mercredi 29 juin

Plagiat académique : une synthèse pour l'action responsable

BergadaàQui dit “plagiat universitaire” dit Michelle Bergadaà - et réciproquement et depuis longtemps.

Tout semble commencer en 2004, avec le fameux appel du 31 mars[1] qui commence par ces phrases :
Chers collègues, chers étudiants, chers amis,
Un point me préoccupe ; j'ai besoin de votre aide
.”
Plus loin, “Internet : un fabuleux espoir pour la connaissance et un immense risque de souffrance. J'assume. Je suis responsable d'avoir laissé mes étudiants jouer au « Lego » de la connaissance sur Internet sans guides moraux et spirituels. Que deviendront-ils dans la vie active ? Des joueurs de "Enron" et de "Parmalat"?

Un mois plus tard, un travail collectif s’organise et s’outille au sein de l’Université de Genève. Les échanges foisonnent qui finissent, au fil des mois et des années, par fertiliser la volonté collective de construire de la connaissance sur la question. Mais dès mars 2004, les termes sont posés : on est dans l’action, c’est-à-dire la responsabilité (celle de l’enseignant, celle de l’étudiant) et la déontologie - qui ne s’impose pas mais se discute.

Les questions ne manquent pas. De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce que le plagiat ? Pourquoi et comment plagie-t-on ? Comment les enseignants vivent-ils le plagiat de leurs étudiants ? Que fait-on dans l’institution académique pour prévenir le plagiat ?

Début 2006, Michelle Bergadaà co-signe une étude de la signification de “plagiat” et de “copié-collé” pour les étudiants eux-mêmes. L’enquête, démarrée en 2004, conclut à la caractérisation de cinq profils étudiants, du non-plagieur au fraudeur, en passant par le bricoleur, le tricheur et le manipulateur. À chacun de ces profils correspond une appréhension nuancée de ce qu’est la “responsabilité académique”. On retrouvera cette typologie tout au long des travaux de l’auteur, jusque dans notre ouvrage (chapitre 3), où l’auteure insiste sur la nécessité d’identifier le profil du plagieur avant d’entreprendre quoi que ce soit et de signifier les normes et les valeurs éthiques.

Du point de vue de l’institution universitaire, la question est celle de l’”intégrité académique”. Mais pas n’importe comment. Le rapport de 2008 sur La relation éthique-plagiat dans la réalisation des travaux personnels par les étudiants[2] produit par la commission Éthique-Plagiat de l’Université de Genève que préside notre auteure, est clair sur ce point, précisant l’idée que la déontologie en la matière ne saurait s’imposer : “Le leitmotiv de ce rapport est qu’il va [...] nous falloir être créatifs pour imaginer, dans ce contact quotidien avec Internet, la mise en œuvre concrète de nos valeurs et de nos normes universitaires avec – et non contre – nos étudiants.” Aussi bien le problème n’est-il pas de l’ordre du droit. Les douze pages de l’annexe 1 de notre ouvrage exhibe la “difficile coordination” entre le juridique et l’académique.

Reste que, comme disait l’auteure en 2011[3], au sein des universités françaises, “il revient à chaque enseignant d'assurer lui-même la lutte contre le plagiat et il n'y a pas de position commune, ni de règle systématique.”

D’où cette saine croisade de Michelle Bergadaà et tous ses “collaborateurs” de la francophonie, lancée voici douze ans, armée d’un site web et tracée par de nombreuses publications - dont ce livre, qui fonctionne comme une synthèse pour l’action responsable.


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vendredi 24 juin

Des raisons de ne pas signer une pétition particulière...

J'ai reçu aujourd'hui une invitation à signer une pétition (change.org) :

pétition

Je suis désolé Xavier dit Danjou : je ne signerai pas ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'y a vraiment aucune raison que j'intervienne sur une décision prise par un parti politique dont je ne partage pas l'idéologie.

Je le laisse dans sa ... crétinerie - qui n'est pas encore assez visible au point de réhabiliter un PS en perdition idéologique lui aussi.

