mardi 28 août

on oublie tout et on recommence !

notesdemusiqueLa très respectable OCDE publie une étude sur la réduction de la pauvreté et de l'exclusion sociale ces jours-ci. Il s'agit de "Lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale en France" de S. Jamet [OCDE, Paris, Document de travail du Département des Affaires économiques, n° 569, août, 47 p., (2007)]. Le "résumé" qui en est proposé vaut le détour !

Ça commence par un triste et pieux mensonge : "Réduire la pauvreté et l'exclusion sociale est un objectif essentiel de tous les gouvernements français." Ça continue avec un triste et sincère constat : "Même si la pauvreté, telle que mesurée conventionnellement, est en fait moins répandue que dans beaucoup d'autres pays, son ampleur est plus importante que ce qui peut être facilement accepté." Puis ça se termine avec un aveu d'échec cuisant : "L'approche des politiques actuelles consiste en un grand nombre de mesures façonnées pour des circonstances particulières. Certaines politiques ont des effets pervers sur la performance du marché du travail; leur efficacité/coût pourrait donc être améliorée pour obtenir de meilleurs résultats avec les mêmes ressources. La concentration géographique et ethnique de la pauvreté et de l'exclusion sociale constitue l'un des défis les plus importants, qui ne peut être relevé qu'avec la contribution de l'éducation, du marché du travail, du logement, des politiques d'urbanisation et de lutte contre les discriminations ainsi que des services sociaux."

Là, je me dis en mon fors intérieur que si les gouvernants de tous poils (mais surtout ceux du libéralisme qui se sont furieusement attachés à tout casser ce qui allait dans le bon sens) avaient correctement entendu le discours inlassablement répété de Bertrand Schwartz et de ceux qui ont travaillé et travaillent encore avec lui, on n'en serait pas là, à redire vingt cinq ans après les mêmes "évidences", que Bertrand Schwartz avait mises en avant notamment dans son rapport de 1982 !

Le problème, c'est que cela va à l'encontre de la culture du résultat façon néolibérale et que je ne vois pas comment les paramètres énoncés par l'OCDE vont pouvoir être mis en "globalité"...

Triste France ! Toujours la même musique !


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lundi 27 août

intégrismes et sociétés

En Malaisie, "un journal fermé pour avoir publié une caricature de Jésus", dit NOUVELOBS.COM [25.08.2007 à 18:25]. Le quotidien Makkal Osai est contraint de cesser de paraître pendant un mois, pour un dessin de Jésus en train de fumer... Décidément, c'est deux poids deux mesures ! Quand ce sont les islamistes qui réagissent à d'imbéciles caricatures, le monde de la démocratie s'enflamme en chœur, mais quand ce sont des intégristes chrétiens, la réaction passe quasi inaperçue !

C'est comme l'autre après-midi en plein centre du quartier piétonnier de Lille où des prêchi-prêcha de je ne sais quelle secte chrétienne intégriste distribuaient des documents et invitaient les passants à la discussion. Personne ne réagissait. Tout juste les passants évitaient-ils de se trouver en face des messieurs bien habillés qui faisaient la propagande religieuse. Je ne vous dis pas le tollé qu'eût provoqué la même scène mais avec des intégristes islamistes !


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samedi 25 août

infanticides et société

Ce qui choque notre belle société dans ces histoires d'infanticides commis par des mères, c'est sûrement moins le geste, horrible, qui donne la mort ou qui laisse mourir que la mise en cause brutale, violente de l'axiome sacré qui a permis de régler tant et tant d'affaires matrimoniales litigieuses. Je pense bien sûr à la systématicité judiciaire qui fait "confier" (confiance?) l'éducation des enfants à leur mère - depuis que le divorce existe. Et ce quel que soit le caractère de cette mère, quel que soit le caractère du père dénié  en tant que tel. Je pense bien sûr à un triste épisode de ma propre histoire. Mais combien d'autres ... ?

Ainsi dans notre belle et si harmonieuse société, l'instinct femelle serait de l'ordre de l'amour, de l'amour pour ses enfants. L'instinct mâle serait de l'ordre de la violence, de la guerre...

