mercredi 30 janvier

Des adultes en formation échangent autour de romans...

TOURCOING
Un jeu de questions-réponses a ponctué, à l'hospice d'Havré, le festival du premier roman


Dans le cadre du festival du premier roman de Chambéry, qui se déroule tous les ans au mois de mai, l'hospice d'Havré (partenaire de l'événement depuis trois ans), a opposé ce vendredi Dominique Kopp et Élisabeth Brami, deux des lauréats sélectionnés par la bibliothèque de Mouscron, à une quinzaine d'adultes en formation au CUEEP pour un échange autour de leurs romans.
"Moi, lorsque je lis un livre, j'ai besoin de rencontrer l'auteur pour lui poser des questions, comprendre le pourquoi du roman. J'en ai déjà rencontré une centaine!", confie José, une bibliophile très engagée dans une passion à ce point dévorante que cette Neuvilloise s'était déjà déplacée, en mai, jusqu'à Chambéry pour suivre les lauréats de ce festival.
Ces derniers (au nombre de 16) sont en fait les auteurs de premiers romans parus en 2006, soigneusement sélectionnés par des comités de lecture. José était présente lors des six rencontres organisées du 22 au 26 janvier dans le secteur Tourcoing-Vallée de la Lys! Investie, son amie roncquoise, Marie-Claude, emmenée dans son sillage livresque, le confirme.

De beaux échanges
D'autres, peut-être moins passionnés mais sûrement autant voyageurs, se sont eux aussi laissés embarquer dans l'aventure que leur avait proposée le CUEEP (Centre université-économie d'éducation permanente). Ces derniers participaient à l'un des ateliers culturels du centre intitulé "À la rencontre des livres", qui ont eu pour objectif de les réconcilier avec la lecture.
Ils ont eu aussi, à l'hospice, tout loisir de transmettre leurs impressions et leurs interrogations aux deux écrivains. Des questions qui, bien souvent, ont fusé à la fin d'une lecture, et qui cette fois-ci ne sont pas tombées aux oubliettes... Après un timide premier échange, les lecteurs se sont délivrés des questions qui les tenaillaient. "Votre roman s'adresse-t-il plus particulièrement à un public féminin?". "Si vous deviez récrire le livre, referiez-vous la même chose?", demandait Stéphane à Élisabeth Brami, auteur de Je vous écris comme je vous aime (Ed. Calmann-Lévy). "Quelles sont les circonstances dans lesquelles vous avez écrit?", "Pourquoi l'histoire est-elle aussi sombre?". Ou encore: "Avez-vous écrit pour vous défouler?", se sont interrogés les autres participants, à propos de L'ordre des choses (Ed. Les Allusifs) de Dominique Kopp.
Autant dire que les deux écrivains, par ailleurs très impliqués dans la littérature de jeunesse, ont été mis sur le gril. Les lecteurs ont eu ainsi des éclairages à la fois précis et exhaustifs sur les textes et leur sens. Plus largement, ils ont même eu droit à une explication sur le parcours et l'expérience de l'écrivain, de son écriture, avec tout ce que cela comporte de regrets, de doutes et de folie "dont il faut profiter lorsqu'elle se pointe"... a fait remarquer Élisabeth Brami en conclusion d'un débat animé.

voixdunordsigné E.S.
La Voix du Nord

[Reprise du site de la ville de Tourcoing]


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lundi 28 janvier

L’illettrisme touche aussi les salariés

La Voix du Nord  -  édition du samedi 26 janvier 2008

VdN080126L’illettrisme touche aussi les salariés

SOCIÉTÉ  - Le Nord - Pas-de-Calais compte 15,5 % de personnes qui ne possèdent pas les savoirs de base en terme de lecture ou d’écriture. Une séance de travail au CUEEP de Lille.

C’est une salle de cours comme les autres, imprégnée d’une ambiance studieuse que vient simplement perturber le ronflement des ordinateurs. Nous sommes dans les locaux du CUEEP de Lille. Ici, c’est le public qui est un peu hors normes. Tous des salariés, en train de se remettre à niveau.

On croise par exemple Noël, un habitant de Tourcoing âgé de 44 ans, salarié d’une entreprise de ramassage des déchets, concentré sur son écran. «  Il s’agit d’un exercice où je dois répondre à des questions liées à l’informatique. » Comprendre la question et y répondre en utilisant l’outil informatique... D’une pierre deux coups évidemment. « Quand j’étais enfant, je n’ai jamais trop aimé l’école, ajoute Noël, pour justifier sa présence ici. Les profs ne s’occupaient pas de moi. Ils me disaient : "T’avais qu’à écouter !" Alors j’ai quitté l’école. J’ai travaillé comme maçon, puis dans le textile ».

Voilà donc comment les choses se passent, et comment on vient garnir les statistiques de ce qu’il faut bien appeler l’illettrisme : un acquis pas bien solide au départ, qui n’est ensuite pas entretenu. « Pour remplir des documents, quand j’avais une lacune, je demandais à ma sœur. » Le coup du sort intervient voici deux ans, lorsque le quadragénaire est embauché chez son actuel employeur, signant un contrat qui l’incite à suivre une formation. « Ça aurait été bête de ne pas le faire. »

« Un groupe motivé »

De fait, il semble motivé. À l’instar des quinze autres stagiaires âgés de 20 à 55 ans de cette singulière classe qui trouve son financement dans les entreprises et au conseil régional. « On a ici un groupe motivé, confirme Christine Duhamel, formatrice. Ils sont curieux, ils posent des questions. » La jeune femme a contribué à créer l’outil sur lequel travaillent ses élèves, un « ensemble multimédia pour l’individualisation en lecture et écriture » (EMILE). « Il renferme 1 200 exercices qui nécessitent écoute, lecture, compréhension, grammaire... Surtout, il permet un gros travail en autonomie. » L’autonomie... Finalement, c’est ce que vient chercher la Lambersartoise Cathy, jeune introvertie de 36 ans qui cherche en permanence à se cacher derrière son timide sourire. « Ma mère ne sera pas toujours là, murmure-t-elle. Et faire les papiers administratifs, ça posait problème. »  Alors depuis octobre, elle se prend en main. Deux fois par semaine, jusqu’en juin. « Le premier jour, c’était dur. Mais je veux aller jusqu’au bout. J’écris sur mon cahier. Je relis chez moi. » Son objectif: passer le permis. « Et, pourquoi pas, passer des concours... » Histoire d’oublier qu’elle a quitté l’école au niveau seconde et d’échapper à son quotidien d’agent de nettoyage.

