vendredi 16 novembre

Archives personnelles de Bertrand Schwartz

th_200x100_bertrand_schwartzÇa y est ! Il est arrivé, le répertoire du fonds Bertrand Schwartz que j'attends depuis... !

Il est là, en ligne ! Formidable ! Les archives personnelles de l'initiateur de tant de réflexions collectives qui ont conduit à l'innovation sociale la plus avancée et la plus humaine sont enfin accessibles à tous ceux qui, de près ou de loin dans le domaine vaste de l'éducation permanente, sont ses héritiers.

Merci donc à la Région Nord-Pas de Calais !

archivesBertrand- - - - - - - -

Je me permets de donner à grands traits la préhistoire de ce répertoire, la petite histoire qui a permis ce travail.

Il était une fois un documentaliste spécialisé dans le secteur de l'éducation permanente. Il travaillait au CUEEP, lieu de toutes les innovations socio-pédagogiques des années 1970 à 1990 en région Nord-Pas de Calais. Et si cet organisme était lieu d'innovation, c'est qu'il avait été porté sur les fonds baptismaux en résonance avec les expérimentations que Bertrand Schwartz avaient menées en Lorraine. Une petite bibliographie permet de retracer cette action du point de vue de l'un des centres du CUEEP, celui de Sallaumines. C'est d'ailleurs de ce centre que provient la photo qui montre un groupe en formation dans les années 70 et qui orne aujourd'hui la page où la Région donne accès au répertoire du fonds Bertrand Schwartz...

Un jour de 1994, le directeur du CUEEP proposa au documentaliste de réaliser l'outillage bibliographique d'un colloque sur l'autoformation, colloque co-organisé avec le GRAF (à l'initiative de ce dernier, si mes souvenirs sont bons). C'était le 2ème colloque européen sur l'autoformation tenu à Lille en 1995. Le documentaliste se prit au jeu et établit, en réponse précise à la demande, une bibliographie signalétique assez ample. Cet outil fut rapidement mis en ligne puis mis à jour progressivement par les spécialistes de l'autoformation.
Mais le documentaliste se prit si bien au jeu qu'il alla plus loin que la stricte demande, travaillant plus précisément sur deux des intervenants à ce colloque, deux personnalités de la recherche qui avaient marqué chacun à sa manière l'écosystème de la recherche sur l'autoformation, je veux parler de Georges Lerbet et Philippe Carré. D'où un outillage bibliographique en trois partie : la bibliographie générale s'accompagnait de deux "bibliographies d'auteurs". Et c'est en réalisant ce travail que j'imaginai que produire une telle bibliographie sur la personne de Bertrand Schwartz serait d'un intérêt sans commune mesure avec toutes les autres personnalités qui ont développé l'innovation et la réflexion collective dans le champ pourtant riche de l'éducation permanente. L'écriture praticienne chez
Bertrand Schwartz n'était pas seulement écriture dans l'action et écriture sur l'action, comme toute écriture praticienne, mais aussi écriture pour l'action - cette troisième dimension étant peut-être ici la plus structurante. Je renvoie le lecteur intéressé par ces distinctions au sein de l'écriture praticienne au n°346 des Cahiers pédagogiques de septembre 1996 (p.59-60) ou au n°95 d'Entreprises Formation d'octobre 1996 (Cahier Point-recherche, p.I-V).
Bref, je me souviens avoir glissé cette éventualité d'un travail documentaire sur la production écrite de Bertrand Schwartz en note de bas de page de l'ouvrage qui restituait les actes du colloque, un numéro double des Cahiers d'études du CUEEP, publié en mai 1996 (n°32-33, 285p.) dont j'avais assuré l'édition et dont l'introduction fit l'objet d'une récriture pour Documentaliste-Sciences de l'information.
Je me souviens aussi en avoir glissé mot à Bertrand lors de l'un des repas du colloque où nous étions côte à côte, en compagnie de Joffre Dumazedier, Gérard Mlekuz, Gaston Pineau... Bertrand m'avait alors rétorqué que, pour lui, l'important n'était pas à la valorisation de ses écrits mais à son activité présente et future, à sa lutte permanente contre l'exclusion. Je rangeais donc mon souhait à la consigne des éventualités des jours prochains.

