jeudi 19 juin

Chine : mobilisation régionale

Des associations se mobilisent et sensibilisent avant les Jeux olympiques de PékinClipboard02. Tel est le titre de l'article que La Voix du Nord a bien voulu produire dans son édition lilloise du 15 juin, pour rendre compte de la mobilisation régionale sur la question du non-respect des Droits de l'Homme par les autorités chinoises.

« Nous ne sommes pas favorables au boycott des Jeux olympiques, précise Marc Heyman, le responsable régional d'Amnesty. Avec les JO, la Chine s'était engagée à respecter les droits de l'homme. Malheureusement, elle n'a pas tenu ses promesses. »

Et le collectif Chine JO 2008 de distribuer une plaquette rappelant les huit revendications pour Pékin...

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mercredi 18 juin

AI & DUDH

Amnesty International vient de publier son rapport 2008 - 2008, année du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Amnesty propose une vidéo :

Moi je proposais juste une chanson pour chœur...

Pendant ce temps-là, en France...


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mardi 17 juin

Racisme et antisémitisme

Depuis le sujet proposé à l'épreuve du dossier du CAPES de documentation il y a deux ans, j'ai du mal à voir clair dans l'articulation entre racisme et antisémitisme. Que l'antisémitisme ne soit pas considéré comme un racisme comme les autres m'a toujours interrogé et conduit à penser que distinguer l'antisémitisme parmi tous les racismes est en soi une discrimination, la discrimination étant l'une des marques congénitales de tout racisme. Sûr de mon raisonnement, je n'osais l'avouer de peur d'être accusé d'antisémite...

Quelle ne fut donc pas ma joie quand je lus, dans le Monde Diplomatique de ce mois de juin 2008, le texte de Tony Judt, "Trop de Shoah tue la Shoah" (p.22-23), où l'on voit comment l'on est passé du déni du caractère raciste de l'antisémitisme (juste après guerre) à une sorte d'inversion du problème que pose l'antisémitisme (aujourd'hui) !

Tony Judt déroule cela en trois temps :
schéma en html ou en pdf à imprimer en A3

juste après la guerre

  • en Europe de l'Est, dès après la guerre, la Shoah fut ignorée [parce que il fallait oublier que c'est en Europe de l'Est qu'il y eut les plus grandes atrocités, et de nombreux "collaborateurs" ; parce que il fallait que les victimes non juives du nazisme et du bolchevisme oublient leurs propres souffrances ; parce que la judéité des victimes soviétiques du nazisme fut minimisée par les autorités soviétiques ; parce que "finalement, après quelques années, à la mémoire de l'occupation allemande succéda celle de l'oppression soviétique"]

  • en Europe occidentale, ce fut un autre monde, mais il y eut le même oubli [parce que les pays "occupés" soignèrent leur image de résistance - pour oublier leur humiliation et parce que les allemands s'apitoyèrent sur leurs propres souffrances]

ensuite

  • années 60 une nouvelle génération découvre...

  • années 80 la Shoah est connue d'un public de plus en plus large...

  • années 90 fin de la division de l'Europe... repentances officielles et commémorations...

  • "aujourd'hui, la Shoah est une référence universelle" (programmes scolaires et productions de récits et d'analyses)   

aujourd'hui, "le souci de notre époque pour la Shoah [...] pose cinq problèmes" :

  1. dilemme des mémoires incompatibles (sorte de conflit des mémoires de la souffrance humaine ?)

  2. exactitude historique et risques de surcompensation

  3. difficulté de tenir la notion de "mal unique" - ce qui entraîne une dilution de la notion de mal

  4. la lutte contre l'antisémitisme comme "raison" d'ignorer les autres maux de notre époque

  5. la lutte contre l'antisémitisme comme justification du sionisme

Ce schéma est concis et l'article mérite une lecture approfondie, tant le regard qu'il déploie sur les soixante dernières années donne à réfléchir et risque d'ouvrir les yeux à de nombreux fanatiques et autres gens qui se contentent d'approximations historiques et morales. Un beau risque !


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mercredi 04 juin

C'est une maison...

