vendredi 05 février

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Un jour - je ne dirai ni où ni quand -, il m'est arrivé une drôle d'histoire !

Un groupe d'enseignants et de quelques professeurs-documentalistes étaient réunis pour écouter la bonne parole d'un gourou ès intelligence économique & veille pédagogique, se posant volontiers en ostensible garant de l'ordre public et en inlassable dénonciateur des pratiques de piratage et de plagiat, oboulo et wikipedia en prenant ici pour leur grade. Le thème qui motivait un tel regroupement relevait de la problématique de la "culture informationnelle" telle que les enseignants du secondaire peuvent avoir envie d'en entendre parler, sans peut-être savoir exactement de quoi il retourne - expression relativement nouvelle, généreusement créée et abondamment utilisée par les professionnels de l'information et de la documentation, expression que lesdits enseignants tentent d'approcher, malgré les éventuelles peurs qu'elle peut susciter en eux. Courageux donc, ces enseignants, qui bravent leur propre peur et sont prêts à affronter un inconnu multiforme qu'ils ont le sentiment de partiellement connaître par ses usages - ceux de leurs élèves - et par ses promesses - celles du monde autorisé ambiant qui ne jure plus que par les ENT et autres merveilles de l'informatique webesque. 

Bref ! Le gourou fait le gourou. Rien d'extraordinaire en somme : il parle de lui et de lui, de ses interventions à des colloques à l'étranger, mais aussi de sa famille, femme et enfants - que des gens bien ! Il parle de ses étudiants aussi - de ses étudiants qui plagient comme on n'en peut plus, osant lui présenter des mémoires webpatch­workesques. C'est difficile à prononcer, je sais ! Mais faut qu'on s'habitue... Gourou nous cite maintes et maintes manipulations plagiantes dans des circonstances complétement folles ! Vraiment nuls ces étudiants : le gourou sait débusquer la faute morale et le manquement cognitif, sans faiblir ! Faut dire qu'il a la faconde, le gourou ! Un minuscule défaut d'élocution ajoute d'ailleurs je ne sais quel charme à cette "logorrhée verbale" (je mets les guillemets parce que j'emprunte cette exquise expression à un ami que je ne citerai pas mais qui ne mérite pas que je lui pique purement et simplement son expression - l'amitié n'autorise pas le vol), logorrhée verbale pourtant relativement vide d'apport informatif positif et transférable. Il parle de lui et de lui...

Bon !
Puis vient le moment où l'on comprend que la culture informationnelle est en fait la connaissance sinon la maîtrise d'outils webesques qui permettent de trouver de l'info sur la toile, la toile visible, la toile invisible, la toile entre deux, bref toutes les toiles. Un vrai musée !

Ils ne jurent tous que par Google ! Les imbéciles ! Imbéciles parce que, primo, il faut savoir l'utiliser le Google qui veut nous manger tout cru sans qu'on y puisse rien, et, secundo, il n'y a pas que le Google qui veut nous manger tout cru sans qu'on y puisse rien ! Et notre gourou de défiler alors une liste d'outils webesques. Moi qui m'étais glissé dans le groupe pour en finir avec mes bricolages en matière de veille stratégique (bricolage technique) et en matière de formation à la culture informationnelle (bricolage pédagogique), je dois avouer que je fus fort dépité lorsque, très vite, je me suis rendu compte que notre gourou s'était confectionné comme support exhibé de son intervention une stricte copie du superbe multipage consacré aux outils de recherche Web que tiennent à jour mes complices de l'ADBS, Clipboard01Véronique Mesguich et Armelle Thomas, en prolongement du non moins superbe Net recherche 2009 : le guide pratique pour mieux trouver l'information utile et surveiller le web que publie l'ADBS (3e édition, 2009). Un super copier-coller de pages html vers un document en .doc.
Encore a-t-il sélectionné à l'oral quelques outils particuliers, mais sans rien ajouter à la présentation si ce n'est de vagues expériences très personnelles (mon fils, ma femme, moi et les autres ).
Je crois donc
que j'ai bel et bien perdu ma demie journée ! Moi qui cours après le temps, c'est bien ma veine !

Sauf que j'ai tout de même appris quelque chose : les gourous sont (nécessairement ?) des filous. Car notre homme, à aucun moment, n'a indiqué la source du document qu'il exhibait comme sien. Notre pourfendeur du plagiat en était en fait un adepte ! Du coup, la seule valeur pédagogique ajoutée résidait dans la barde expérientielle dont il enveloppait l'information disposée par d'autres, comme la tranche de viande grasse voire de gras de viande qui entoure une belle pièce de viande. Sauf que le lard n'a jamais tenté de se faire passer pour du rôti - sauf en temps de grande misère...