De fait, une dizaine d'années plus tard, Bertrand nous contacta, mon ami Patrick Girard et moi, pour organiser la mise à disposition du public de ses archives personnelles. Je n'en espérais pas tant. C'était l'époque où le monde de l'éducation permanente rendait un hommage appuyé à l'homme et à son oeuvre. Les universitaires suisses, l'équipe de la revue Pour (n°189, mars 2006), Louise L. Lambrichs, tout le monde s'y est mis. De mon côté, je pensais immédiatement aux archives de la Région Nord-Pas de Calais et pris contact avec la responsable du service. C'était en 2007. Avec le C2RP, la Direction de la Formation Permanente et le cabinet du Président du Conseil régional, nous organisâmes le 28 février 2008 une journée consacrée à notre homme, journée qui réunit nombre d'acteurs de l'éducation permanente et au cours de laquelle le Président et Bertrand échangèrent leurs signatures au bas du parchemin de la convention de dépôt d'archives personnelles.
Ci-dessous le schéma du projet qui conduisit à la journée du 28 février 2008, présentée en son temps sur le présent blog :

sch_ma_projet_FdsBS_retaill_

 

Pourquoi le Nord-Pas de Calais ? Parce que cette terre, Bertrand l'avait foulée à plusieurs reprises au cours de sa carrière d'expérimentateur. J'avais tenté un schéma sur Bertrand Schwartz en Nord-Pas de Calais, pour aider quelqu'élu qui devait prendre la parole ce jour-là.

BS_NPdC

 J'avais dirigé pour l'occasion un document bibliographique (à partir du fonds documentaire du C2RP), aujourd'hui accessible en ligne.

Bulletin Bertrand Schwartz 28022008 doc
 

Sur cette photo prise le 28 février par l'amie Catherine Schmitt, on reconnaît, de gauche à droite au premier plan, Marie-Noëlle Lienemann, Bertrand et Antoinette Schwartz, Jacques Delors, Claudine Carin, Daniel Percheron, Patrick Girard, Gérard Mlekuz (derrière Patrick Girard) puis, en costume clair tout à droite, Serge Évrard - tous deux hélas disparus depuis lors.

autour_de_BS__gd_

Bref !
Non sans quelques relances de ma part
, le traitement archivistique est donc en octobre 2012 réalisé et diffusé  - du moins pour cette première tranche du fonds...
Merci aux Archives régionales Nord-Pas de Calais !
Reste à engager la "valorisation documentaire" appelée de mes voeux depuis fort longtemps...


 

 

 

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dimanche 01 juillet

Ensemble pour la démocratie locale et numérique (ATD Quart Monde, Lille) [2]

Le forum régional de la participation citoyenne et des technologies de l'information et de la communication s'est donc tenu à la Maison ATD Quart Monde de Lille (11 rue Barthélémy Delespaul) ce samedi 30 juin de 13h à 17h30. Des participants au projet et des invités dont j'étais ont pu échanger sur le thème de la citoyenneté numérique.

Mon support d'intervention est là :

Participant à ce forum, j'ai eu le sentiment de permettre au CUEEP de renouer avec l'une de ses raisons d'être : mettre à disposition d'un territoire et de ses habitants objectivement les plus éloignés de la formation une offre éducative pertinente (visée citoyenne) et efficace (pédagogie). Ce faisant, j'ai la sensation de poursuivre le combat engagé par les fondateurs du CUEEP - tous disparus aujourd'hui : André Lebrun, Gérard Mlekuz et Serge Évrard -, ne faisant que "mettre à jour" les outils de ce combat.

La lutte contre l'illettrisme numérique est (doit être) intégralement intégrée à la lutte contre l'illettrisme globalement. Une lutte contre l'illettrisme qui ne prendrait pas les voies numériques manquera fatalement son objectif. Même réflexion s'agissant de la lutte pour la citoyennenté. Mais on sait depuis longtemps que littératie et citoyenneté vont de pair.


vendredi 29 juin

Le temps en e-learning


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mardi 26 juin

Ensemble pour la démocratie locale et numérique (ATD Quart Monde, Lille)

ATD_Quart_MondeLe forum régional de la participation citoyenne et des technologies de l'information et de la communication se tiendra à la Maison ATD Quart Monde de Lille (11 rue Barthélémy Delespaul) ce samedi 30 juin de 13h à 17h30...