Dimanche dernier, il y avait braderie dans un quartier de Lambersart... J'ai déambulé à la recherche du bouquin magnifique, de l'ouvrage nécessaire épuisé... J'ai trouvé un tract - que voici :

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Méfions-nous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain.
C'est ainsi que je suis allé sur le site d'un des groupuscules mentionés par les jeunes  [http://www.jirijsel.com/ ou http://jirijsel.hautetfort.com/], où la page d'accueil est édifiante. On y parle du "bloc" [souvenir du Vlaams block (Bloc flamand) belge changé en Vlaams Belang (Intérêt flamand) parce que le groupe d'extrême-droite fut interdit par la justice belge?] qui doit se former contre l'étranger ou plutôt contre les "bandes ethniques" etc. Tout ça pue la haine de l'humain - avec pratique l'amalgame entre les dégâts causés par le capitalisme et la présence de non-français et de français d'origine étrangère. Tout cela sent la barbarie de triste mémoire...
Méfions-nous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain. On en parle sur Indymedia. Même que ça a fait un peu de foin... Peu importe le foin : méfiez-vous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain.


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jeudi 29 mai

Bombes à sous-munitions (BASM)

La conférence de Dublin a réuni 111 pays sur un projet de traité visant à interdire les Bombes à sous-munitions (BASM) dans le monde.

Le terme "armes à sous-munitions" désigne une munition classique conçue pour disperser ou libérer des sous-munitions explosives dont chacune pèse moins de 20 kilos. Les BASM se présentent comme des conteneurs qui s'ouvrent lors de leur largage et répandent jusqu'à plusieurs centaines de mini-bombes sur la zone visée.
Entre 5% et 30% n'explosent pas à l'impact au sol et menacent dès lors les populations des pays "pollués" comme le Laos, la Bosnie, l'Irak, l'Afghanistan ou le Liban. Les civils représentent 85% des victimes d'accidents par mine ou munition explosées et les enfants 23%, selon Handicap International.

Quielques grands pays producteurs de matériel à tuer comme les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan et Israël. C'est l'AFP qui le dit [DUBLIN (AFP) - 29/05/2008 05h48]. Mais la noble agence de presse ne dit pas si les représentants de ces grands pays démocratiques avaient vraiment autre chose de plus important à faire...


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dimanche 25 mai

JO PÉKIN 2008 : quelle médaille pour les droits humains ?

« Quand la Chine a été choisie pour accueillir les Jeux Olympiques, les autorités du pays ont promis d'améliorer la situation des droits humains. Or, à l'heure où la flamme olympique s'approche de la Chine, de graves préoccupations subsistent. »

Irène Khan, Secrétaire générale d'Amnesty International

[tract à télécharger]

  • Vendredi 13 juin à 20h30 au Majestic (rue de Béthune à Lille)

Projection du film Train de nuit de Diao Yi Nan, suivi d'un débat animé par Marie Holzman, sinologue, enseignante à Paris7, traductrice, présidente de Solidarité Chine, association créée en 1989 au lendemain du massacre de Tian An Man

  • Samedi 14 juin à partir de 14h, place de la République, parvis des droits de l'homme

stands, interventions de spécialistes de la Chine, théâtre, animations, expositions, documentation, pétitions, vente de livres...

  • Samedi 5 juillet à 16h à L'Odyssée (Médiathèque de Lomme, 794 av. de Dunkerque)

Projection du film Still Life de Jia Zhang Ke, suivi d'un débat

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vendredi 25 avril

Deux femmes et plein de citronniers

affiche_1_mediumAvant-hier, je suis allé au Métropole de Lille voir le dernier film d'Eran Riklis, avec Hiam Abbass et Rona Lipaz Micheal. Film éblouissant de retenue et d'émotion humaine, dans la profondeur de jeu aussi bien que dans la beauté de l'image...
Amnesty International parrainait la sortie de ce formidable film. C'est dire sa tonalité. C'est d'abord un film "humain". Pas "humaniste", mais directement humain, au sens le plus plein du terme.

Telle est la posture de ces deux femmes qui s'affrontent : affrontement en connivence objective pour dépasser le guerrier et laisser place au sentiment d'humanité - doit-on dire de féminité ? - dans cette vie tragique faite à la Cisjordanie.