Alain, lui, avait 16 ans quand il a quitté le système scolaire pour se lancer dans la mécanique. « Dans les mains, j’avais de la graisse plutôt qu’un stylo », résume-t-il. Il parvient quand même à rentrer dans la fonction publique territoriale, dans l’agglomération lilloise. «  Je savais qu’il y avait des possibilités de formation. » L’idée de progresser par le biais des concours le titille. Il se lance, à 42 ans. «  Faut se remettre dans le bain. Tenez, vous par exemple. Vous écrivez vite. Ça va tout seul. Moi, je suis obligé de réfléchir. Les conjugaisons, tout ça... Il faut se remettre dans le bain. » Des moments de découragement? « Oui, ça arrive. C’est dur à vivre. On se sent parfois isolé. On n’en parle pas. Mais on se rend bien compte qu’il est indispensable de savoir lire et écrire. » Christine, la formatrice, annonce la pause café. Certains stagiaires préfèrent rester plongés dans leur écran. « Le plus difficile, c’est de passer la porte. Une fois à l’intérieur, ça va. Ici, ils trouvent de l’ouverture vers les autres, de l’estime de soi. Et surtout, la reprise de confiance ... »

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CHRISTOPHE CARON [region@lavoixdunord.fr]


mercredi 23 janvier

Bertrand SCHWARTZ à l'honneur dans le Nord-Pas de Calais

BS_mainsVoilà plus de dix ans que je demande à Bertrand Schwartz de me confier ses archives "praticiennes" pour en assurer l'accès aux praticiens de l'éducation permanente et pour me régaler à en produire la "valorisation documentaire". Grâce à l'appui de quelques uns de mes amis qui sont aussi les siens, j'ai obtenu gain de cause...

Résultat immédiat : Bertrand Schwartz va signer une convention de dépôt d'archives personnelles avec le Conseil Régional. À la clé : dans un premier temps, travail archivistique mené par le service des Archives du Conseil Régional ; dans un deuxième temps, valorisation documentaire par le CUEEP (bibliographie dite herméneutique) ; enfin, publication (mise à disposition) via le C2RP et les Archives du Conseil Régional... Mais ça, c'est pour plus tard. Le projet reste à ficeler. Dans l'immédiat, la signature de la convention de dépôt d'archives ne se fera pas dans une manifestation discrète : la Présidence du Conseil Régional s'est montré très intéressée par tout ça et y a vu, entre autres (aidée en cela par mes ami[e]s de la Région), l'occasion de valoriser le travail d'Histoire & Mémoire de la Formation Permanente en Nord-Pas de Calais de Gérard Mlékuz.schwartz

Bref, on en est maintenant à l'organisation, le 28 février prochain au Nouveau Siècle, d'une

JOURNÉE SUR
L’HISTOIRE DE LA FORMATION PERMANENTE
DANS LA RÉGION NORD PAS-DE-CALAIS
EN PRÉSENCE DE BERTRAND SCHWARTZ
.

Cette journée comprendra deux temps.

Le matin, demie journée réservée (sur invitation), sera, sous la présidence de Daniel Percheron, le temps des politiques qui, d'une façon ou d'une autre, ont croisé Bertrand Schwartz sur leur chemin. Jacques Delors est d'ores et déjà annoncé... Cette matinée sera l'occasion de visionner une série d'extraits du film Région pionnière puis un montage fait à partir de l'entretien que B.Schwartz avait accordé à Gérard Mlékuz en 1995, gravé sur le premier des trois DVD qui composent le coffret Histoire & Mémoire de la Formation Permanente en Nord-Pas de Calais, produit par le Conseil Régional. La matinée se terminera avec la signature de la convention de dépôt d'archives...
pour189L'après-midi, demie journée ouverte (sur inscription auprès du C2RP), sera le temps des praticiens. Il s'agira d'évoquer la pertinence actuelle (et future!) des intuitions schwartziennes, de montrer comment les expériences fondatrices de Bertrand Schwartz ont germé sur les territoires. Les débats seront animés par Odile Plan, l'une des nombreuses personnes qui firent un (long) bout de route avec Bertrand Schwartz. Une table-ronde s'animera, composée de personnalités régionales porteuses des valeurs prônées depuis toujours par Bertrand Schwartz. Ma collègue Catherine Schmitt en sera pour ce qu'elle a produit dans le souffle de la méthode MSE (automédiatisation collective...), à Tourcoing notamment. Bertrand Schwartz et la région Nord-Pas de calais, deux histoires qui se sont souvent croisées, s'accompagnant l'une l'autre...
La journée sera clôturée par Lucie Tanguy, sociologue de la formation et de l'imbrication emploi/formation mais aussi "grand témoin" de l'action plurielle de Bertrand Schwartz.

Il y a deux ans, lorsque j'ai senti que Bertrand allait accepter de nous confier ses archives et que j'ai commencé, avec d'autres, à penser "projet", je ne pensais pas que j'enclencherais une telle manifestation. C'est comme ça ! L'un des intérêts majeurs de cette manifestation est qu'elle donnera l'occasion de diffuser très largement le coffret de DVD de Gérard Mlékuz : édition d'exemplaires qui seront disséminés dans tous les centres ressources emploi-formation de la région. À quoi on peut ajouter un DVD dit de synthèse qui sera diffusé encore plus largement et qui comprendra une présentation du coffret ainsi que l'étude rédigée par Gérard...