Pauvres de nous !


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jeudi 03 décembre

Hommage

Hisfora, lettre trimestrielle du Groupe d'étude histoire de la formation d'adultes (Gehfa), publie dans son n° 28 un hommage de Christiane Étévé à Gérard Mlekuz, disparu il y a un mois - hommage que je me permets de reproduire ici, afin qu'il rebondisse en échos dans la blogosphère.


HOMMAGE A GERARD MLEKUZ

Nous apprenons le décès de Gérard Mlékuz survenu à Lille le 3 novembre à l'âge de 68 ans.
Tous ceux et celles qui s'intéressent de près ou de loin à la formation continue des adultes ou à l'insertion professionnelle des jeunes ont rencontré un jour ou l'autre Gérard.
Défenseur infatigable des moyens et occasions de promouvoir les personnes et les groupes, il transmettait ses expériences sous la forme d'un fraternel partage.
Instituteur, instructeur « cinéma » détaché à la Délégation régionale Peuple et Culture, il a accompagné avec Frédéric Thébaud et Bernard Lluch les premiers pas du mouvement dans le Nord-Pas-de-Calais. Engagé dans la grande aventure de l'action collective de formation à Sallaumines-Noyelles, en 1969, avec l'aide des partenaires sociaux et de l'université autour du Centre Université Economie - Education Permanente (CUEEP), il a contribué à tant d'innovations sociales et pédagogiques.
Intégré aux travaux de la commission de l'Institut national de formation d'adultes (INFA) puis au Centre académique de formation continue (Cafoc) de Lille avec Jacques Hédoux et Viviane Zanel, il a participé à la formation des conseillers en formation continue et réfléchi aux « non publics » de la formation permanente.
Il reprendra ses activités au CUEEP quand le Délégué à la formation continue se passera de ses services.
La revue Perspectives documentaires en éducation (ENRP) qui recueillait les Itinéraires de chercheurs et de formateurs, s'est honorée de son magnifique témoignage : « Écoute le temps qui marche sur le sable...ou chronique d'une réconciliation annoncée », n°21,1990, p. 53-86.
Mieux encore, certains ont peut-être eu la chance, de le voir incarner et conter ce parcours dans des colloques, comme cela m'est arrivé à Montréal pour une rencontre internationale sur l'autoformation. Belle référence à l'éducation populaire où la mise en voix et la mise en gestes sont des moyens de transmission dans la rencontre des hommes.
À la demande de Jacky Beillerot, il participe comme administrateur au travail de recherche et de préservation des archives de la formation continue dans le Groupe d'études sur l'histoire de la formation des adultes (Gehfa) et y sera le correspondant pour la région.
À la veille de la reprise du séminaire, le 6 octobre dernier, il envoyait encore ses signes d'amitié à notre groupe.
Gérard, nous n'oublierons pas ta « musette culturelle », ta « boite à outils » pour des « savoir agir » toujours à inventer.
Toute l'équipe du Gehfa et toute l'Union Peuple et Culture partagent la peine de Chantal et de ses enfants et leur témoignent leurs plus vives condoléances.

Christiane Étévé, GEHFA et Peuple et Culture


Par ailleurs, Peuple et Culture Nord-Pas de Calais a mis en place un blog où il est bien sûr question de Gérard et où l'on peut revoir aussi par exemple le couple Hédoux... Les textes lus lors de la cérémonie de funérailles du 9 novembre à Herlies y sont disponibles et une page y est spécialement consacrée à son travail d'Histoire et mémoire de la Formation Permanente en Nord/Pas-de-Calais, où l'on peut télécharger la version pdf du document.


Ajout du 21 décembre 2009

Gaston Pineau a déposé sur le site du GRAF des témoignages amicaux, mais aussi des textes de Gérard.