Vieux schémas éculés, imposés par l'idéologie de l'armée de réserve au service du capital : que les femmes travaillent (durement) jusqu'à leur première grossesse et qu'elles s'occupent de leurs enfants ensuite - ainsi leurs maris pourront donner toute leur force dans le travail qu'on leur achète à bas prix ! Tel est le schéma qui a fonctionné de longues décennies dans le bassin minier où j'ai débuté ma carrière professionnelle, par exemple - et où règne le chômage massif depuis que ce schéma ne fonctionne plus, faute d'intérêts capitalistiques locaux...

Vieux schémas bien ancrés qui, par exemple, ne permettent pas de comprendre comment un homme pourrait être doux et aimant avec ses enfants... Tout simplement de comprendre qu'un homme qui veut être doux n'est pas un déviant... Et je ne vous dis pas ce que tout cela explique du refus populaire de l'homosexualité masculine...


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dimanche 06 mai

L'UMP enfreint les règles !

Les partisans de Nicolas Sarkozy ne doutent plus de leur succès, titre le Monde Interactif, ce dimanche 6 mai 2007 à 17h01, qui poursuit :
Alors que les premières estimations sont attendues à 20 heures, des cris de joie ont éclaté vers 18 heures salle Gaveau, à Paris, où sont réunis les partisans du candidat de l'UMP.

Je crois que l'UMP a enfreint la règle qui interdit de faire connaître les résultats avant 20h...
QUI VA OSER PORTER PLAINTE ?


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L'ordre UMP en état de marche !

12878265Incident pré-électoral ce samedi matin à Toulouse où la police a saisi les tracts que diffusaient des militants socialistes. La distribution était pourtant parfaitement légale... C'est dans LIBERATION.FR (samedi 5 mai 2007).

Autre inquiétude pour la liberté publique : le gouvernement prévoit un déploiement de forces de l'ordre au cas où la "victoire" de l'UMP déclencherait des remous populaires (c'est aussi dans Libé)...
Pourtant le 'P' d'UMP, c'est 'populaire', non ?
Décidément le peuple n'a rien compris !

MAIS QU'ON SE RASSURE : c'est parce qu'il n'a rien compris que le "peuple" va porter l'UMP au pouvoir !


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NON à la France d'après Sarkozy !

NON À LA FRANCE D'APRÈS SELON SARKOZY !

NON À LA FRANCE D'APRÈS DE SARKOZY !

NON À L'ÉTAT U.M.P. POLICIER !

la_France_d_apr_s

NON À L'IMAGINATION POLICIÈRE !

NON AU RETOUR AU PÉTAINISME !

NON
À L'AVÉNEMENT DU

BUSHISME À LA FRANÇAISE !


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samedi 05 mai

La lettre d'Ariane Mnouchkine

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.

MNOUCHKINE Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.

  Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune goinfrerie.  Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d'insistance. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

  Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

  Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

  Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise —très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre — tandis qu'un troisième… celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans… vous vous souvenez?

  Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

  Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

  Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

  Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n'y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »

 Ariane Mnouchkine
le 17 avril 2004


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jeudi 03 mai

Petit, tout petit !

Hier soir, je n'ai pas pu suivre le débat d'entre deux tours... J'étais à la pré-générale du concert de demain soir, concert d'ouverture de l'exposition Philippe de Champaigne au Palais des Beaux-Arts de Lille (venez écouter : ça va être superbe !), et ne suis rentré chez moi que vers 11h15, au moment où Ségolène Royal intervenait en clôture de l'émission. Je ne sais donc pas ce qu'y s'y est échangé, en termes de programmes - que nous connaissons tous par ailleurs.

J'ai regardé l'émission qui a suivi, mais sur la 3 où ce pauvre gros Douillet s'emberlificotait les méninges dans des histoires de foi en l'homme, d'honneur, d'esprit d'équipe pour l'honneur de l'équipe, etc. Jeanne Balibar aussi s'est un peu emberlificoté dans ses phrases, mais pour dire des choses justes et concrètes (lutte pour les sans-papier, la discussion publique comme alternative à l'autocratie droitière, etc.). Il y avait aussi Joffrin, et d'autres...