Image1Au fait, si vous avez dans votre bureau, chez vous, dans vos dossiers, des documents impliquant (je ne dis pas engageant) notre homme, je suis preneur... Serge Évrard a commencé. Je me suis laissé dire que Daniel Poisson était prêt à en faire autant. La valorisation documentaire que je souhaite mener à bien sera tout sauf académique : tout document éclairant la moindre parcelle de l'histoire que nous avons construite en compagnie de Bertrand Schwartz est "éligible" !

Merci de me contacter.


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mercredi 14 novembre

Lecture...

couvLucie TANGUY me prie de communiquer
à propos du dernier ouvrage auquel
elle a collaboré – ce que je fais.

G.Brucy, P.Caillaud, E.Quenson et L.Tanguy, Former pour réformer. Retour sur la formation permanente (1945-2004), éditions La Découverte (coll. Recherches), oct.2007, 272p.


La formation tout au long de la vie est devenue un mot d’ordre mobilisateur de la politique économique et sociale européenne. En France, elle fait l’objet d’une loi qui la consacre comme un droit individuel des salariés. Elle est présentée comme une conquête sociale et un bien universel, dont seuls l’accès et les modes de réalisation feraient problème. Cet ouvrage s’attache à déconstruire ce mythe.

À partir de perspectives historiques, juridiques et sociologiques, ses auteurs montrent comment elle fut promue, dès les années 1950, par des élites réformatrices œuvrant dans différents lieux de la société, comme un instrument de modernisation de la France pour accroître la productivité, pacifier les relations de travail au sein des entreprises, et favoriser l’intégration politique. Conçue à l’origine comme une obligation nationale relevant de l’autorité de l’État, la formation professionnelle continue est progressivement entrée dans le champ des relations professionnelles et a transformé les syndicats en « partenaires sociaux ».

Les représentations dont la formation continue est l’objet ont occulté la pérennité de faits inhérents à sa construction originelle : elle n’est pas la voie de la « seconde chance », susceptible de réparer les inégalités scolaires, ni celle de la « promotion sociale ». Initialement pensée par Jacques Delors comme la « clef de voûte d’une politique contractuelle », parce qu’elle était « un domaine de convergence possible entre le patronat et les syndicats », la formation tout au long de la vie est aujourd’hui associée à l’institutionnalisation du « dialogue social » dans la loi de 2004, laissant voir la continuité des réformes impulsées trois décennies plus tôt.

[présentation éditeur]


Introduction, par  Guy Brucy  - Modernisation et injonction productiviste - La mise en scène politique de la formation - Mobilité professionnelle et promotion sociale - Moderniser avec et contre l’école - Références bibliographiques

1. La fabrication d’un bien universel, par Lucie Tanguy - Des conditions économiques et politiques favorables (1950-1960) - L’oeuvre d’élites réformatrices -Des institutions de médiation - Des directeurs du personnel de grandes entreprises - Des experts de la planification - Une génération - La mise en place d’outils et de dispositifs pédagogiques pérennes  - Définir la formation en termes de compétences - Mettre en relation la formation avec l’emploi  - Inventer et diffuser une doctrine pédagogique - De l’éducation à la formation, des réformes transversales à la société - Autres mots, autres politiques - Compétences et certifications - Une offre de formation individualisée - Renversement et refonte ? - Références bibliographiques

2. Entre autonomie et intégration, la formation syndicale à l’université (1955-1980), par Lucie Tanguy - Associer les syndicats à la modernisation de la France (1950) - La création des instituts du travail - Un train de réformes sociales du travail - Un mouvement pour une démocratie politique et sociale - Des universitaires missionnaires de la cause syndicale - Des universitaires atypiques - Des directeurs influents - Un recrutement fondé sur la militance - Des ouvriers reconnaissants mais sans révérence - Une pédagogie hybride relevant d’une double autorité -La pédagogie n’est pas neutre - Une activité collective - Instituts du travail et écoles syndicales, des rapports ambivalents -Conclusion - Références bibliographiques

3. La formation au travail : une affaire de cadres (1945-1970), par Guy Brucy - Définir la formation des militants : un combat sémantique et politique - CFTC et CGT-FO : former des militants pour négocier - CGT : former des combattants de la lutte des classes - Les syndicats face aux promoteurs de la formation en entreprise - Perfectionnement volontaire et promotion ouvrière - Des divergences majeures : la productivité et le modèle américain -  Promotion ouvrière et compromis social-démocrate : le projet de la CGT-FO - Le tournant des années 1960 : les cadres prennent l’initiative - La formation des cadres : un enjeu décisif pour les multinationales - La nouvelle donne syndicale - Les cadres, précurseurs de la loi de 1971 - Conclusion - Références bibliographiques

4. Informer pour faire adhérer (1971-1976), par Emmanuel Quenson - D’une campagne pour la productivité à l’information économique - Un objet de controverses - Des prosélytes de la communication -Convertir les salariés à la formation - Un dispositif de propagande - Animer par un réseau - Un « antagonisme limité » entre les syndicats - Le Centre INFFO : un lieu d’expertise - Des actions dirigées vers les chômeurs - De l’expérimentation à l’institutionnalisation - Conclusion - Références bibliographiques

5. La construction d’un droit de la formation professionnelle des adultes (1959-2004), par Pascal Caillaud - Les fluctuations des premiers textes (1959-1971) - Des notions aux contours juridiques incertains - De la coordination étatique à la politique contractuelle - Un système juridique fondé sur le droit du travail (1971-2004) - Quel statut pour la personne en formation ? - Négocier et représenter : la compétence des organisations de salariés et d’employeurs - Entre morcellisation et individualisation du droit de la formation - « La formation professionnelle tout au long de la vie » : quelle signification juridique ? - De la branche professionnelle à la région - L’individualisation de l’accès à la formation - Conclusion - Références bibliographiques

6. Un passé impensé : l'action de l’Éducation nationale (1920-1970), par Guy Brucy - Perfectionner les salariés en cours du soir - Former, certifier, promouvoir - Le diplôme de l’excellence ouvrière - L’action de la Direction de l’enseignement technique - La mise en ordre scolaire - Enseignants et employeurs : des espaces de connivences - Des politiques volontaristes d’établissement - Réalités et limites de la formation - Le coût humain de la formation Initiative des salariés et déni de reconnaissance des diplômes - Le grand renversement (début des années 1960) - Conclusion -  Références bibliographiques