Plein d'initiatives et de projets seront présentés.
Un débat est prévu sur le thème «  Les technologies de l’information et de la communication comme outil de démocratie participative ? »

Le département Cultures Numériques du CUEEP y sera ! []


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lundi 25 juin

Numérique & illettrisme

Une intervention de l'ami Frédéric Hauew intitulée "La société numérique : risques ou chance pour la lutte contre l'illettrisme ?".

À la demande du service de la lecture publique de l'Isere, il avait participé en mars dernier à la rencontre départementale des bibliothécaires (professionnels et bénevoles) de ce département. La journée portait sur le théme "des médiathèques du 21è siècle". D'où cette conférence sur les liens entre illettrisme et numérique. La question posée était de savoir en quoi la société numérique porte de nouveaux risques d'exclusion, et comment, dans le même temps, l'usage des technologies permet de nouvelles avancées pédagogiques dans ce domaine. En filigrane, l'interrogation portait aussi sur l'évolution du métier de bibliothécaire, face aux nouvelles habitudes de consommation des bénéficiaires, et dans l'optique de contribuer, dans un contexte largement bousculé par le numérique, à la résorption des inégalités face à la lecture.



dimanche 24 juin

Plaisir d’apprendre avec le numérique (Tisseron)

Serge Tisseron nous entretient du plaisir d’apprendre avec le numérique...



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vendredi 06 avril

Recherche-action et évaluation : la formation

À Lille1, dans la matinée du 28 mars, s'est tenue une manifestation autour de la problématique de l'évaluation en éducation.

Reportage vidéo en trois séquences :

Les enjeux actuels de l'évaluation en éducation.
Intervention d’Elisabeth CHATEL, maître de conférences HDR, ENS Cachan



L’évaluation est une recherche-action ? Regards critiques sur l’évaluation en formation d’adultes et propositions.
Interventions de Thérèse LEVENE et Marie-Renée VERSPIEREN, Maîtres de conférences en sciences de l’éducation, Université de Lille 1.



Table ronde : Les retombées sur le terrain des nouvelles donnes de l’évaluation
avec l'intervention de Stéphanie DEFFAUX, (doctorante Lille 1 et responsable prévention au Conseil Général du Val d'Oise), Christiane CATTIAUX, (directrice de l'institut de formation en soins infirmiers d'Arras) et Maurice MONOKY (reponsable de l'AFP2i d'Arras).

Je vais écouter toutes ces interventions ce WE, histoire de voir si mon analyse de 1992, Recherche-action de type stratégique. Problèmes taxinomiques, épistémologiques et politiques de l'évaluation ou De l'évaluation des politiques et des actions publiques à la recherche-action de type stratégique et retour (eh oui ! vingt ans déjà !) tient encore la route...


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mercredi 04 avril

Les OPCA : quelle nouvelle donne ?

Il y a trois ans, j'avais discrètement mis en ligne un schéma documentaire interactif du travail préparatoire à la loi de novembre 2009 (depuis 2003 jusqu'à la publication de la loi). C'est maintenant de la préhistoire... Plus récemment, le Centre Inffo a publié une vidéo pour expliquer les grands titres de la loi de novembre 2009. Plus récemment encore, le CESE a rendu un avis sur l'évolution de la formation professionnelle continue, d'où il ressort plusieurs caractérisations (plutôt négatives) de l'état actuel (2011) de l'offre de formation :