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vendredi 20 novembre

peupleetculture.5962.blog.free.fr

pecBillet reçu récemment


Bonjour,
Je m'appelle Bernard Guillon et je suis un ancien salarié de PEC 59/62. Le 1er avril dernier j'ai eu l'occasion de rencontrer, après plus de 25 ans, d'anciens collègues et amis.
Cette rencontre a généré un "site" : http://peupleetculture.5962.blog.free.fr
Le site a permis de renouer des contacts. J'ai réussi à constituer une liste que je mets à disposition de ceux qui souhaitent se rencontrer à nouveau ou, plus simplement, être informés de ce que fait tel ou telle.
Vous trouverez les noms dans la rubrique "wanted"
Si vous le souhaitez je peux vous ajouter à cette liste qui est aussi un lien tenu permettant de transmettre et recevoir des informations. Telle, comme vous le savez peut-être, et dans le cas contraire je suis désolé de vous l'apprendre, le décès récent de Gérard Mlekuz.
Je recevrai avec plaisir et transmettrai toute coordonnée que vous voudrez bien me communiquer et que cette liste aurait omise.
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma demande.
Amicalement, Bernard


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mardi 22 septembre

Diplômer l'innovation

Hier, parcourant la (revue de) presse, je lis :

  • L'innovation a désormais son diplôme
    Le dispositif J'innove en Nord-Pas-de-Calais et l'IAE de Lille ouvrent la première formation "diplômante" destinée aux professionnels de l'innovation.
    La Voix du Nord, 20/09/2009

  • Innovation : les aides publiques très prisées en période de crise

    Sur fond de crise, les deniers publics n'ont jamais été aussi prisés par les entreprises pour assurer le bon financement de leurs projets de R&D. Mais start-up, PME et grands groupes ne partent pas à armes égales dans la chasse aux autres aides françaises et européennes. Petits conseils.
    Les Échos
     21/09/2009

Déjà que je ne sens pas très bien quels peuvent être les termes du référentiel métier de l'innovateur ! Mais alors, si, en plus, ça consiste à aller chercher du financement public, je ne trouve pas cela vraiment nouveau ;-))


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vendredi 18 septembre

Vidéo du Sénat

Trois minutes et demie sur le projet de loi relatif à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, c'est ce que propose la vidéo ci-dessous mise en ligne le 16 septembre. Le sénateur UMP Jean-Claude CARLE, rapporteur de la commission spéciale du Sénat chargée d'examiner le projet de loi relatif à l'orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie, commence par délivrer son point de vue (celui du gouvernement) puis le sénateur socialiste Claude JEANNEROT termine en affichant le point de vue qui est le sien ("celui de l'opposition", dit le site).

aperçu Projet de loi relatif à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie

Le jour même de la mise en ligne de cette séquence, le sénateur UMP s'est fendu d'une confidence : « La commission spéciale du Sénat travaille dans des conditions extrêmement difficiles imposées par le calendrier du gouvernement »... Mais c'est depuis le début de cette affaire (depuis juillet 2008) que le gouvernement met la pression sur les partenaires sociaux et sur les parlementaires, pour bien montrer aux Français que le gouvernement lui fait ce qu'il dit : faire bosser les autres en les mettant en difficulté pour qu'ils demandent grâce... Belle démocratie en vérité !


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mercredi 09 septembre

Regarder l'éducation ?

43632379french_cover_150L'OCDE publie sur rapport annuel sur les systèmes éducatifs : Regards sur l'éducation 2009: Les indicateurs de l'OCDE. Vous trouverez  toute l'information concernant ce rapport plein de tableaux et de commentaires en cliquant sur la page de couverture française...

Je voudrais juste reprendre un extrait de ce rapport (p.13) :

D’autres  problématiques  importantes  liées  à  l’équité  se  font  jour  dans  un  contexte  morose sur le plan de l’emploi des moins qualifiés. Alors que le taux de scolarisation des 15-19 ans augmente de façon constante dans la plupart des pays (voir l’indicateur C1 = effectifs scolarisés), une importante minorité  quitte  encore  l’enseignement  sans  avoir  en  poche  une  qualification  de  base.  Dans les pays de l’OCDE, plus de 40 % des personnes dont le niveau de formation est inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire ne parviennent pas à trouver un emploi (voir l’indicateur A6 = impact du niveau de formation sur le taux d’emploi).  Même  ceux  qui  possèdent  un  niveau  de  formation  plus  élevé  se  trouvent dans une position vulnérable s’ils perdent leur emploi. Parmi les jeunes adultes sans emploi âgés de 25 à 34 ans dont le niveau de formation est égal au premier ou au deuxième cycle de l’enseignement secondaire, on compte environ 50 % de chômeurs de longue durée (voir l’indicateur C3 = "Les jeunes réussissent-ils leur entrée dans la vie active à l’issue de leurs études ?"). Les possibilités d’éducation et de formation continues sont souvent conçues pour pallier les insuffisances de la formation initiale mais, dans les faits, la participation à ces formations est significativement plus élevée chez les individus possédant de fortes qualifications initiales que chez les moins qualifiés ; la plupart du temps, ces offres de formation ne bénéficient donc pas à ceux qui en ont le plus besoin.

