jeudi 25 novembre

Maurice Bourbon : La « Chapelle des Flandres » à Roubaix

                             

En 1980, il est encore ingénieur en géologie et parisien. En 1987, il devient chef de choeur, et dans le Nord... Voici l'histoire d'une passion pour l'art vocal et le Nord de la France, qui ont fait basculer Maurice Bourbon. Également chanteur (baryton basse) et compositeur, il est, pour notre région, un exemple vécu d'attraction des talents...

      

      

Maurice Bourbon n'aura pas  attendu Lille 2004 capitale européenne de la culture et ses  bénéfiques effets d'image pour s'implanter dans notre région. Depuis cinq ans  maintenant, il anime la Chapelle des Flandres, devenu un pôle  d'art vocal dans le Nord-Pas-de-Calais.
  La Chapelle des Flandres réunit deux ensembles. Métamorphoses tout d'abord fondé en 1983, Métamorphoses est un quatuor professionnel de solistes, spécialisé dans la musique vocale a capella. Après avoir restitué Josquin,  le madrigal italien, la Renaissance française, Monteverdi, Bach,  Métamorphoses s'est tourné vers la création, pour revenir à Josquin  aujourd'hui.

 

DEUX ENSEMBLES POUR UN SEUL PÔLE,

  REFLET DU PAYSAGE FLAMAND

   

Autre ensemble Coeli et Terra... La terre et les cieux, deux mots  extraits du Sanctus, reflet du paysage flamand, dit Maurice Bourbon. Ce choeur de chambre, fondé en 1987, compte 25 chanteurs amateurs de haut niveau, voués à l'origine à la restitution du patrimoine polyphonique franco-flamand de la Renaissance, puis à la musique baroque allemande ou italienne. Ils sont aujourd'hui ouverts à la création contemporaine: à l'intérieur de Coeli et Terra on trouve un choeur contemporain.
   

            

 

SAINT-JOSEPH DE ROUBAIX ACCUEILLE

  LA CHAPELLE DES FLANDRES

   

  Le tout travaille dans l'église Saint-Joseph de Roubaix. Maurice  Bourbon produit une discographie abondante et audacieuse. Citons le  classique Bach  Intégrale des motets a cappella en 1994 (Arion ARN 68305) et le très  moderne Messe pour deux choeurs mixtes, Chants d'Ariel pour choeur a capella, de Frank Martin Messe pour solistes et double choeur de Ralph Vaughan-Williams.(1)

2004-2010: L'INTEGRALE DES MESSES DE JOSQUIN DES PREZ

       
Josquin Desprez est le plus grand musicien de la Renaissance. Il marquera définitivement le monde occidental en l'ouvrant majestueusement au monde nouveau de la polyphonie. Homme du Nord travaillant en Italie, il écrira dix-huit messes, chefs-d'oeuvre absolus. En musique il est à la fois Rubens  (par ses origines) et Michel-Ange par son pays d'adoption). Rappelons ce  commentaire de Luther: "Les compositeurs font des notes ce qu'ils  peuvent, Josquin, lui, en fait ce qu'il veut". Certaines messes n'ont  jamais été entendues depuis des siècles... Voilà une superbe occasion de mettre  en valeur la région!

(1) Avec livret de commentaires de Maurice Bourbon, qui dirige ici ses ensembles, en 2000 (Studio SM DS2868 SM 62); ajoutons enfin le tout récent et régional Vivat!: chansons roubaisiennes, en 2004.
 

 

       

 

            


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  ©AUTREMENT DIT, 617 du 19 Novembre 2004, p.28
  Rédacteur : Dominique Neirynck

 
 


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lundi 16 août

Le Goeyvaerts Consort a chanté Arvo Pärt (Kanon Pokajanen)

 

Hier soir, dimanche 15 août, j'ai assisté à un concert du Goeyvaerts Consort (dir. Marc-Michaël De Smet) dans l'église de Bever (Biévène), dans le Pajottenland, à quelque 20 km à l'Est de Bruxelles. L'ensemble n'a donné qu'une seule pièce. Mais laquelle ! C'était le splendide Kanon Pokajanen (Canon de Repentance) de Arvo Pärt.
Quelle découverte pour moi, qui ne connaissais pas cette partition ! Deux heures d'une musique d'un souffle incroyable, une série d'odes composées de séquences construites dans la tradition liturgique orthodoxe russe, dont trois séquences reviennent régulièrement, comme pour ponctuer la prière, pour marquer le temps...
L'ensemble vocal entre en entonnant en boucle l'une de ces trois séquences, lancinante, simplissime et belle, puis se dispose en cercle : les vingt-huit chanteuses et chanteurs tournent le dos au public, se regardant les uns les autres (le chef est dans le centre mais pas au centre) et poursuivent ainsi tout le concert : un cercle de corps tournés vers le centre, marqué par une bougie - celle que le chef portait en arrivant; cercle de vingt-huit corps chantants à l'intérieur d'un plus grand cercle de bougies - celles que les chanteurs portaient en arrivant...
Au début, ce dispositif m'a quelque peu rebuté, moi qui ai l'habitude de chanter face au public...
Peu importe, je fus vite pris dans la polyphonie de ces voix superbes, aux timbres si riches en grave, des voix travaillées, puissantes et rondes, comme polies par la patine de l'art. Mais surtout des chanteurs si engagés dans le geste vocal que l'auditeur qui se voyait spectateur exclu au début du concert se sent peu à peu à l'intérieur du cercle : l'engagement vocal vous transporte littéralement à l'intérieur du souffle musical, dans le cercle des chanteurs. Magique.
J'aurais juste, quelquefois, aimé que l'ensemble vocal aille plus loin dans les p. Pour moi, aussi loin que remontent mes souvenirs musicaux, la liturgique orthodoxe russe tient une part de sa force dans les contrastes de dynamique : la déclamation fff est suivie d'un ppp toujours dans le souffle déclamatoire... Hier, à certains moments de la déclamation de repentance, j'attendais des ppp voire des pppp. Rien de cela les p  n'étaient que des  mp... Ah ce dernier "amen" (ou plutôt "amin"), s'il avait été pppp ! Bref, la palette des dynamiques mobilisées m'a semblé trop restreinte.
Mais ceci n'est qu'un détail qui tient plus à mon esthétique personnelle qu'à la qualité musicale de l'ensemble vocal que j'ai entendu hier soir. Ce matin, je suis encore bercé par Arvo Pärt, qui chante comme dans un souffle au loin mais dedans. Et si cet ensemble vocal redonne cet Arvo Pärt, j'y cours !