  1. un secteur atomisé
    Selon les chiffres de la DARES, avec près de 15 500 organismes ayant pour activité principale l’enseignement et la formation, le secteur de la formation est plutôt atomisé, selon Les prestataires de formation en formation en 2009, DARES, n° 069, 2011 (noter qu'en 2008, l’appareil de formation comptait plus de 58.000 prestataires). Cependant, les plus gros organismes concentrent une part importante de l’activité. Ainsi, les 2 % d’organismes dont le chiffre d’affaires dépasse 3 millions d’euros réalisent 47% du chiffre d’affaires global et forment 35% des stagiaires, assurant 36% des heures-stagiaires. À l’autre extrême, les organismes réalisant moins de 150.000 euros de chiffre d’affaires représentent près des deux tiers des organismes, mais ne forment que 13 % des stagiaires.
    Une étude du CÉREQ révèle aussi que 40 % du chiffre d’affaires de la formation professionnelle continue est réalisé par des prestataires n’affichant pas la formation comme activité principale exercée [La face cachée de l’offre de formation continue, BREF n° 273, CÉREQ, 2010].
    En 2009, le nombre de formateurs individuels progresse fortement (+10%), poursuivant une tendance entamée depuis plusieurs années. incluant les auto-entrepreneurs, ils représentent 34% des prestataires, soit deux points de plus qu’en 2008 et presque autant que le secteur à but lucratif. Cependant, ils n’accueillent qu’un stagiaire sur dix et ne réalisent que 4% du chiffre d’affaires du secteur et 10% des heures-stagiaires.
  2. une qualité mal visible
    Opacité de la qualité de l'offre, malgré la "charte de qualité" de la FFP (Fédération de la formation professionnelle), le label OPQF (certification de l’Office professionnel de qualification des organismes de formation) et la norme ISO 29990.
  3. une mauvaise réponse
    Mauvaise réponse à la demande (et au besoin) de formation.
    Alors même que les procédures publiques d’achat des formations doivent permettre l’élaboration d’un cahier des charges adapté aux besoins de l’acheteur public, celui-ci, dans la réalité des faits, tend plutôt à adapter sa demande en fonction des offres des organismes de formation. À cet égard, la lourdeur des procédures d’achat public est régulièrement critiquée, entraînant "un manque de réactivité de l’offre de formation par rapport à la demande" (dixit Opcalim)...
  4. un retard à l'innovation
    Émergence - trop lente - du blended...
  5. un service public mal organisé
    Un service public de la formation professionnelle juridiquement mal organisé.
    Gros ïatus entre mission de service public et "règles" des marchés publics : conflit entre "l'intérêt général" et la "libre concurrence". D'où concept de Service public régional de formation (SPRF) qui a besoin d'un cadre juridique et institutionnel.

La réforme signée par la loi du 24 novembre 2009 assigne deux finalités principales au dispositif OPCA et prévoit la création d'un fonds. Globalement, on assiste à un élargissement notoire des missions des OPCA dans le cadre de frais de gestion maîtrisés :

  1. développement d'une ''efficacité'' : à la fois auprès des TPE-PME (idée de proximité + fléchage d'enveloppes financières pour les -10 salariés [TPE] et les 10 à 49 salariés [PME]) et auprès des salariés et demandeurs d'emploi les plus éloignés de l’accès à la formation
    À noter, au sein de la tendance générale (parfois verbeuse) à souhaiter que les personnes deviennent "acteurs" de leur formation, l'instauration de droits à la formation attachés à la personne et non plus au statut.
  2. amélioration de la gestion des organismes collecteurs (visibilité financière, etc.) avec notamment des économies d'échelle (surface financière accrue [au moins 100M€, alors que le seuil était fixé à hauteur de 15M€ auparavant]), la signature de COM (convention d’objectifs et de moyens) avec l’État et des comptes publiés.
    À noter que la signature des COM acte, selon la DGEFP, l'achèvement de la réforme des OPCA...

Par ailleurs, est créé le FPSPP en lieu et place du FUP (qui assurait une péréquation financière entre les OPCA sur les actions de formation de professionnalisation) pour former davantage de personnes (+500.000 salariés et +200.000 D.E.). Ce fonds est financé par les excédents des OPCA et par un prélèvement de 5 % à 13 % sur les contributions obligatoires des employeurs à la formation professionnelle.

Le paysage des Opca s’est donc restructuré, la loi imposant aux organismes collecteurs :

  • un montant de collecte plus important que par le passé ;
  • le développement de services de proximité auprès des entreprises.

Du coup, 20 organismes seulement (en lieu et place des 42 organismes existant jusqu'à 31/12/2011), répartis en 18 organismes nationaux professionnels, 2 Opca  interprofessionnels et interbranches - avec un champ d'action agrandi (regroupement pour cause de surface financière et dans une logique de branche ou d'interpro) et avec des missions en plus (davantage de proximité : conseil, etc. ?) .
Ceci dit, on note depuis plusieurs années que les entreprises de 10 salariés ou plus confient aux OPCA une part toujours croissante de leur contribution au plan de formation, notamment du fait de l’intérêt qu'elles y trouvent pour externaliser la gestion des conventions avec les organismes de formation. De fait cela engage des montants dépassant leurs obligations légales :

