand la loi libéralissime du marché a maltraité, parfois jusqu'à la mort, les organismes de formation associatifs ou universitaires qui développaient une offre de formation "concurrente" de celle de l'AFPA, je n'ai pas entendu les afpaïens réagir et protester comme ils auraient pu le faire...


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mercredi 15 octobre

Partenaires ? Vous avez dit partenaires ?

fillon_1

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Hier, j'ai évoqué ce qui m'obsède dans la façon que prend notre bonne société pour discuter de la question de la formation. Aujourd'hui, Monsieur Fillon cause sur RTL et tient ce langage (je cite l'excellente AEF) :

Le taux de chômage, après être "descendu à 7,2%", devrait enregistrer une "légère remontée autour de 7,4%" en 2009, indique le Premier ministre, François Fillon, qui était l'invité de RTL, ce mercredi 15 octobre 2008. Mais, "en vérité, aucun prévisionniste n'est capable de mesurer ce qui va se passer en 2009, tant qu'on ne sait pas comment on sortira de [la] crise financière, [ni] à quel moment l'ensemble du monde [en] sortira. Nous, nous nous attendons à une remontée du chômage."
Le gouvernement "est en train de mettre en place tous les instruments pour faire en sorte que cette remontée du chômage soit la plus faible possible et que ceux qui seront frappés pendant une période courte par le chômage puissent être accompagnés, c'est à dire mieux indemnisés, et surtout mieux formés", précise François Fillon. "C'est tout le sens de la réforme de la formation professionnelle qu'on est en train de préparer avec le président de la République."

Deux remarques à ces propos ministériels publics.
Tout d'abord, le premier ministre confirme (trop) clairement ce que je disais : la formation comme instrument de la politique de l'emploi (comme si la formation créait des emplois etc.). Comme quoi on peut être premier ministre et ne pas échapper aux facilités de la pensée unique simplificatrice (celle qui évite de penser précisément).
Ensuite, et c'est là aussi très grave, encore plus dans la mesure où cette position risque d'envenimer le dialogue social : les partenaires sociaux (syndicats de salariés et patronat confondus) apprécieront cet accaparement par l'exécutif d'une réforme qui est en train d'être travaillée par les forces vives du monde du travail... Déjà que l'exécutif met la pression sur les partenaires sociaux depuis le début en martelant que le tempo de la négociation n'est pas négociable : la négociation doit rendre ses conclusions pour décision gouvernementale avant le 31 décembre 2008 ! Là, on monte d'un cran : même si les partenaires se laissent imposer sans moufter un tel rythme relativement incompatible avec le temps de la discussion sincère et constructive, même s'ils produisent une série de recommandations positives concernant le fonctionnement de notre système de formation continue, même là, ils n'auront rien fait !

Heureusement qu'on a Nicolas !

Vive le roi d'Maubeuge !