Quand je lis ça, je bondis sur mon fauteuil : ça fait une trentaine d'années que je travaille dans le secteur de la formation des adultes et j'ai toujours constaté que l'offre de formation continue ne bénéficie ni prioritairement ni massivement à ceux qui en ont le plus besoin. Claude Dubar a expliqué tout ça dans les années quatre-vingt. Faut-il qu'on soit tous dans la m.... pour qu'on ouvre collectivement les yeux ?

Autre grief, toujours le même : on est ici dans une optique libérale qui n'assigne à la formation continue (je n'ose pas dire 'éducation permanente") qu'une seule perspective, l'employabilité du travailleur. Perspective enfermante s'il en est. Perspective inhumaine aussi...


mardi 08 septembre

Foreigners in Lille, l'intégration des étudiants étrangers version 2.0

Matthieu Millecamps proposait une double page dans le quotidien régional Nord Éclair daté du 1er septembre (p.2sq.), il y a tout juste une semaine. Elle est annoncée en Une avec cet intitulé : FACS : LES CAMPUS REPRENNENT VIE. Je ne résiste pas au plaisir de redonner ici l'article concernant le travail de mon collègue David Cordina.

Nord Éclair Accueil > Actualités de la région > ÉTUDIANTS > « Foreigners in Lille », l'intégration des étudiants étrangers version « 2.0 »
Publié le mardi 01 septembre 2009 à 06h00

DavidCphoto2La section Français Langue Étrangère de Lille 1 a lancé un réseau social sur Internet pour aider les étudiants venus d'ailleurs à parfaire leur pratique de la langue tout en s'intégrant à la vie du campus.

Avec ses lunettes carrées, son portable en surchauffe et sa suractivité sur une demi-douzaine de réseaux sociaux, David Cordina, professeur de Français Langue étrangère à Lille 1, a tout pour faire peur aux allergiques aux nouvelles technologies. Cela n'a d'ailleurs pas été simple, au début, de faire comprendre à certains échelons de sa hiérarchie tout l'intérêt pédagogique de « Foreigners in Lille », le réseau social qu'il a lancé sur internet en avril 2008... Mais les choses ont changé. « Cette année, nous avons même obtenu une rallonge budgétaire spécifiquement pour cette activité », se félicite celui qui se présente comme « animateur de communauté éducative ».

Le principe de ce réseau social est relativement simple. Chaque étudiant étranger arrivant à Lille 1 est invité à s'y inscrire, quelle que soit sa nationalité. Chacun doit y animer un blog sur lequel il se raconte, en français. « Parfois, nous proposons un sujet en classe, d'autres fois, les étudiants parlent des sujets qui les touchent », résume David Cordina. Les profs, eux, corrigent ces textes, en ligne. « Nous avons inventé un système d'estampilles qui permet de connaître l'état du texte », détaille l'enseignant. Une quinzaine d'enseignants ont intégré ce système à leurs cours, à des degrés divers. Le réseau est aussi le lieu où s'organisent les rencontres entre étudiants, qu'elles soient de travail ou festives.

L'avantage pédagogique ? « Il permet surtout de désinhiber la pratique de l'écriture », estime David Cordina.
« Qu'il s'agisse de l'oral ou de l'écrit, notre objectif c'est de pousser à la communication ». Loin du gadget pour technophiles, Foreigners in Lille permet aux enseignants « de mieux identifier les typologies d'erreurs », et de « plus facilement évaluer la progression d'un étudiant sur la durée ». Avec une moyenne de 4 à 500 visiteurs par jour, le site est à classer parmi les actifs. Le modèle fait d'ailleurs école. D'autres sections sont sur le point de se lancer dans des dispositifs similaires et un réseau social dédié à l'aspect professionnel (stages, découverte d'entreprises...) est actuellement en préparation.

David Cordina


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jeudi 03 septembre

La formation, bonne à tout faire

Retrouvé planqué sur mon disque dur, cet article paru dans Les Échos du 22 avril dernier.

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Magnifique chapeau qui en dit long sur les présupposés du discours libéral et "entrepreneurial" : L'État et les partenaires sociaux ont signé hier la convention régissant l'utilisation des 360 millions d'euros mobilisés pour former les victimes de la crise. Comme si la crise était due à un manque de formation de ses victimes ! Une façon comme une autre (en plus des autres !) de culpabiliser les victimes !