7. De la négociation entre interlocuteurs sociaux au dialogue social entre partenaires, par Lucie Tanguy - Une construction mythifiée du droit à la formation - Un paritarisme sans parité - La formation : un laboratoire d’expérimentations sociales et politiques - Références bibliographiques.


lundi 17 septembre

DOC en DIF

difcueepustlLes techniques documentaires ont intégrées l'offre de formation DIF que propose l'USTL. Elles y côtoient des modules qui concernent pour le moment les domaines suivantsdifustl1 :

  • Communiquer efficacement,
  • Développer son potentiel,
  • Transmettre son savoir et son savoir-faire,
  • Exercer autrement sa fonction de manager,
  • Langues,
  • Formation de tuteurs,
  • Informatique et applications, CAO et applications,
  • Management opérationnel en entreprises,
  • Chimie, Environnement.

L'offre de formation information-documentation, dans ce cadre, pourrait se présenter en forme de trèfle à quatre feuilles, une feuille pour chacune des activités topiques de la fonction information- documentation telle qu'elle est appelée à se développer dans les entreprises et les organisations : documenter, informer, surveiller, analyser.

tr_fle_de_la_documentation_en_entreprise

Chacune des formations proposées est immédiatement intégrable dans le DIF, dans les conditions d'application de ce Droit Individuel à la Formation. Bien sûr, de telles actions peuvent également être retenues par l’employeur dans le cadre du Plan de Formation ou intégrées au projet individuel du salarié formalisé dans le cadre d'un Congé Individuel de Formation (CIF).

Voici le développé de l'offre de formation en question :

Toutes ces formations se déroulent au CUEEP de Lille, rue Angellier, dans des salles équipées d'ordinateurs professionnels, selon un calendrier 2008 élaboré pour vous, exposé dans l'ordre chronologique :

  • Optimisez votre documentation par le classement
    = lundi 14 janv. au mercredi 16 janv. 2008
  • Traitez efficacement votre documentation
    = lundi 21 janv. au mercredi 23 janv. 2008
  • Recherchez l'information utile sur internet
    = lundi 4 févr., mardi 5 févr. et lundi 3 mars 2008
  • Traitez l'information pour la rendre efficace
    = mardi 4 mars 2008 et mercredi 5 mars 2008
  • Analysez et reformulez l'information
    = lundi 10 mars au mercredi 12 mars 2008
  • Indexez votre documentation avec un thésaurus
    = lundi 17 mars au mercredi 19 mars 2008
  • Organisez votre veille stratégique avec internet
    = lundi 24 mars, mardi 25 mars et jeudi 24 avr. 2008
  • Surveillez votre environnement concurrentiel
    = lundi 21 avr., mardi 22 avr. et jeudi 22 mai 2008
  • Organisez votre veille juridique
    = lundi 28 avr. et mardi 29 avr. 2008

Le calendrier général de l'offre DIF est sur le site du CUEEP.

informations mises à jour le 17 septembre 2007



mercredi 17 janvier

La formation continue dans les universités : état des lieux et recommandations

La commission des finances de l'Assemblée nationale (présidée par Pierre Méhaignerie) vient d'émettre douze recommandations pour relancer la formation continue dans les universités.

Pour comprendre le peu d'investissement des universités françaises en matière de formation continue, voire de "formation tout au long de la vie", la commission des Finances avait demandé à la Cour des comptes d'examiner les actions de formation continue menées par les universités. C'était le 15 novembre 2005 ; un an après, le 24 novembre 2006, la Cour a rendu sa copie.

La Cour des comptes a travaillé :

  • sur l'étude d'un échantillon de quatorze universités (dont aucune université lilloise), représentant le quart des recettes annuelles de la formation continue dispensée dans l'ensemble des universités,

  • sur plusieurs contributions fournies par les chambres régionales des comptes,

  • sur les auditions des responsables du ministère chargé de l'enseignement supérieur, de la conférence des présidents d'université et de la conférence des directeurs de service universitaire de formation continue

  • sur le bilan, établi par le ministère chargé de l'enseignement supérieur, des actions de formation continue conduites par les établissements publics d'enseignement supérieur.

Le 20 décembre dernier, le "rapporteur spécial", le député UMP de Savoie Michel Bouvard, dépose un rapport d'information sur le bureau de l'Assemblée Nationale, au nom de la commission des finances. Ce rapport de 112 pages comprend :

  • le document de la Cour des comptes (p.27 sqq.) simplement intitulé La formation continue dans les universités,

  • la communication du "rapporteur spécial" (pp.5-14),

  • le compte rendu de la discussion qui a eu lieu au sein de la commission des finances, dont l'audition du directeur général de l'Enseignement supérieur, Jean-Marc Monteil (pp.15-25).


Pour le rapporteur spécial, l'affaire est entendue et les conclusions qu'il tire de la lecture de l'étude de la Cour des comptes s'énoncent sans ambiguïté :

  1. "les activités de formation continue ne constituent toujours pas, à de rares exceptions près, un axe majeur de développement pour les universités, dont la politique en la matière est souvent peu lisible"... Ainsi la Cour des comptes souligne-t-elle "la méconnaissance de l'activité de formation continue, de ses publics, de son coût, de son financement et de ses résultats, tant dans les universités elles-mêmes qu'au niveau ministériel" - rien que ça ! Il apparait que les universités elles-mêmes trouvent grand intérêt à ce grand flou qui permet notamment une sous-estimation des dépenses réellement liées à la formation continue, avec report de ces dépenses sur le budget d'État (par exemple, les adultes en reprise d'étude ne sont pas caractérisés en tant que tels et sont comptabilisés pour calculer la dotation globale, normalement plutôt destinée à donner des moyens pour la FI). Il apparait également, et c'est forcément lié (surement cause et conséquence à la fois), que le ministère (qui reconnait par ailleurs, lors de la discussion, la piètre qualité de ses informations, "non par volonté d’opacité délibérée, mais du fait de graves lacunes dans les systèmes d’information" - p.18) pêche par carence : il n'a tout simplement pas de stratégie - du moins énoncée - en matière de FC universitaire...   