Et puis il y a Hiam Abbass qui crève l'écran et porte en elle-même cette humanité, aussi bien dans ses rôles (souviens-toi de la voix de Jenane dans Azur et Asmar en 2006, cinéphile averti !) que dans ses propos (cf. le "portrait" de Libé d'hier, ou l'entretien sur allociné).
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La femme est l'avenir de l'homme, disait le poète... Au sein d'un peuple aux coutumes si masculines et face à un État qui bafoue si énormément et si impunément les droits élémentaires de l'humain, elle semble l'être plus que jamais !


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mercredi 23 avril

OVE = chosification de l'humain

Avant hier, lundi 21 avril 2008, le patron de la CFDT a rencontré Christine Lagarde, dans le cadre de la préparation de la conférence sur la réforme de l’assurance chômage du 6 mai prochain - ce qui ne peut fonctionner que s'il y a entente préalable sur ce que c'est qu'une offre valable d’emploi (OVE), que les chômeurs seraient contraints d’accepter. Or la CFDT ne veut pas d'une "définition rigide de l'offre valable d'emploi". "Il est stupide, poursuit Chérèque, de définir un système d'offre valable d'emploi identique pour tous les salariés, on ne met pas les mêmes contraintes pour un jeune célibataire qualifié et pour une femme avec des enfants".
Eh bien, pour une fois, je suis complètement d'accord avec le patron de la CFDT ! Comme quoi tout arrive !

Il a bigrement raison de ramener des éléments humains, c'est-à-dire sociaux, au centre de la discussion.

Et nous devons tous refuser, réfuter cette manière de compter qui est en vogue aujourd'hui - manière arithmético-comptable, exclusivement chiffres, comme si 1 était toujours égal à 1 s'agissant de l'humain. Cette manière de faire chosifie l'humain.
Comme quand on calcule les taux de rentabilité, de productivité dans les entreprises.
Comme quand les grecs d'il y a vingt-cinq siècles (Aristote en l'occurrence) parlaient des esclaves.


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mardi 22 avril

Une chanson pour fêter la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH)

En 1869, Augustine Tuillerie, alias G.Bruno, publiait Francinet. Livre de lecture courante. Principes élémentaires de morale et d’instruction civique, d’économie politique, de droit usuel, d’agriculture, d’hygiène et de sciences usuelles, son premier "roman pédagogique". Le second est plus connu et fut un énorme succès de librairie : il s'agit du Tour de la France par deux enfants...

Augustine Tuillerie (1833-1923) est une femme étonnante et il est dommage que personne n'ait encore fait le travail historien qui nous permettra de mesurer tous ses talents. Tout d'abord, en tant que femme, elle semble avoir réussi à imposer sa liberté, à une époque où la bourgeoisie était d'abord masculine. Ensuite, idéologiquement, le déploiement de son œuvre coïncide avec la construction sociale et politique de la laïcité. Enfin, pédagogiquement, sa conception de l'éducation est globalisante et relativement prémonitoire (négociation de l'articulation entre travail et l'apprentissage, etc.)... L'article que lui consacre Wikipédia est très limité. Du coup, moi qui ne suis pas historien, j'ai ouvert un chantier concernant Augustine Tuillerie et le thème de "la chanson du pauvre" sous la forme d'une carte heuristique - que j'espère pouvoir terminer bientôt (si jamais un tel travail est "terminable"). Toute remarque ou tout apport visant à m'aider à alimenter cette carte (CmapTools) seront bienvenus. Ce qui pourrait ainsi donner lieu à une mise sur la place publique de ce travail.

La chanson du pauvre, en 1869, c'est une page du roman Francinet, paroles et musique de l'auteur. C'est la chanson que fredonne, la nuit, un enfant qui travaille, encore et toujours. C'est, "dans le silence de la nuit, une voix [qui s'élève], une petite voix d'enfant, triste, plaintive"...
La chanson du pauvre, en 2008, c'est une chanson pour chœur à 4 voix mixtes que j'offre à la communauté chantante.
Les six strophes sont traitées, chacune différemment.
Elles sont précédées d'une introduction sans parole (
strophe n°0) où le thème est harmonisé très simplement.