Je n'ai pas suivi le débat entre les deux prétendants aux suffrages populaires, mais le peu que j'ai entendu, ce matin à la radio entre 6 et 7 avant d'être au boulot (si si les fonctionnaires se lèvent tôt eux aussi, même pour de petits salaires!), me suffit à comprendre que décidément Monsieur Sarkozy est tout petit, vraiment très petit ! Non pas seulement comme se plaisent à le croquer le caricaturistes libres, mais aussi dans son comportement, dans sa relation à l'autre. On le savait hautain, méprisant, sûr de son fait, sûr de son impunité à baratiner les foules, sûr même que le baratin allait le faire accéder à la plus haute marche de son ambition très personnelle... Hier il a effectivement été à cette hauteur-là, c'est-à-dire toujours aussi bas : ne pouvant se lâcher de pétage de plombs en bourde grossière comme il fait d'habitude (il a dû bien préparé le spectacle !), il n'a pu résister à la tentation de la toute-petitesse, du style "qu'est-ce que ça doit être quand vous êtes en colère" lorsque son interlocutrice se révolte de ses mensonges éhontés et injurieux. Il me fait penser au responsable du personnel de l'entreprise ou de l'administration, au DRH qui ne peut s'empêcher de mépriser les autres, ne voulant même se l'interdire, voyant dans un tel mépris les raisons de rire...

Le petit homme tendu et hargneux a semble-t-il joué les agneaux condescendants hier. Comme pour montrer qu'il avait "changé" (?!?).
Mais c'était pour mieux descendre encore dans la fange comportementale, où, retournant tout sur son passage, la bête abêtit tout ce qu'elle touche, tout ce qu'elle regarde, tout ce qu'elle rencontre... La rhétorique du retournement était hier soir semble-t-il en chair et en os cathodique.
asterixCe matin me vient l'image du sanglier illuminé qui sort en courant de chez lui, les yeux éclatés de sang... Vous savez, Iris, le magicien venu d'Égypte dont il est périlleux de soutenir l'insoutenable regard. Souvenez-vous, Iris est une sorte de mage égyptien qui hypnotise les gens et leur fait croire qu'ils deviennent des animaux. Il essaye de transformer Astérix en sanglier, mais celui-ci le déconcentre constamment et énerve le mage qui devient confus et finit par croire qu'il est lui-même un sanglier. C'est une séquence des Douze travaux d'Astérix...
Allez Monsieur Sarkoy, encore un effort et c'est vous que vous retournerez vraiment ! Et là, la rhétorique du retournement aura fait son œuvre ... bénéfique.


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mercredi 02 mai

Nicolas Sarkozy. Une société sous très haute surveillance

Pour finir, Ruptures, le livre du magistrat Serge Portelli, dont Sarkozy a tout fait pour empêcher la publication, sort ce jeudi 3 mai aux éditions L'Harmattan, et sera présenté le même jour à partir 19 H par son auteur, à la Librairie Résistances à Paris (4, Villa Compoint, à l'angle du 40 rue Guy Môquet, dans le XVII° - M° Guy Môquet).

Ruptures traite de la "politique sécuritaire" du candidat à la présidence de la République. Il a été refusé au dernier moment par l'éditeur Michalon, qui avait édité le premier livre de Serge Portelli, Traité de démagogie appliquée. Sarkozy, la récidive et nous. L'auteur, ne trouvant aucun éditeur en mesure de publier son livre avant les élections, s'était résigné à le mettre à disposition sur Internet, même s'il n'est guère évident de lire un ouvrage entier sur écran ou de l'imprimer. Toutefois, l'investigation de ce juge sur les méthodes démagogiques, inefficaces et dangereuses de Sarkozy a suscité un très grand intérêt, et L'Harmattan a relevé le défi. Le livre, n'en déplaise au prétendant au trône, sera donc disponible en librairie ce jeudi 3 mai, sous le titre Nicolas Sarkozy. Une société sous très haute surveillance ou Nicolas Sarkozy, une République sous contrôle. (toutes mes sources ne concordent pas, mais peu importe le sous-titre...).


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mardi 01 mai

Travail

brinmuguetCe 1er mai d'entre deux tours d'une élection présidentielle dont la "campagne" nous abreuvent de "valorisation" du travail, on ne peut éviter de se demander ce que c'est que le TRAVAIL.