  2. "l'activité de formation continue et son financement se caractérisent par une grande opacité"... Alors que, depuis 1984 puis de façon récurrente depuis, la FC a été affirmée comme une "mission de service public" constitutive de l'identité politique des universités françaises, l'observateur peut toujours chercher l'explicitation de cette politique et ses déclinaisons territoriales, il en sera pour ses frais! Les députés avaient déjà soulevé la question (cf. le rapport d’information n°3160 de juin 2006 autour de la Mission d'Évaluation et de Contrôle sur la gouvernance des universités dans le cadre de la LOLF) : on parle ici de la gouvernance même des universités. Par exemple, l’article 8 du décret du 18 octobre 1985, qui confie au président de l’établissement une responsabilité essentielle ("sur [sa] proposition, le conseil d’administration définit la politique générale de tarification des actions de formation continue compte tenu du coût global de la formation continue évalué chaque année", sachant que les "composantes [participent] à ces missions, dans le cadre des orientations arrêtées par le conseil d’administration"), cet article n'est, en règle générale si je puis dire, pas respecté. Ne serait-ce parce que l'engagement des présidents d'université, nécessaire à la mobilisation coordonnée des composantes, est "très insuffisant, voire parfois inexistant" - constatait la Cour des comptes.

Bref, "aujourd'hui, nous sommes dans une logique de formation tout au long de la vie et il n'y a aucune raison que l'université n'y prenne pas sa pleine part", aurait insisté le député Michel Bouvard. D'où la nécessité de "relancer" la formation continue dans les universités françaises - ce à quoi veulent aider douze recommandations des députés, rangées sous quatre axes. Je vous les donne telles quelles, dépouillées de leurs attendus et justifications, mais souvent flanquées d'un Nota Bene qui n'engage que moi.

1. Améliorer la connaissance de la population des stagiaires en formation continue

Recommandation n°1
Évaluer de manière plus fine l'effectif des bénéficiaires de formation continue dans les universités, en intégrant les adultes en reprise d'études et en excluant les personnes suivant des formations d'éducation populaire.
N.B.    "L'éducation populaire est nécessaire et doit être encouragée, mais ses bénéficiaires n'ont pas vocation à être recensés au titre de la formation continue", dit le rapporteur spécial, sans pour autant définir ce qu'est l'éducation populaire, qui se voit par ailleurs attribués les "auditeurs en formation culturelle" (?). Peut-être sommes-nous ici en présence de l'ambiguïté qui a présidé à l'élaboration du droit de la formation (cf. loi de 1971, et le début du livre IX du Code du travail notamment) et qui faisait de la FPC un hyponyme de l'éducation permanente, alors même que l'explicitation des objectifs ce qui a été institué en 1970/1971 et après n'a été opérée que pour ce qui concerne la justification "politique emploi" de la formation - sachant par ailleurs que la relation emploi-formation est toujours introuvable... Bref, on est ici devant un vide conceptuel béant et durable de la définition de l'éducation permanente, on bute ici contre le non-traitement juridique du réseau conceptuel de l'éducation permanente.
Reste que, très formellement (c'est-à-dire en faisant l'impasse sur la question de la signification des expressions qu'on utilise là), il est clair que l'éducation dite populaire ne saurait, selon nos députés (le texte de la Cour des comptes ne parle pas, quant à lui, d'"éducation populaire"), être comptabilisée dans le cadre des universités en tant que formation tout au long de la vie [concernant cette dernière expression, il est clair que la justification de son emploi par les autorités ministérielles est la même que pour la mise en place du LMD : question de visibilité à l'échelle européenne - cf. p.18].
Ceci dit, il y a une piste d'explication : le rapporteur spécial nommerait "éducation populaire" ce qui en fait relève de structures style "université du troisième âge", "université du temps libre", "université pour tous", voire université ... "populaire" (la Cour des comptes parle de "formations non diplômantes "à caractère culturel", notamment dans le cadre de l’université inter âges", p.47). Comme si l'adjectif 'culturel' ne faisait que caractériser, en creux, ce qui ne saurait être finalisé par l'emploi ou le diplôme. Alors là, je crois que les autorités se mettent le doigt dans l'œil au sujet du 'culturel' et de son statut dans la cité et dans la vie ! Mais ceci est un autre débat...

Recommandation n°2
Confier au bureau chargé de la formation continue au sein de la direction générale de l'enseignement supérieur une mission d'analyse de la formation continue délivrée par les universités, qui devra faire l'objet d'une communication annuelle devant la Conférence des présidents d'université.
Recommandation n°3
Compléter les effectifs mobilisés au sein de la direction générale de l'enseignement supérieur au titre de la formation continue et créer un bureau chargé uniquement de la formation continue.
N.B.    Ces deux recommandations ne concernent directement que l'administration centrale.

2. Doter les universités d'outils de gestion performants et harmonisés

Recommandation n°4   
Mettre en place des systèmes d'information et de gestion de la formation continue dotés d'interfaces avec les autres systèmes d'information en usage dans les universités, compatibles entre les universités et avec ceux du ministère chargé de l'enseignement supérieur.
N.B.    Ici, le rapporteur spécial précise que ces systèmes d'information doivent permettre, LOLF oblige et LOLF aidant, de "définir les orientations stratégiques"... comme si une stratégie ne devait être construite que d'éléments financiers.

Recommandation n°5   
Encourager les universités à constituer des équipes administratives chargées spécifiquement du pilotage de la formation continue.
N.B.    Idée que l'organisation de la FC exige des compétences spécifiques. Ce n'est pas le cueepien que je suis qui dira le contraire ! Le CUEEP n'a-t-il pas largement contribué à la modélisation des fonctions de la FC ? N'est-ce pas le CUEEP qui, en région Nord-Pas de Calais, forme, depuis fort longtemps déjà, aux métiers de la formation continue ?