Au fond de moi, je suis convaincu que le grand manitou, dit roi d'Maubeuge, a décidé d'investir le grand fraudeur pour se sentir moins seul dans la catégorie... Une raison supplémentaire de ne pas intervenir dans cette histoire ;-)


 

 

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jeudi 09 juin

Et vive le ballon rond !

Je ne sais pas pourquoi, mais cette image [je ne sais plus à qui elle appartient ;-(] me parle ! Pas vous ?

Euro2016_flic-logo-fff34


 

 

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mardi 07 juin

Maurice Bourbon sur Radio Classique

Maurice Bourbon est l’invité du Journal du classique, ce jeudi 9 juin.

À ne manquer sous aucun prétexte !
Maurice Bourbon, invité du Journal du classique
On y parlera sûrement du dernier enregistrement produit par la Chapelle des Flandres et L’Homme armé éditions : Josquin & Condé sur l’Escaut

La Chapelle des Flandres.fr


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samedi 28 mai

Où l'on parle de Proch'Emploi...

... entre autres sujets.
On cause aussi article2 de la loi Travail ;-)

On remarquera comment on (Emmanuel Lechipre) oppose intérêt de l'entreprise et intérêt des salariés, comme si les salariés n'étaient pas l'entreprise, comme si la subordination des employés à l'employeur les empêchaient d'être la force vive de l'entreprise ! Scandaleux, non ?

Proch'Emploi, on en parle à 22'30 et ça dure une dizaine de minutes... aucun bilan. Juste deux constats fort intéressants :

  • Quand il était patron de l'ANPE, Xavier Bertrand n'a rien fait pour augmenter et améliorer  l'efficacité du service public de l'emploi. 
  • La solution du chômage,  c'est l'existence d'emplois à pourvoir !

 Ce dernier point a l'air trop bête comme ça.  Il l'est moins quand on le rapproche des velléités droitières de forte diminution du personnel des collectivités territoriales et locales - c'est-à-dire de mise au chômage d'un certain nombre de personnes...


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La retraite nous va si bien !

Retraites : non, la France ne va pas dans le mur ! explique Olivier Passet :

Plutôt rassurant, non !

Du coup, je prends bientôt ma retraite en me disant que je ne deviens pas un poids pour la société - surtout si je continue à bosser en cotisant pour la retraite des autres ;-)

La question est de savoir pourquoi tous ces cris d'orfaie de la classe dirigeante...


 

Mais où est donc le problème ?

Les adultes, l'informatique et la résolution de problèmes. Où est donc le problème ?

Ce rapport, publié par l'OCDE, présente une analyse approfondie des résultats de l’Évaluation des compétences des adultes dans le domaine de la résolution de problèmes dans des environnements à forte composante technologique, ainsi que des indicateurs sur l’utilisation des TIC et la résolution de problèmes.

Source : http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/education/les-adultes-l-informatique-et-la-resolution-de-problemes_9789264251069-fr


mercredi 18 mai

La délégation régionale ADBS Nord-Picardie à l'IREV

Depuis sa naissance, il y a plus d'un siècle, le métier de documentaliste s'est défini comme un métier de réseaux. Chacun, chacune d'entre nous a pu le constater au cours de sa carrière : le "travail coopératif" le mode obligé de l'activité documentaliste*. Les réseaux peuvent se définir par thème, par institution, par territoire...

Le Centre de ressources politique de la ville en Nord - Pas de Calais, l'IREV, est documentairement (mais pas seulement) très actif et constitue un cas intéressant du point de vue de cette problématique du réseau.
Par ailleurs, l'IREV a emménagé il y a deux années dans de nouveaux locaux que les documentalistes de la région sont invités à découvrir le 21 juin de 14h à 16h.

Lors de cette visite, nous aborderons trois points :

  1. la fonction information-documentation à l'IREV
  2. l'IREV, pris dans ses réseaux
  3. l'ingénierie du travail documentaire en réseau : le fonctionnement en réseau et les questions qu'ils soulèvent.

arboretum-credit-julien-lanooNous vous attendons nombreux.
Nous vous demandons juste de vous inscrire en allant ici.


