dimanche 01 décembre

Antonio Lotti, Miserere en sol mineur

Antonio Lotti, Miserere en sol mineur

Le premier de chaque mois, Brich59 propose un extrait de la discographie de La Chapelle des Flandres (source : YouTube). Sympa, non ?



dimanche 17 novembre

En parlant de JS Bach...

... j'ai assisté la semaine dernière à Tourcoing à un concert dirigé par Jean-Claude Malgoire qui présentait un florilège Bach dont l'Art de la Fugue était l'un des fils conducteurs. Super moment...

Bach-unfinishedfugue

Die Kunst der Fugue, œuvre entre les œuvres, musique entre les musiques, musique à voir autant qu'à entendre, musique abstraite autant que concrète mais dont la concrétisation (le jeu) est indépendante de l'abstraction (l'écriture). Cette œuvre peut se jouer avec quasiment n'importe quel dispositif, peu importe. Une petite requête d'enquête sur YouTube ou sur DailyMotion le montrera sans difficulté, de même qu'un petit tour au supermarché de la culture en boîte qu'est aujourd'hui la FNAC. Vous pouvez aussi aller chez votre disquaire préféré, s'il y en a encore un pas trop loin de chez vous ;-(. Chaque dispositif apportera sa contribution. L'orgue apportera la continuité sonore, l'orchestre de chambre apportera la danse, l'orchestre symphonique la masse sonore, le clavecin la décomposition éventuellement aigrelette, peu importe : la musique sera toujours là, abstraitement identique et concrètement différente.

On sait que la musique est un des lieux privilégiés de la dialectique entre le Même et l'Autre sous plusieurs aspects. En voilà un qui semble propre à JS Bach - du moins à son apogée avec lui -, entre l'écriture qui fige le Même et le jeu qui sera fatalement l'expression de l'Autre, du nécessairement Différent. Bref, musique abstraite, musique dont l'écriture suffit à assurer la cohérence, l'évidence ; musique à lire en quelque sorte. L'interprétation certes est toujours différente, ou plutôt le même texte musical connaîtra une multitude d'interprétations. Les six Sonates en trio par Walcha sont différentes de celles de Chapuis qui sont différentes de celle d'Isoir etc. L'altérité repose là sur l'individualité des interprètes, sur leur parti pris esthétique et technique. Dans le cas qui nous intéresse, l'altérité repose sur la pré-éminence de l'écriture qui relègue tout ce qui vient après dans le champ du nécessairement autre. Entre Walcha, Chapuis et Isoir, on pourra choisir selon le respect de l'oeuvre écrite c'est-à-dire le lien avec la source par exemple. Dans le cas qui nous intéresse, la question ne se pose même pas.

Dès l'époque du Départ précipité, adolescent puis jeune adulte, je lisais Bach ainsi, dans le texte en quelque sorte. "Texte" de l'Art de la fugue, texte des pièces pour orgue... Je m'émerveillais de cette écriture si "intelligente" que son exécution paraissait presque secondaire, relevait de l'aléatoire. Curieux retournement pour un musicien salarié qui fut obligé de "produire" très régulièrement pour la tenue des offices religieux, quitte à se reprendre, à s'autoplagier. À l'extrême fin de sa vie, il se paye le luxe d'une musique que l'idée suffit à faire exister, une musique dont l'exécution à la limite n'apporte rien si ce n'est l'instrument lui-même, une musique qui pré-existe comme musique à son exécution.

Quand on lit l'Art de la Fugue, on voit se déployer sous nos yeux un autre aspect de la dialectique du Même et de l'Autre. Un thème simple ("sujet") va être répété ("réponse") soit à l'identique, soit à un autre degré (en général à la dominante), mais structurellement toujours le même. C'est ce qui s'expose en premier et à partir de quoi la suite devient pensable et possible.

KdF-Orig

Le contrepoint va superposer un contre-thème à ce thème : "sujet" et "contre-sujet" vont s'exposer simultanément. Puis, deuxième cran de l'altérité, le sujet va pouvoir connaître des variations : le même sera traité "autrement", par modification rythmique, par inversion du thème, etc.
Et ça engage plus d'une heure de musique à partir d'un seul thème initial de quelque 12 notes sur seulement 2 mesures...