3. Affermir la gouvernance des universités

Recommandation n° 6
   
Diffuser auprès des universités une brochure présentant les principes régissant la formation continue dans les universités, notamment le rôle respectif des acteurs - président d'université, conseil d'administration et conseils des composantes, ainsi que les avantages qui y sont attachés.
Recommandation n° 7   
Insérer de manière systématique dans les contrats quadriennaux un volet relatif à la formation continue, qui présente la stratégie du ministère et celle de l'université, fixe des objectifs chiffrés, notamment en termes de parts de marché, et assortis d'indicateurs pertinents, et, enfin, évalue les moyens financiers mis en œuvre.
Recommandation n° 8   
Moduler les dotations du ministère en fonction des efforts menés dans la définition d'une politique de formation continue et des résultats enregistrés. Sanctionner financièrement le défaut de respect des règles, notamment comptables, déterminées par les textes régissant la formation continue.
N.B.    La lecture de ces trois recommandations laisse penser qu'on s'acheminerait vers un système renouvelé de contractualisation entre l'État et les universités en matière de politique de formation continue (déjà proposé par la Mission d'Évaluation et de Contrôle sur la gouvernance des universités dans le cadre de la LOLF, dont le député Bouvard est l'un des rapporteurs...) : par exemple, le Président d'université devrait s'assurer de la "définition d'une politique claire", avec "objectifs précis et chiffrés" et indicateurs de suivi "fiables", sous peine de réduction de la dotation globale de fonctionnement. Parmi les objectifs, à noter la mise en avant d'"objectifs en termes de parts de marché relatif à la formation continue". Pas question de publics de la formation, encore moins de non-publics ici : nous sommes maintenant très loin de la "mission de service public" pourtant mentionnée plus haut. Dans ses excès, le libéralisme se prend les pieds dans sa propre histoire - il paraît que c'est un phénomène tout à fait français.

Recommandation n° 9   
Inscrire dans la charte d'objectifs de l'Agence de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur que sa mission d'évaluation des établissements d'enseignement supérieur doit obligatoirement comporter un volet consacré à leur politique de formation continue.
N.B.    Le décret n°2006-1334 du 3 novembre 2006, qui organise l'AERES et statue sur son fonctionnement, n'évoquait pas explicitement la mission FC des universités...
Rapport Brunhes (1989?) toujours efficient : la capacité à s'auto-évaluer est l'un des principaux critères de la qualité. L'université devra donc être capable d'évaluer elle-même son activité FC. L'évaluation par les "stagiaires" devra elle aussi être mise en place et prise en compte (notre document n'en dit pas davantage là dessus... le Cour des comptes se contentant d'en constater la rareté). Puis donc le travail de l'AERES...

Recommandation n° 10   
Enrichir les indicateurs présentés dans le projet annuel de performances, par exemple en précisant la part des recettes issues des activités de formation continue rapportée au montant total des ressources propres des universités.
N.B.    Les indicateurs de résultats style part de la FC dans les diplômes obtenus ou nombre de VAE ne sauraient suffire à mesurer la "performance" de l'université en matière de FC. Il convient d'ajouter d'autres indicateurs de type financier qui, visiblement, permettront de mesurer la performance... C'est quoi la performance ?

4. Encourager les rapprochements entre les universités et les "prescripteurs" de formation continue

Recommandation n° 11   
Encourager les partenariats entre les universités et les régions, notamment en confiant aux conseils académiques de l'éducation nationale une mission de concertation sur la formation continue délivrée dans les universités et en associant davantage les universités à l'élaboration des schémas régionaux de formation continue.
N.B.    La compétence régionale, définie par les lois de décentralisation, étant ce qu'elle est, on voit mal comment la FC universitaire pourrait faire l'économie d'un tel "partenariat". Sauf que l'Académie de Lille ne s'est pas dotée de son conseil académique de l’éducation nationale (CAEN)...

Recommandation n° 12    
Encourager les partenariats entre les universités et les financeurs privés.
N.B.    Rien à dire ici, sauf que ça fait belle lurette que les organismes universitaires et associatifs de formation continue qui cherchent à développer un travail vers les "non-publics" de la formation se disent qu'ils doivent absolument équilibrer financements publics et financements privés... et pourtant n'y parviennent pas... Vaste problème.


samedi 18 novembre

Le métier de formateur..., jusqu'où ?

Tel était l'intitulé de l'atelier que je devais animer hier après-midi - dans le cadre d'une journée consacrée, au CUEEP, à la présentation de plusieurs travaux publiés ou en cours de publication, le tout centré à la fois sur la problématique des compétences-clés recommandées par la commission européenne et sur les pratiques d'accompagnement qui de plus en plus jouxtent les pratiques simplement pédagogiques, voire s'imbriquent en elles.

Le métier de formateur..., jusqu'où ?

Ça me rappelle inévitablement le travail que nous avions entrepris au CUEEP il y a deux ans et demi et qui avait donné lieu à bilan sous ma plume, partiellement repris sur ce blog. Le formateur était affublé d'une triple mission, dont celle d'accompagner l'apprenant... Accompagner, certes, mais, encore une fois, jusqu'où ? Et puis jusqu'où peut-on aller en injonction adressée au formateur, hors celle de "former" ?

Question large, très ouverte, très contemporaine aussi.

Pour camper le paysage problématique de cette question, j'ai proposé de réactiver quelques questions, plus ou moins récentes.


ÉDUQUER / FORMER
Vieille dichotomie. Vieux débat. Dès les années soixante, la question de la finalité ultime de la formation, de l'objectif visé en dernière instance. Question de l'image qu'on se fait de l'humanité. Vieux débat, mais toujours actuel, toujours actualisable.
Trois objectifs sont ainsi assignables à la formation/éducation :

  1. Objectif citoyenneté.
    Dans le prolongement de l'objectif religion. Il y a très longtemps on apprenait à lire sur la Bible. Depuis Condorcet et les autres, c'est aussi sur le Contrat social.
    L'objet de référence a changé. L'objectif de formatage est toujours actif - qui se disait déjà chez les stoïciens romains par exemple (n'est-ce pas ce bon Ciceron qui disait quelque chose du style : la liberté c'est le respect des lois ?).