    • un nombre réduit d'organismes
    • Vingt organismes collecteurs seulement (en lieu et place des 42 organismes existant jusque là), répartis en :
  • 2 Opca interprofessionnels et interbranches :
  • OPCALIA qui absorbe GDFPE, Auvicom, FAF propreté, Forthac, Opca EFP et Opcad [coopératives de consommateurs]
  • AGEFOS-PME qui absorbe Agefomat, FAF PCM, Opca CGM et Opcad [commerce de détail des fruits et légumes et produits laitiers]
  • 18 organismes nationaux professionnels ou "de branche"  
  • certains "accueillent" d’autres branches et secteurs d’activités, comme l’AFDAS (qui absorbe la presse écrite), UNIFORMATION (qui absorbe Habitat-Formation et le FAF Sécurité sociale) ou l’OPCA-PL (qui absorbe l’hospitalisation privée)
  • d'autres sont créés comme Constructys, OPCA de la construction (né de la fusion du Faf Sab, de l’Opca TP et de l’Opca Bâtiment), de l'OPCALIM (issu du rapprochement d'Agefaforia, d'Opca 2 et d'Opcad [poissonnerie]), de l'OPCABAIA (qui réunit l’Opca de la banque et celui des assurances), de l'OPCA DÉFI (fusion de Plastifaf et de l’Opca C2P) ainsi que de l'OPCA3+ (réunissant Formapap et Forcemat).
  • des organismes collecteurs comme FAF-TT, Fafih, Fafiec, Forco, Intergros, Opca Transports, Unifaf, Anfa, Fafsea ou Opcaim continuent d'exister sans rapprochement ni fusion.

Par ailleurs, vingt-huit organismes collectent les contributions des "congés individuels de formation" :

  • vingt-six Fongecif, interprofessionnels régionaux (inchangé);
  • deux Agecif (six auparavant);
  • auxquels s’ajoutent six Opca de branche, agréés au titre du congé individuel de formation par dérogation (il y en avait le double auparavant)

L'une des conditions d'agrément des OPCA était "l'aptitude à assurer des services de proximité à destination des PME-TPE".

Et de fait, depuis plusieurs années, les organismes collecteurs et notamment les OPCA interprofessionnels, tendent à accroître leurs ressources en proposant de nouveaux services aux entreprises en matière d’ingénierie de la formation. L'ANI de 2009 précise, par ailleurs, que les OPCA doivent aider les TPE/PME "à l’élaboration de cahier des charges pour la mise en œuvre des actions de formation des salariés et le cas échéant, à l’identification des organismes de formation". D'où la nécessité de travailler à la définition des besoins de formation le plus en amont possible.

Mais quel est l'impact du changement que constitue la restructuration du paysage OPCA ?

En termes d'impacts sur les pratiques professionnelles :

  1. on réorganise
    des modifications importantes
    Nécessité pour les OPCA re-formés de revisiter leur organisation interne : la signature avec l'État des COM, conventions (triennales) d'objectifs et de moyens, est assez contraignante pour 2012, mais des marges de manoeuvre apparaissent dès 2013... (à ce que dit Uniformation). 
    C'est que le "regroupement" a des répercussions importantes ;
    par exemple, pour OPCALIA : surface financière X 1,5 ; nbre d'entreprises X 2,3 ; nbre de branches X 1,8 ; effectifs X 1,3
    D'où la transformation et surtout la montée en puissance de certaines fonctions comme l'accueil téléphonique notamment.
  2. des activités variées
    La comptabilité analytique des OPCA semble devoir comprendre les lignes suivantes :

    1. frais de gestion et d'information où s'affichent principalement les frais de collecte et de gestion administrative et financière
    2. frais de mission, à savoir accompagnement des entreprises (analyse des besoins de formation), information/conseil vers les entreprises, prospective métiers/qualifications (OPMQ), études & recherche (ingénierie de formation), diagnostics GPEC des entreprises + renforcement des obligations de publicité : création de service dématérialisé avec rubrique dédiée et identifiée sur le site internet des OPCA...
  3. une nouvelle gouvernance
    - CA paritaire national définit les orientations stratégiques et les règles de fonctionnement, signe la COM (et conventions de financement complémentaire), gère toute opération financière, arbitre les nouvelles adhésions de branche etc.
    - CA paritaire régional définit les orientations de la politique formation du territoire tout en mettant en oeuvre les décisions et orientations du CA national

On réorganise donc, ce qui implique qu'on "restructure" - et cette "restructuration" généralisée (notamment dévolution des OPCA disparus et sureffectifs) engendre des degâts collatéraux comme on dit :

  • licenciements collectifs et autres éléments de plans sociaux ;
  • avec "économies" plutôt dans les délégations régionales, même s'il est évident que les mêmes délégations régionales vont devoir créer rapidement, et peut-être en synergie avec l'État et les Régions, un grand nombre d'emplois de "conseillers formation territoriaux" (transversaux aux branches) pour travailler avec les PME-TPE.