Aujourd'hui encore, le roi d'Maubeuge ne dit-il pas que, "grâce à la réforme de la formation professionnelle, [il] ne veux plus qu'aucun salarié licencié économique ne se retrouve au chômage"... Mais quoi ! Vu que les chômeurs en formation sont toujours au chômage lorsqu'il sont en formation que je sache, cela veut dire que les chômeurs en formation ne seront plus au chômage quand ils sortiront de la formation ?
Ah bon !


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jeudi 27 août

Recherche experte sur Internet

adbsLa délégation Nord-Picardie propose une session du stage 511-09 - Recherche experte sur Internet du 14 au 16 septembre prochain à Lille. Il sera animé par Bruno-Bernard Simon (BBS CONSULTANT - Consultant indépendant).

IL RESTE ENCORE QUELQUES PLACES !

Si vous êtes intéressé(e), contactez sans attendre le service formation de l'ADBS ou son correspondant régional.


dimanche 09 août

Apprendre à lire à l'âge adulte

un article de Sophie Guesné paru dans Nord Éclair, lundi 20 juillet 2009

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Giovanni et Bernard réapprennent les règles d'orthographe,
de conjugaison et de grammaire, en utilisant les nouvelles technologies.

Ne pas savoir lire, écrire ou compter, que l'on soit français ou étranger, représente un réel handicap au quotidien. Un handicap qui touche plus de 15,5 % des personnes de la région.

"Quand je veux retirer de l'argent au distributeur, je suis obligé de demander de l'aide au guichet. Quand je fais des courses, je n'arrive pas à déchiffrer les étiquettes. Je ne sais pas non plus lire les courriers que m'envoie l'ANPE..." Des exemples comme ça, Daniel, 49 ans, en a des tonnes. Il pourrait nous en parler durant des heures. Il y a six mois, il a décidé que ça ne pouvait plus durer : il a choisi d'apprendre à lire. Pourtant, Daniel est né en France, et a été scolarisé.
Comme lui, ils sont 350 000 dans la région à avoir des difficultés pour lire, écrire et compter. 350 000 illettrés. Qui ont oublié, ou qui n'ont jamais vraiment appris. À leurs côtés : des personnes d'origine étrangère, qui vivent en France, qui ont appris à parler, mais pas à lire ni à écrire le français. Tous se heurtent aux mêmes difficultés quotidiennes. Et professionnelles.

Le système D
À l'époque où il travaillait dans le vin, Daniel avait mis au point une stratégie : "Je ne savais pas lire les étiquettes, mais je me repérais grâce aux couleurs des cartons." Ahmed est arrivé d'Algérie en 1978. Lui aussi a rencontré des complications sur son lieu de travail : "Avant on me demandait juste du travail manuel, je n'avais pas de problèmes. Mais aujourd'hui, on nous demande de remplir des formulaires, d'envoyer des courriers..." Même constat chez Bernard qui a perdu son emploi faute de savoir faire des recherches sur un ordinateur.
Pour les aider, un certain nombre d'associations et structures proposent des cours, ou du soutien. Plusieurs formules coexistent. À l'ADEP, à Roubaix, on propose des cours du soir, deux fois par semaine. "Mais la majorité des "auditeurs" aimeraient en avoir davantage. Ils sont vraiment motivés !" , avance Sabrina, la formatrice de Ahmed. Et de la motivation, il en faut pour s'imposer deux heures de cours après une journée de travail. Au CUEEP de Tourcoing, les cours ont lieu la journée. Bernard et Giovanni, tous deux scolarisés durant leur enfance, s'y rendent plus de 10 heures par semaine.
Un véritable retour à l'école avec exercices de grammaire et d'orthographe. "C'est sûr qu'au début ça fait bizarre, mais l'ambiance est bonne, et on ne joue plus aux billes" plaisante Giovanni. Daniel, lui, est suivi individuellement, grâce à une association aulnaysienne.
Et avec un peu d'assiduité et d'efforts, les progrès peuvent être remarquables, comme chez Nassera : "Quand je suis arrivée en France il y a neuf ans, je n'osais même pas ouvrir la porte quand on sonnait : je n'aurais pas pu comprendre, ni parler. C'est pareil pour la lecture et l'écriture.
Aujourd'hui, je sais remplir un dossier."

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