  2. Objectif autonomie et esprit critique.
    C'est plus récent. Déjà les Lumières, certes. Mais manifestation la plus généreuse et la plus accomplie avec des gens comme Bertrand Schwartz, Jacques Delors, etc. Humanisme social-démocrate.

  3. Objectif "armée industrielle de réserve".
    Moins glorieux comme finalité. Moins explicité, bien sûr.
    Il faut oser, quand on est formateur, avouer cela.
    Relire Karl Marx et la lecture qu'en fait Rosa Luxemburg. Puis lire Accardo.

FORMATION / EMPLOI
Puis vient la question de la liaison entre formation et emploi, la fameuse "introuvable relation" (1986) - qui, pour introuvable qu'elle soit, a connu diverses modalités d'existence.

  1. La formation comme accès à l'emploi.
    Souvenez-vous des premiers centres de FPA, Formations Professionnelles Accelérées, de ce qui allait devenir l'AFPA. On est juste après guerre, au début des "trente glorieuses". Il faut reconstruire le pays, former rapidement une main-d'œuvre ... La formation sur fond de quasi plein-emploi.

  2. La formation comme gestion du non-emploi.
    Milieu des années soixante-dix, fin des "trente glorieuses". Le chômage de masse fait son apparition. Dix ans plus loin, c'est le chômage dit de longue durée qui pointe son nez. Le chômage de masse (notamment celui des jeunes) et le chômage de longue durée (notamment celui des personnes n'ayant qu'un "bas niveau de qualification") sont toujours là. La formation gère tout ça à sa façon.

  3. La formation outil de culpabilisation des bas-niveaux de qualification.
    Dans les années quatre-vingt, c'est l'employabilité qui pointe son nez, comme concept régulateur ou plutôt justificateur du chômage de masse et du chômage de longue durée. Une façon comme une autre de faire porter aux personnes au chômage la responsabilité de leur propre misère. Une façon de camoufler la formation de "l'armée industrielle de réserve". Il est bien connu que la meilleure façon de contenir la révolte est la culpabilisation des masses... Accuser l'autre des crimes que l'on commet à son encontre, faire accroire à l'autre qu'il est la cause des maux qu'on lui cause, vieille tactique de prétoire...
    En complément au travail de Laurent Cordonnier (Pas de pitié pour les gueux).

  4. La formation comme outil de reconnaissance individualisée.
    C'est tout récent, comme la VAE, mais avec des antécédents, comme la VAP. Avec un élargissement du champ de compétence de la logique formation, élargissement qui fait passer du travail en emploi à l'activité en général du moment qu'elle est celle de l'individu. Envers positif de la dynamique de culpabilisation mentionnée ci-dessus, l'une des fonctions essentielles d'une démarche VAE étant, à mes yeux, de permettre positivement un travail de reconstruction de l'image de soi que l'école ou tout simplement la vie avait brisée, de favoriser la déculpabilisation qui s'en était suivie. Mais trop peu de très officiels "accompagnateurs" (au sens large) ont conscience, hélas, de cette chance formidable que propose l'accompagnement en VAE : aider la personne dont la société a cassé ou simplement amoché tout un pan de vie, aider cette personne à reconstruire son image, son histoire, l'image de son histoire afin de se rendre présentable aux yeux des autres, à ses propres yeux ! J'en ai même vu qui en rajoutaient une louche de négativité culpabilisante, enfonçant le clou là où ça souffre, appuyant sur la tête de celui ou celle qui veut sortir de l'eau, parachevant ainsi la travail de sape sociale... Là encore relire Accardo.
    Je suis convaincu du bien-fondé de l'idée selon laquelle il serait nécessaire que chaque "accompagnateur" soit d'abord accompagné dans un travail sur l'image de soi, avant d'être habilité à toucher à quoi que ce soit de la vie des autres. Cela éviterait bien des maltraitances symboliques...

Et les COMPÉTENCES-CLÉS dans tout ça ?

  1. La recommandation européenne date de novembre 2005. Mais tout ceci est une vieille histoire. L'Éducation Nationale déjà avec les CAPUC dans les années soixante-dix. Puis l'OCDE plus récemment. Au Québec également... Les documentalistes de l'INRP ont fait un dossier très intéressant.

  2. Cette recommandation peut être comprise comme aboutissement provisoire, comme stabilisation actuelle de cette histoire. Elle doit être envisagée surtout dans une dynamique d'homogénéisation des pratiques de certification au niveau européen et mondial...

  3. Elle doit en fin de compte être resituée dans la perspective questionnante des deux dichotomies pointées ci-dessus. Que signifie cette recommandation du point de vue de la dichotomie Éduquer-Former ? Comment fonctionnent les compétences-clés dans la mécanique si complexe de la relation Formation-Emploi ? Etc.


Voilà pour le cadre général qui pouvait faire toile de fond à la présentation des travaux de l'AROFESEP d'une part (Brigitte Kaiser, de l'ILEP) et du binome de chercheurs du laboratoire Trigone d'autre part (Pascal Roquet et Jean Clénet).