Maintenant, quelles incidences sur l’offre de formation ?

Allons-nous vers une meilleure régulation de l'offre de formation - ce qui ne serait pas forcément un mal vu le triste état de cette offre jusque là - ? En fait il semble qu'on doive bientôt constater une tension entre deux pôles : le niveau national avec effet "centrale d'achat" et le niveau régional avec effet "proximité territoriale".

Passons sur l'effet "centrale d'achat" qui risque de standardiser l'offre de formation et de tirer toujours davantage les prix.

L'effet "proximité territoriale" promet d'intéresser notamment les petites et très petites entreprises (surtout les moins de 10 salariés). Celles-ci devraient en effet bénéficier d'un renforcement de l'attention des OPCA : régionalisation de l'offre de services, de l'accueil à la formation, en passant par le conseil et l'ingénierie. Du coup, on voit apparaître, via les OPCA, une clientèle que les organismes de formation ne touchaient pas forcément auparavant.

Du point de vue de la politique de formation, cet effet souhaité de "proximité territoriale" devra, dans un souci d'optimisation des moyens, entrer en résonance avec la politique régionale de formation permanente - ce qui n'est pas forcément gagné : les OPCA ont ici en quelque sorte la lourde tâche d'améliorer l'accord national interprofessionnel et la loi - où l'approche régionale fait figure de "parent pauvre" (cf. les réactions de l'ARF).

De fait, la nouveauté, c'est peut-être qu'une interface va s'interposer entre les entreprises et les organismes de formation. Les OPCA se positionnent clairement (et légitimement) en interface entre les entreprises et les organismes de formation, en :

  • aidant à la définition des besoins de formation (notamment dans une logique de GPEC)
  • aidant à l'élaboration du cahier des charges
  • aidant à l'identification des prestataires de formation

Seconde nouveauté de taille, les organismes de formation vont devoir être capables de mêler des publics en formation. En effet, les OPCA ont pour mission explicite aujourd'hui d'optimiser les financements de Pôle Emploi et du FPSPP pour des publics caractérisés comme prioritaire par la politique emploi. Ce qui signifie, pour les organismes de formation, qu'ils devront être capables de mêler salariés et demandeurs d'emploi...

Mais tout cela ne va-t-il pas faire apparaître des points de frictions ? Pour ma part, j'en devine deux : entre OPCA et Organisme de Formation d'une part, entre OPCA et Responsable Formation d'autre part.

Un point de friction entre OPCA et organismes de formation risque en effet d'apparaître. Question de partage de compétences : jusqu'où un OPCA (qui n'est clairement pas un organisme de formation) pourra-t-il aller sans empiéter sur les activités de l'organisme de formation ? Et poussons le bouchon, juste un peu : imaginons au hasard un OPCA de mèche avec un "cabinet" de formation sous-traitant... Ensuite, le positionnement nouveau de l'OPCA ne risque-t-il pas de casser des dynamiques créées de longue date et entretenues avec ingéniosité entre organisme de formation et entreprise le cas échéant ?

Autre point de friction possible : entre OPCA et responsable de formation en entreprise (cf. les réticences du GARF). Ces derniers souhaitent être invités dans les instances de pilotage de leurs OPCA, afin que les orientations OPCA et leurs propres préoccupations ne se mettent pas en dissonance. Ensuite, les responsables de formation craignent de perdre leur autonomie dans la relation qu'ils ont éventuellement construite avec tel ou tel organisme de formation.
Reste que, pour ce point de friction là, l'enjeu est moindre dans la mesure où les entreprises qui ont en leur sein un responsable formation ne sont pas la cible prioritaire des OPCA selon les termes de la réforme engagée.


 

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mercredi 25 janvier

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Netvibes du Centre Inffo, portail pour l'information sur la formation continue tout au long de la vie.


 

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vendredi 13 janvier

enfin !

Il se dit qu'Hollande pense qu'il faut des enseignants expérimentés en zones difficiles... Enfin un personnage politique qui avance quelque chose de sensé en matière d'éducation ! À suivre  donc...


Posté par brich59 à 14:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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