J'ai rédigé ce billet parce que je viens de découvrir une vidéo sur YouTube où l'on entend l'Art de la fugue joué à l'orchestre de chambre pendant que se déroule la partition bien lisible. Magnifique initiative !


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lundi 11 novembre

Un départ précipité

En ce jour d'armistice après hécatombe, je viens de retrouver dans mes affaires d'enfance une composition pour piano due à ma colère d'adolescent de 14-15 ans lorsque mes parents nous séparèrent brutalement de Baloo, notre super fou cocker anglais blond. Ma colère rageuse justifiait dissonances, violences et brutalité, pendant que mon apprentissage sauvage de l'écriture musicale m'installait dans une forme très très classique où la fluidité doit régner (JS Bach était ma référence canonique). Terrible contradiction entre la brutalité de la séparation et sa nécessité bien comprise (Baloo ne faisait que des grosses bétises et finissait par être "mordant")...

Écrit sur mon piano droit d'étude hollandais, je trouve que ça ne sonne pas trop trop mal au clavecin façon midi, à une allure vivace... Si quelqu'un veut jouer ça (vivace : en fait le plus vite possible !), la partition est ici.

Je ne l'avais pas titré à l'époque. Du moins rien n'est indiqué sur la feuille retrouvée. On appellera ça "départ précipité" ;-(


 

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vendredi 01 novembre

Carlo Gesualdo, Madrigaux VI : Deh, come invan sospiro

Carlo Gesualdo - Sesto libro di madrigali: IX. Deh, come invan sospiro

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mardi 01 octobre

Carlo Gesualdo, Madrigaux VI : Ancor che per amarti

Carlo Gesualdo - Sesto libro di madrigali: XXI. Ancor che per amarti

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dimanche 01 septembre

Carlo Gesualdo, Madrigaux VI : Quel "No" crudel che la mia speme ancise

Carlo Gesualdo - Sesto libro di madrigali: XVI. Quel "No" crudel che la mia speme ancise

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jeudi 01 août

Carlo Gesualdo, Madrigaux VI : Tu segui, o bella Clori

Carlo Gesualdo - Sesto libro di madrigali: XX. Tu segui, o bella Clori

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lundi 01 juillet

Carlo Gesualdo, Madrigaux VI : Ardo per te, mio bene

Carlo Gesualdo - Sesto libro di madrigali: XIV. Ardo per te, mio bene

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mercredi 26 juin

Comme un air de passions !

81949669_oInterpréter Bach est un rêve, une folie, un but qu’on peut poursuivre toute une vie. Une quête incessante d’exigence musicale et expressive. Nous avions déjà abordé en récital un ou deux airs avec un plaisir intense à chaque fois renouvelé...

Mais ce n’était rien en comparaison de Comme un air de passions…, programme entier destiné à l’enregistrement et tâche immense, qui a suscité chez nous des sentiments mêlés, d’enthousiasme et de passion bien sûr, mais aussi de crainte…

Pouvions-nous réellement nous attaquer à un tel monument ?

L’enthousiasme a triomphé !

Et nous avons tenté, avec nos deux instruments - la voix et l’accordéon de concert - de restituer la musique de Bach telle qu’elle nous apparaît, avec sa force expressive, la beauté et la souplesse de ses lignes, les dialogues incessants entre l’intensité des basses et la pureté de la ligne vocale…

Précision, complexité fine, et cependant simplicité…

Nous avons ainsi espéré donner un nouvel éclairage de cette musique magnifique par une lecture simple, épurée et cependant engagée, au-delà des codes et des modes, et approcher au mieux les profondeurs de la musique et de l’émotion.

Dans l’immense corpus du compositeur, nous avons choisi, à la fois pour leur beauté et pour une bonne restitution par l’accordéon, deux œuvres pour orgue et dix airs extraits de cantates et de Passions. Souvent très connus, parfois moins…

Ce disque doit beaucoup à Maurice Bourbon, à l’initiative du projet, et à Jean-Marc Laisné, ingénieur du son, pour leurs directions artistiques. Nous remercions également Sophie, François, Jean-Michel et Samuel pour leur écoute attentive, leurs critiques et leurs conseils.

Juliette de Massy
Bogdan Nesterenko

BULLETIN DE SOUSCRIPTION À TÉLÉCHARGER : Souscription_BACH_juin


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