Tout d'abord la présentation du projet EQUAL Re-Co-Naître l'Éducation Permanente. Projet qui veut réactiver l'idée et les pratiques d'une authentique éducation permanente. À voir absolument le site concocté dans le cadre de ce projet européen : Reconnaître l'éducation permanente. Plein de bonnes choses y sont proposées, pour s'informer, réfléchir...
Nous étions quelques uns dans la salle à écouter Brigitte Kaiser et en même temps être assaillis de souvenirs des temps de fondation de l'éducation permanente dans notre région (les Actions Collectives de Formation nées au début des années soixante-dix, notamment). Personnellement des émotions d'ancien combattant désabusé ont tenté une percée dans mon lobe temporal interne...
Par exemple, la mise en avant de la priorité nécessaire aux personnes éloignées de la formation, celles qui constituaient dans le langage des années de fondation les "non-publics de la formation". Pensée pour Jacques Hédoux qui en fit le sujet de sa thèse de sciences de l'éducation.
Par exemple, la question de la proximité culturelle entre formateur intervenant et public de la formation, question des "formateurs issus du milieu" comme on disait il y a trente-quarante ans. Question qui produit les images d'une sorte de consanguinité sociale indispensable au "bon" développement de l'éducation populaire et permanente. Question jamais vraiment travaillée scientifiquement. Peut-être parce que le constat que pouvait faire le sociologue était décevant du point de vue de la consanguinité : les formateurs "issus du milieu" se démarquaient de leur milieu d'origine en devenant formateurs précisément. En tout cas question qui à l'époque produisit de l'ostracisme évidemment abusif et contraire au respect des droits de l'homme les plus élémentaires, du style ton père est bourgeois donc tu n'as pas le droit d'intégrer le "milieu local" de l'éducation permanente, etc. Ça frôlait le fascisme (relisez Matin brun de Franck Pavloff). C'était du racisme dans sa forme la plus conventionnelle, celle-là même que les militants du "milieu local" - ceux qui auto-intrônisaient "Force vive", "Avant-garde", etc.- combattaient avec raison lorsque les mineurs d'origine étrangère étaient maltraités par les HBNPC ou par la bourgeoisie locale...

Bref, stoppons-là les souvenirs et revenons à hier 17 novembre 2006 ! Revenons à cette injonction faite aux formateurs d'accompagner. J'ai juste quelques questions.

Question 1
L'accompagnement, comme compétence du formateur, qu'est-ce que ça veut dire ?

  • Posture sociale / Posture professionnelle ?
  • Savoir-faire d'expérience / Compétence apprise ?
  • Problème éthique / Question de déontologie ?
  • Engagement individuel / Manipulation sociale ?
  • etc.

Question 2
Demander de nouvelles compétences aux formateurs, qu'est-ce que ça veut dire dans le mouvement d'intensification et de précarisation du travail que nous connaissons depuis plusieurs années dans notre secteur ?

Question 3
Développer des compétences comme l'esprit d'entreprise (une des compétences-clés de la recommandation européenne) auprès de nos publics au chômage, ça signifie quoi pour ces publics, par rapport à eux-mêmes, et par rapport à la formation de l'"armée industrielle de réserve" ? Et ça signifie quoi en termes de compétences du formateur dans la relation pédagogique ?


Posté par brich59 à 11:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
dimanche 01 octobre

Apprendre à apprendre

Un site intéressant a ouvert depuis peu.

Son nom? "Apprendre à apprendre".

Son objet? Créer une ressource en ligne pour développer des pratiques "apprendre à apprendre".
Il s'agit concrètement d'un projet européen ambitieux qui se concrétise: des formateurs, accompagnés par une équipe projet, composée de spécialistes en pédagogie et multimédia, innovent en réalisant un outil pour apprendre à apprendre simple et efficace... C'est ce qui est écrit sur la page d'accueil - où l'on comprend que le projet a été financé dans le cadre du programme Equal par le FSE et a impliqué divers partenaires, dont le département neuf-trois.

Comme quoi là où l'on dit qu'il y a racaille, il y a aussi trouvaille - socialement utile!
Et sans que personne n'insulte personne !

apprendre_apprendreEQUAL


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jeudi 28 septembre

Après l'EAD, l'OAD, Orientation À Distance...

Le site d'Aide à l'Orientation à Distance de l'AFPA (financement FSE) s'appelle Ori@dis.
OriadisLogoIl a pour vocation de d'aider à construire son projet de formation. On peut même y créer son dossier personnel; et vous pourrez y enregistrer puis imprimer les documents de votre choix.
Plusieurs rubriques permettent ce travail. Dans la rubrique "s’informer sur la formation", on trouve des informations générales, qui vous permettront d’obtenir des réponses aux questions qu'on se pose (prise en compte de l'expérience, des acquis en formation; conditions d’admission en formation; conditions de mise en oeuvre des aides possibles pour mettre en oeuvre son projet de formation). On peut également calculer sa rémunération pendant la formation, travailler sa motivation, mettre au jour les raisons de suivre une formation...
Mieux, une séquence flash permet de "trouver des idées de métier"! Et une autre rubrique permet de "rechercher un métier qui recrute".
Ça fait rêver, non?
Si, avec ça, il y a encore du chômage dans notre bon pays !
On notera, enfin, que les malvoyants (accès non-voyants et malvoyants) et les femmes (féminisation des intitulés de formation et de métiers d'un seul clic) font l'objet d'un soin tout particulier...
logo_afpa_2Ah, j'oubliais : tout est centré AFPA, et on peut fouiller le catalogue de la "vieille dame", comme disait jadis Bernard Brunes...
Ah bon ? Y a que l'AFPA qui fait de la formation d'adultes ?


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vendredi 23 juin

Quand la Chine s'éveille...

Je ne sais si je dois mettre ce message dans la rubrique FORMATION ou dans la rubrique DROITS DE L'HUMAIN ?

zhengzhou_nightJeudi 15 juin peu avant minuit heure locale, six à sept mille étudiants de l'Université de Zhengzhou (province chinoise du Henan) ont exprimé une juste colère, avec fracas et violence ! C'est que là-bas aussi - et c'est peut-être encore plus sensible qu'ici - le libéralisme fait des ravages dès qu'il touche à l'éducation et à la formation ! Car, au pays de la "révolution culturelle", l’État se désengage de l’Éducation, laissant la place aux "hommes d’affaires", aux "entre- preneurs", ceux-là même qui dans notre douce France prétendent ré-enchanter le monde... Bref le libéralisme effréné roulant sa bosse, c'est tout le système éducatif chinois qui se dégrade et la recherche du profit qui s'améliore ...

C'est quand même beau le progrès !


Posté par brich59 à 06:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]