jeudi 04 mai

Vite et bien ne vont pas ensemble, Monsieur de Villepin !

vite_bienÇa y est ! Il recommence, le grand ! Il veut encore aller trop vite !
Il ne s'agit plus du CPE, mais de son grand frère que les syndicats de salariés ont bêtement laissé passer, le CNE.
Comme pour se rassurer lui-même et sans doute pour, dans le même mouvement, se faire applaudir par la foule déchaînée, il met la pression sur les analystes et statisticiens d'État pour qu'ils "prouvent" que le CNE est bien créateur d'emplois, etc.
micrscpDu coup les syndicats des agents des ministères de l'Emploi (Dares), de la Santé (Drees), de l'Éducation nationale (DEP), de l'Insee et de l'ANPE râlent et le font savoir (communiqué de presse). Reuters et AFP s'en sont fait l'écho hier. Je cite Reuters (03/05/2006 - 20h49) : Quatorze syndicats des organismes publics de statistique dénoncent des pressions politiques et un délai insuffisant pour mener l'évaluation du contrat nouvelles embauches (CNE) commandée par le gouvernement.

Voici ce que disent les quatorze syndicats (je cite d'après Reuters et AFP) :
"Il n'y a pas aujourd'hui de mesure fiable des créations nettes d'emploi dues au CNE. À cette heure, aucune évaluation du CNE ne repose sur des faits, et aucun autre indice ne permet de dire qu'il a des effets en terme de créations nettes d'emplois. Ce n'est qu'au terme des deux années correspondant au 'cycle de vie' complet d'un CNE que des études permettant de faire un premier bilan global des effets du CNE seront possibles. D'ici là, nous estimons que la plus grande prudence s'impose aux statisticiens et aux commentateurs dans leurs évaluations et analyses. Une enquête statistique sera bientôt disponible, mais ses résultats resteront d'une portée réduite. La volonté du gouvernement d'avoir rapidement à sa disposition une mesure de l'effet du CNE a conduit le cabinet du ministre de l'Emploi à demander fin janvier le lancement d'une enquête sur les effets du CNE. Il en attend des résultats en juin prochain [mais] un délai aussi court est insuffisant pour évaluer un tel effet, les employeurs bénéficiant de modalités de rupture allégées pendant deux ans. Le risque est grand que le gouvernement s'empare de ses résultats pour exhiber un chiffre de 'créations nettes d'emplois'  pourvu de toute signification réelle [c'est une "enquête d'opi- nion auprès de chefs d'entreprises et d'eux seuls"]".

Lui qui, avant-hier et hier encore, accusait un élu du peuple d'impatience et d'inexpérience, avec ce ton de superbe et de grandiloquence à vomir, je trouve qu'il donne le mauvais exemple, ce Monsieur de Villepin !

C'est comme s'il ne se satisfaisait pas des résultats de l’enquête IFOP réalisée par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés du 23 janvier au 2 février 2006.

À moins qu'il ne cherche à prendre de vitesse la justice prud'homale : vendredi dernier, le conseil des prud'hommes de Longjumeau dans l'Essonne, présidé par un conseiller du collège patronal, a demandé la requalification d'un CNE en CDI, jugeant que "l'ordonnance du 2 août 2005 instituant le CNE est contraire à la Convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) du 22 juin 1982". Cette référence au droit international est un progrès : un précédent jugement rendu le 20 février dernier par le même tribunal prud'homal condamnait une PME de l'Essonne à verser des dommages et intérêts à un salarié de 51 ans pour recours et rupture abusifs d'un CNE, mais sans faire référence explicitement à la convention de l'Organisation International du Travail.
Il est intéressant de se rappeler que le Conseil d'État avait validé l'ordonnance instituant le CNE (décision exécutoire rendue publique le 19 octobre 2005), en jouant sur les mots : la période d'essai n'était plus qu'une période de consolidation de l'emploi, voire une "une période de constitution de 'l'ancienneté' requise pour prétendre au bénéfice de la convention" internationale de l'OIT... une sorte de purgatoire avant de pouvoir trimer comme un malade pour quatre sous !

Décidemment, l'ultralibéralisme produit bien des couacs, où la rhétorique et ses sophismes obligés ont toute leur place !


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mercredi 03 mai

Le représentant du peuple et le ministre

Il y a quelque malaise à entendre un énarque né dans les années cinquante rabaisser le caquet d'un autre énarque du même âge, quand bien même le premier est premier ministre par la volonté d'un seul homme porté au pouvoir par un peuple qui ne l'a pas choisi et le second représente le second parti politique du pays, parti politique grâce auquel le Président de la République a été élu...
060504lemondeIl y a malaise à entendre le premier reprocher au second de n'avoir pas d'expérience de gouver- nement, alors qu'il n'a lui- même que cela.

Le second a raison : laissons la justice faire son travail.
Quant à moi, j'ajouterai : lisons Le Monde de ce soir.

Et nous verrons les conclusions que l'exécutif et son sbir attitré - et qui n'a jamais été dépositaire d'aucun mandat populaire - en tirent...


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vendredi 21 avril

Droit de grève et droit de blocage

Discussion au boulot l'autre jour sur la question : "droit de blocage = droit de dénier le droit de travailler des autres"...