Cordialement,

la délégation régionale

_______

IREV, Institut Régional de la Ville
Immeuble Arboretum – 7ème étage
135, Boulevard Paul Painlevé
59000 LILLE

Accès en transports en commun :
- Bus 18 arrêt Painlevé
- Métro 2 station Porte de Valenciennes
- V'Lille : station Bois Habité
_______
* Nous ne pouvons ici que renvoyer au dossier publié en 2013 par Documentaliste-Sciences de l'Information.

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dimanche 27 mars

Un indispensable bien commun en devenir

Utiliser Wikipédia comme source d'information fiable / Guy Delsaut. - Bois Guillaume (76230) : Éditions Klog, 2016. - 182 p. - ISBN 979-10-92272-12-3.

delsautL'encyclopédie polyglotte et collaborative Wikipédia avait tout juste cinq ans, Guy Delsaut posait déjà, dans un article publié par les Cahiers de la documentation (2005/4, p.13 sqq.), la question de sa fiabilité en tant qu’encyclopédie. Du moins entreprenait-il de répondre aux “nombreux détracteurs qui [...] reprochent [à Wikipédia] de ne pas être fiable”.

L'entreprise est d'importance dans la mesure où un “ouvrage qui traite ou prétend traiter de toutes les sciences”, voire un objet qui prétend consigner “la connaissance de tout ce que l’homme peut savoir”, comme disait Paul Otlet (Traité, §241.221), ne saurait tromper son monde. Du temps des encyclopédies médiévales, la question ne se posait pas ainsi. L'imprimatur suffisait à certifier la fiabilité, c'est-à-dire la conformité au dogme. Depuis lors, l'humanité a appris à se passer de la caution ecclésiastique pour ne se fier qu'à la cohérence interne du système des vérités construites selon les règles de la raison (“l'arbre de la philosophie” de Descartes, “l'arbre généalogique encyclopédique” de D'Alembert, la “cohésion intime” dont parle les auteurs de la Grande Encyclopédie, etc.). Mais qu'il s'agisse de l’œuvre pilotée par Diderot et D'Alembert ou de celle pilotée par Dreyfus et Berthelot, les auteurs sont de fait membres d'une société savante reconnue en tant que telle. Pour faire partie d’une entreprise de publication scientifique, notamment en tant qu’auteur, il convient d’être coopté et/ou de  se soumettre à une “évaluation par les pairs” (peer review). Le “comité de lecture” préalable - quelles que soient sa dénomination, sa structure, son fonctionnement et sa justification (publication dans une revue ou dans une collection, contribution à colloque ou à ouvrage collectif, etc.) -, s’impose quand la recherche scientifique veut accéder à la visibilité. Ce comité de lecture est censé évaluer la validité et la conformité de l’écrit soumis aux canons de la recherche scientifique, canons eux-mêmes édictés par la communauté scientifique. Par ailleurs les membres les plus gradés ou reconnus de cette communauté pilotaient des collections chez les éditeurs... Point besoin de mobiliser les thèses d’un Foucault ou d’un Bourdieu. On comprendra aisément qu’on est là dans un dispositif clos où il faut être introduit à un “titre” ou à un autre.

Mais vint le web, qui se socialisa très vite pour permettre notamment la publication collaborative en ligne (wiki). Dans l’émergence d’un nouvel ordre de production et d’édition, est né Wikipédia, où le principe d’ouverture (cf. l’open source) préside à la construction de l’encyclopédie et donc de la connaissance. “À savoir, que, dans un projet libre et utilisable gratuitement par tous, n’importe qui peut collaborer en apportant une pierre à l’édifice. La somme des contributions, même les plus modestes aboutit à une encyclopédie en ligne complète.”[1] On comprendra aisément le malaise immédiat des producteurs (détenteurs) de savoirs patentés. L’accusation de non fiabilité fut une réplique dont la force était à la mesure conjuguée du succès public de l’entreprise collaborative et du sentiment de dépossession chez de nombreux scientifiques et universitaires, sentiment d’autant plus violent que Wikipédia devenait progressivement un incontournable gisement d’informations[2] - ce qui pourrait nous entraîner vers un autre sujet : le plagiat académique (voir le récent ouvrage de Michèle Bergadaà).