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jeudi 24 juin

De la chanson, de la bière et des frites

   

L'association La Chapelle des Flandres nous l'avait promis : bientôt un florilège de chansons locales va voir le jour. Un disque, qui sortira fin 2004, juste pour les fêtes de fin d'année, va réunir ce qui n'a que très rarement ou jamais été enregistré. Il ne leur manque que quelques milliers d'euros et un petit coup de pouce pour enfin presser le disque, pour arriver au bout de ce qui peut s'appeler une aventure. Car il a fallu fouiller et fouiller encore dans une jungle de textes et de partitions rendus en partie illisibles par le temps et oubliés, avec le temps aussi. Il a fallu trier, choisir, puis réarranger ces morceaux recollés de l'histoire ouvrière roubaisienne.

 

Un an pour que Vivat, un bouquet de chansons locales (patoisantes ou d'auteurs roubaisiens) puisse enfin aboutir. Maurice Bourbon, chef de choeur émérite, s'est chargé d'harmoniser ces compositions à la base assez simples et musicalement pauvres. Une fois le travail d'enrichissement terminé, solistes et chanteurs ont pu passer à la phase d'enregistrement (dans une chapelle à l'acoustique parfaite en Belgique).

 

Métamorphoses et Coeli et Terra, accompagnés à l'accordéon par Casilda Rodriguez, signent là un opus premier du genre qui risque de dépoussiérer pas mal de mémoires. Celles qui ont entendu les sirènes décrites par Van der Meersch, celles qui ont chanté du Bodart-Timal ou du Nadaud en sortant de l'usine, celles qui ont vu Roubaix se faire grande et finalement courber le dos quelques années plus tard. Mais Vivat n'est pas qu'un reliquat du vieux Roubaix compacté en disque, ces textes et chansons qui ont bercé une époque explique en partie ce qu'est la ville aujourd'hui. La bière et les frites, les vieilles cheminées et la vie dans les cafés, toute la bonhomie roubaisienne. C'est un résumé un peu réducteur certes, mais qui ressemble bien tout de même à quelques traits de caractère des gars du coin.

 

D'ordinaire confinée dans un registre disons plus « prestigieux » (voyez sa discographie), la Chapelle des Flandres s'est ici penchée sur un répertoire populaire sans pour autant faire montre de snobisme à l'égard de ces textes trempées dans le vécu à la fois beau et misérable des anciens ouvriers et de Roubaix aujourd'hui.

 

L'association qui met actuellement en place un système de souscription pour achever le financement du disque. Quelques centaines de commandes de CD feraient l'affaire. Vous aurez tous les renseignements ainsi que le formulaire de souscription ici. En effet, enregistrer demande des moyens qu'aucune maison de disques à l'heure actuelle n'est prête à prendre en charge intégralement. Souscrire, c'est prendre une option à un tarif préférentiel. C'est aussi participer activement à la création et à la diffusion artistiques.

 

[Certains passage de cette dépêche sont extraits d'un article paru dans  Nord-Éclair, le samedi 19 juin 2004]

 

 


 
 

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lundi 17 mai

Depuis longtemps déjà, la musique...

   

Depuis longtemps déjà, la musique tient une place importante pour moi : piano, orgue, chant choral, composition...

 

Membre de l'Association La Chapelle des Flandres, je suis, depuis 1992, l'un des ténors de l'Ensemble vocal Coeli et Terra (sous la direction de Maurice BOURBON) - et cette pratique de "choeur de chambre" m'incite à écrire pour ensemble vocal de petit effectif.

 

Trois compositions sont à ce jour "montrables". Elles mettent en musique des textes de Dante Alighieri (Nel mezzo del cammin di nostra vita), Tristan Corbière (Le Crapaud) et Arthur Rimbaud (L'étoile)...

 

 

 
 
 

Posté par brich59 à 21:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]