Chanson_du_pauvre_Page_1

Suivent les strophes 1 et 2 sont harmonisées à 3 voix : le thème est donné aux femmes, les deux voix d'hommes faisant "accompagnement", puis aux hommes, les deux voix de femmes les accompagnant.
Chanson_du_pauvre_Page_2

Chanson_du_pauvre_Page_3

Les deux strophes suivantes sont harmonisées à 4 voix, la strophe 3 de façon très classique, la suivante avec dans une écriture harmoniquement plus ouverte.
Chanson_du_pauvre_Page_4

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Suit la strophe 5, un duo très simple voix de femmes/voix d'hommes, qui peut être chanté par le chœur, par un plus petit ensemble voire par deux solistes.

Chanson_du_pauvre_Page_6

Enfin, la dernière strophe, avec son début fugué, est d'une écriture un peu plus complexe, mais reste très simple à chanter (pas comme mes autres partitions !).

Chanson_du_pauvre_Page_7

Chanson_du_pauvre_Page_8

J'ai voulu, en travaillant cette page de Francinet, à la fois rendre hommage à cette femme extraordinaire que fut Augustine Tuillerie et offrir une musique simple et facile d'accès aux chorales d'amateur(e)s - c'est-à-dire à tous ces gens, si nombreux dans le Nord-Pas de Calais, qui pratiquent assidument leur passion, forcément partagée, pour la musique chorale. Pour faciliter le travail des chefs, j'ai confectionné une réduction clavier de l'ensemble.

Enfin, en cette année anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), le texte d'Augustine Tuillerie, malgré son côté bigot d'un autre temps (compensé par le voisinage d'un Jean Macé - cf. en haut de ma carte heuristique), est d'une actualité stricte.. Hélas !


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mercredi 16 avril

Histoire d'ardoises : petites remarques de rien du tout

Ardoise, le nouveau logiciel policier, fait parler de lui. Tant mieux ! Je n'y reviens pas, puisque tout le monde en parle.

Je voudrais juste émettre une toute petite remarque de rien du tout : le contrôle du citoyen par l'État se muscle et s'outille dans notre bonne démocratie, alors même que l'un des éléments fondamentaux de la définition de la démocratie consiste dans le contrôle de l'État par les citoyens.

Je pose donc la question bête qui suit l'énoncé du principe basique : où en sommes-nous du contrôle de l'État par les citoyens ?

Je crois bien me souvenir que lorsque la grande pétition collective "Pour une vigilance républicaine" a été lancée par Marianne, l'État, par la voie de son "exécutif" avait crié au scandale antidémocratique ! Pourtant tous ces gens, de gauche, du centre, de droite, personnages politiques ou simples citoyens, signifiait "leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective".

Le Premier ministre François Fillon avait alors immédiatement et très vivement réagi à cet appel, déplorant "une attitude profondément anti-démocratique", dénonçant une "chasse au président de la République" par la gauche [sic], qui concentrerait sur Nicolas Sarkozy des attaques d'une "violence inouïe". "Ces critiques qui n'ont rien à voir avec la vie politique ne sont destinées qu'à atteindre un seul objectif : essayer de nous freiner dans notre effort de réforme".

Le comble, non ? Si je comprends bien, le seul fait de rappeler les principes républicains constitue en lui-même une "violence" "antidémocratique" d'une force "inouïe" ? Dieu du ciel, comme dirait le chanoine de Latran ! Que cela eût-il été si les gauchistes [re-sic] signataires de la pétition avaient mis en avant leur attachement aux principes de la démocratie, avec par exemple la mise en valeur de la nécessité vitale du contrôle de l'État par les citoyens ! Notre sarthois se fût étranglé en grignotant un petit sablé de Sablé !

Et nous y voilà ! D'un côté, un principe incontournable de laa démocratie, de l'autre un exécutif qui imagine avoir obtenu un blanc-seing en mai 2007 et estime, dans son arrogance fascisante, n'avoir de compte à rendre à personne, et surtout pas au peuple ! Et quand le peuple passe un message (élections, manifestations, par exemple), l'exécutif est soudainement sourd et/ou n'entend que ce qu'il a envie d'entendre...