En 2013, l’auteur tentait (osait ?) une comparaison entre la version francophone de Wikipédia  et la version en ligne de l’Encyclopædia Universalis, toujours dans les Cahiers de la documentation (2013/2, p.52 sqq.). Conclusion ? La première est une encyclopédie libre, ouverte (Creative commons à tous les étages), gratuite, actualisée en permanence et facile d’accès. De son côté, la seconde est une encyclopédie propriétaire (domaine du copyright à tous les étages), fermée (auteurs sélectionnés), coûteuse, avec “recul face à l’actualité” et quelquefois difficile d’accès. D’autres études comparatives ont été publiées, fournissant peu ou prou les mêmes éléments de constat, ce qui n’empêche que, comme dit Guy Delsaut, “nous avons une encyclopédie dont la conception est et restera sans doute toujours contestée” (p.60).

En ce début 2016, l’auteur nous propose de faire le point sur “Wikipédia comme source d’information fiable”, comme pour en finir avec cette problématique et nous faire partager sa grande expérience de contributeur. Très pédagogiquement, il construit la représentation que l’on peut se faire de Wikipédia, posant la définition d’”encyclopédie” puis présentant Wikipédia et ses différents niveaux (page d’accueil, articles, portails, catégories...), pour enfin dresser un état sans concession des reproches qu’on adresse trop facilement à l’encyclopédie collaborative. La majeure partie de l’ouvrage (les chapitres 2 et 3, soit 113 pages) est consacrée aux “erreurs” de Wikipédia, à leur origine, et à la façon de les repérer et de “vérifier l’information”. Ces pages pourraient à coup sûr servir d’introduction (partielle certes) à l’écriture scientifique. Des enseignants du supérieur ne proposent-ils pas à leurs étudiants d’enrichir des articles de l’encyclopédie concernant leur discipline (physique, informatique...) ? Il est clair qu’inciter les étudiants de haut niveau à entrer en Wikipédia ne peut qu’augmenter la confiance qu’ils placent dans le projet collectif, notamment par la prise de conscience des règles communautaires. Gilles Sahut n’a-t-il pas constaté une telle évolution positive de la confiance envers l’encyclopédie chez les jeunes lycéens contributeurs encadrés par leurs enseignants rencontrés pour les besoins de son enquête ?[3]

Pour conclure, l’auteur revient sur la question que pose le titre de son ouvrage, celle de la fiabilité de Wikipédia. Les éléments de réponse qu’il propose se placent sur le registre  très positif de l’amélioration continue de la qualité de l’encyclopédie collaborative, par quelques recommandations concernant son fonctionnement même.

“Pierre angulaire [...] de la Bibliothèque” parce que “lien entre tous les livres”, comme disait Paul Otlet (loc.cit.), l’encyclopédie trouve avec Wikipédia une fonction tout à fait particulière qui en fait la promesse d’être un indispensable bien commun, c’est-à-dire mundanéen.

Note de lecture rédigée pour l'ADBS


[1] Wikipedia et ses controverses [http://www.scriptol.fr/web/wikipedia.php, consulté le 8 mars 2016].

[2] Voir l’usage qu’en fait Google avec son moteur de recherche (ou plutôt moteur de réponse comme dit Olivier Andrieu [abondance.com]).

[3] Wikipédia, une encyclopédie collaborative en quête de crédibilité : le référencement en questions (thèse soutenue le 30 novembre 2015, Université de Toulouse, déposée dans HAL le 18 janvier 2016, soit trois jours après la publication de notre ouvrage : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01257207).

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