Tout d'abord, le travail, c'est ce qui entrave.
Le terme 'travail' vient en effet du terme de bas latin 'tripalium', instrument de torture romain, avant de désigner une machine dans laquelle on immobilise pour les assujettir les animaux (chevaux, bœufs, etc.). Tripalium signifie, quand on le décompose, quelque chose comme machin fait de trois pieux...

Ensuite, le travail, c'est une activité humaine exigeant un effort soutenu, qui vise à la modification des éléments naturels etc. Définition classique de la philosophie qui relève de l'imagerie ancienne, datant de l'époque agricole de l'Europe, où l'on voit l'agriculteur travailler la terre pour que la graine lève et produise ses fruits. Image très romantique de l'homme, manches retroussées, aux prises avec les éléments naturels... Et, si Monsieur Sarkozy m'autorise cette référence, Marx a très bien décrit tout ça, tout en reconnaissant en la matière sa dette auprès d'Hegel, faisant du travail l'acte par lequel l'homme se produit lui-même...

Du coup le travail, c'est ce qui confèrerait à l'homme sa dignité d'homme. Sans qu'on sache pourquoi d'ailleurs. Sans doute un stéréotype créé pour entraver la liberté fondamentale et assujettir l'homme productif selon les besoins de celui qui possède l'outil de travail... C'est ici que la rémunération entre en jeu.
Plutôt que de parler de dignité, en effet, parlons concret et disons "échange de valeurs" : en échange de son assujettissement, le travailleur reçoit de l'argent ou un substitut d'argent, bref une valeur. Mais l'échange est un échange de dupe : ce n'est pas le travailleur qui fixe la valeur de son travail, ni même qui le négocie. C'est celui qui possède l'outil de travail. Ce dernier intègre la valeur travail dans un ensemble plus grand qui intègre d'autres coûts, dont l'amortissement des machines, mais aussi la fameuse "plus-value".
L'ultime raison de l'investissement capitalistique étant la plus-value, le travail humain est compris positivement en termes de "productivité" (capacité à produire de la plus-value) et négativement en termes de coûts salariaux, et, l'unité de base du salaire étant l'heure travaillée, le temps de travail est un problème crucial pour celui qui attend la plus-value. D'où l'idée que la rationalité (capitalistique) du travail se décline en termes de productivité de l'heure travaillée. L'intérêt du gérant de l'outil de travail est d'exiger une productivité toujours plus grande ; l'intérêt du travailleur est d'exiger un salaire toujours plus important. On voit l'écartèlement de la situation, d'autant plus  que chaque partie tend vers le "toujours plus". On connaît aussi le déséquilibre du rapport de force, on sait que ce déséquilibre se dégrade gravement pour les travailleurs... - ceci justifiant l'existence des syndicats de travailleurs et exigeant qu'ils changent pour toujours mieux rétablir le rapport de travailSARKOZYforce.

Quand Monsieur Sarkozy parle travail, voilà, sur la droite, l'essaim conceptuel qui fonctionne :
on voit apparaître effectivement la valeur, mais aussi

 

  • la crise (les travailleurs ne travaillent pas assez, pas assez bien, il y en a même qui ne veulent pas travailler et qui ne pensent qu'à se lever tard, etc.);

  • la liberté, liberté d'assujettir toujours davantage;

  • le mérite, c'est-à-dire le jugement de valeur que l'autorité capitalistique assène sans discussion, comme de droit divin, dans un paternalisme d'un autre temps où l'homme de basse condition est traité comme un enfant (au hasard : "La République pour moi c’est le travail récompensé", discours du 12 octobre 2006 à Périgueux);

  • etc.

travailROYAL

 

Quand Madame Royal parle travail, voici, sur la gauche, l'essaim conceptuel qui fonctionne :
on voit apparaître effectivement la valeur, mais aussi

 

  • les conditions de travail, c'est-à-dire la réalité du travail...

  • les salariés eux-mêmes, c'est-à-dire ceux qui sont assujettis...

  • la précarité en face du capital, comme le mendiant posté au seuil de l'église à la sortie de la messe du dimanche...

Bon ! j'arrête ! Il faut aller défiler...