L'histoire du logiciel Ardoise arrive à pique pour nous donner l'occasion de nous remettre dans le droit fil de l'idéologie démocratique. Nous assistons en effet à une fâcheuse inversion ! Alors que le "progrès politique" consisterait à toujours mieux pratiquer les valeurs spécifiques de la démocratie, à toujours mieux les asseoir dans les pratiques quotidiennes, nous subissons en ce début de XXI° siècle Viedesautresle renforcement de valeurs qui, autrefois - et peut-être encore aujourd'hui, souhaitons-le ! -, servaient à caractériser des régimes politiques répondant aux doux noms de tyrannie, de despotisme, etc. avec des exemples récents et incontestables du point de vue de leur nocivité humaine (Hitler, Mussolini, Staline, etc.). Regardez le récent film de Florian Henckel von Donnersmarck (2007), Das Leben der Anderen  (La vie des autres), et vous comprendrez ce dont je parle.

La question n'est pas nouvelle : c'est le dilemme entre liberté et sécurité qui se pose là. Et la vraie démocratie consistera à tenter de tenir les deux bouts, sachant que l'un des termes opposés doit in fine (c'est-à-dire en dernier ressort cas de conflit) avoir l'ascendant sur l'autre. Mais lequel ? Liberté ou sécurité ?

C'est ici que, libéralisme oblige, deux mondes s'opposent : le monde de la citoyenneté et le monde de l'entreprise économique.
Dans ce dernier, la liberté serait liberté d'entreprendre, liberté de "négocier", liberté de "faire du fric". Du coup, le curseur de sécurité doit être à un niveau très bas pour que cette liberté puisse se déployer à l'aise. C'est ainsi que l'exécutif libéral veut dépénaliser le "droit des affaires"... L'avoir est le refuge de la valeur. Le propriétaire est roi. C'est pourquoi il faut "sécuriser", assurer que la propriété n'est pas bafouée, n'est pas bafouable. Propriété rime avec protection. Et ceux qui ne sont pas propriétaires sont fatalement suspectés d'en vouloir à la propriété etc. d'où un sécuritarisme forcené pour protéger les possédants. Classique !
Dans le monde de la citoyenneté, la liberté est liberté d'agir, de penser et de dire ; la liberté aussi de faire avec l'autre, de partager, de dialoguer. Alors que la liberté du monde économique est une liberté en concurrence, en compétition (la fameuse émulation, etc.), la liberté du monde citoyen est une liberté de solidarité : nos libertés sont solidaires, parce que la privation de liberté de l'autre est un attentat à la mienne. Du coup la sécurité, ou plutôt le besoin de sécurité, est un phénomène collectif, global. En tant que citoyen, je suis libre non pas contre l'autre, mais avec lui. Et le respect des droits de l'homme, dans leur acception la plus large (droits économiques, sociaux et culturels aussi), suffirait à garantir la liberté du monde citoyen.

Bref, la question n'est pas nouvelle du dilemme entre liberté et sécurité.
Mais pourquoi devrions-nous faire un dilemme de ce binôme notionnel ? Pourquoi nous laisserions-nous enfermer dans une alternative entre le libertaire et le sécuritaire, entre le "tout est libre" et "tout est contrôlé", entre le manque de repères légaux et la prison à ciel ouvert ? La question conduit à un tel dilemme parce qu'elle est incomplètement posée. On ne peut en effet en rester à un tel niveau d'abstraction. Le complément à la question, c'est d'autres questions du style :

  • liberté de qui ?
  • liberté pour quoi faire ?
  • liberté encadrée par quel appareil juridique  ?
  • sécurité de qui ?
  • sécurité pour se protéger de qui ?
  • sécurité pour quoi faire ?
  • etc.

La problématique reste à construire...


En parlant d'ardoise, je connais quelqu'un qui a une sacrée ardoise en France ! Toutes les promesses du candidat Sarkozy de début 2007 sont autant de dettes qu'il a contractées envers les Français. Non ?

Et si on parlait aussi de cette ardoise-là !


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