En fait, si les étudiants qui voulaient crier haut et fort que le CPE était une saloperie à jeter à la poubelle s'étaient contentés, comme le suggérait une de mes collègues juriste, de sécher les cours, ils n'auraient pas été visibles en tant que revendicateurs, ils auraient juste mis leur année d'études en péril - ce dont le gouvernement se fout comme de sa première chemise. DONC ils se devaient de faire de gêner le plus de monde possible, etc. C'est aussi bête que ça.

D'ailleurs cette raison-là est si sûre d'elle-même que les raisons apportées pour la contredire ont toutes été dénoncées comme il se doit.

  • D'abord l'histoire de la majorité silencieuse qui manifestait... Je t'ai déjà fait part, fidèle lecteur, de ce que cela m'inspirait.

  • Ensuite, il semble que l'atteinte au principe de continuité des services publics ne soit pas une atteinte à une liberté fondamentale. En l'espèce, si, "à la suite de l'adoption par le législateur des dispositions instituant le contrat de première embauche dit « CPE », les enseignements délivrés à l'institut d'études politiques de Lille ne peuvent être normalement dispensés (...) en raison du blocage des accès par certaines personnes", les "perturbations ainsi constatées dans le fonctionnement du service public de l'enseignement ne constituent pas une atteinte à une « liberté fondamentale » dont la sauvegarde est susceptible de donner lieu au prononcé de mesures sur le fondement de l'article L. 521-2 du Code de justice administrative". C'est ce que stipule un récent texte du juge des référés du tribunal administratif de Lille [TA Lille, ord. réf., 17 mars 2006, n° 0601600, Darmanin - je cite d'après www.lexisnexis.fr].
    On peut lire une première plainte de sieur Darmanin (8 mars) sur Indymedia Lille. Plainte déboutée (le 13 mars). Il avait remis le couvert, et s'est vu offrir le même dessert.

Pourquoi mettre en parallèle ces deux histoires ?
ump_lilleTout simplement parce que, que ce soit la majorité silencieuse qui tenait sit-in place de l'Hôtel de Ville à Paris dimanche 19 mars 2006 en début d'après-midi, ou sieur Darmanin qui porte plaintes pour dénoncer les méchants étudiants gauchistes, nous avons affaire à une manipulation de la droite syndicale (UNI) et politique (UMP)... une droite pour laquelle l'objectif politique justifie les moyens rhétoriques les plus grossiers... une droite qui ne veut pas dire son nom... une droite qui utilise les méthodes de "l'idéologie" comme elle dit elle-même en voulant brocarder ceux qui s'opposent à elle.


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mercredi 19 avril

Collusionis Rex et les enfants de la cantine municipale

L'autre jour, jeudi 13 avril, notre Nicolas Collusionis Rex est venu dans le Nord : Lille, Trith-Saint-Léger, Lambersart, Noyelles-Godault. Nicolas adorerait le Nord ! Pourquoi ? Sais pas. Peut-être juste pour emmerder les socialistes du Nord-Pas de Calais... Car Nicolas est un fin politique.

guignols_sarkozyEn tout cas, il doit se sentir drôlement à l'aise quand il vient dans le Nord, Nicolas : l'autre jour, Lille était en état de siège !
Les lillois et tous ceux qui viennent bosser à Lille se demandaient si un coup d'État n'était pas en train de se dérouler ! De la maréchaussée partout ! Mais vraiment partout ! De quoi foutre les jetons aux passants honnêtes ! Comme si la crise des banlieues avait resurgit tout à coup dans notre bonne métropole lilloise ! Même le Président du Conseil Général a dû obtempérer et bouger sa voiture pour plaire à sa Majesté Nicolas Collusionis Rex, c'est vous dire ! Faut dire qu'il est socialo, le président élu des élus du Nord...

Nicolas est allé dans les territoires ouvriers prôner le dialogue : "Que les ouvriers n'hésitent pas à venir. Je veux parler à des gens", aurait-il appelé du haut de l'estrade, à Trith-Saint-Léger. Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est vraiment trop bonne !

affiche1929_engagezvousEt puis il y a le fameux : "Je me suis toujours engagé et donc, je me sens de la famille de ceux qui s'engagent dans un syndicat, dans une entreprise". Formidable ! Enfin un politique de haut vol qui s'engage dans la société civile, comme toi et moi ! Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est vraiment trop sensas !
J'ai toujours admiré (et crains !) cette capacité de Nicolas question rhétorique !
On parle ici souvent de "populisme". Mais c'est encore pire que ça : être capable de dire ce qu'on pense tout en ayant l'air de dire autre chose et du coup d'être d'accord avec tout le monde. De la haute compétence, je te dis ! Un peu comme LePen dans les années quatre-vingt, quand les politiciens n'osaient pas l'affronter devant les micros, quand même un Tapie se retrouvait au tapis en moins de temps qu'il ne faut pour se prendre les pieds dedans !
Reste qu'il suffit de décortiquer le discours pour montrer ce que ça veut vraiment dire. Mais qui fait ça ? Trop peu de gens, et de toutes façons, des gens qu'on écoute pas, des gens qui ne sont pas médiatisé aux heures de grande écoute.
En tout cas, moi qui suis documentaliste et qui, à ce titre, cherche toujours à distinguer entre ce qu'on dit et ce dont on parle, je vous dis que ce Nicolas Collusionis Rex est un cas d'étude très très intéressant. Après, quand on cherche à comprendre pourquoi il dit ce qu'il dit, on déchante. Ce n'est plus un cas d'école : c'est une raison de militer haut et fort ! Encore après, quand on tente un tantinet d'anticipation sociopolitique et que ce Nicolas est dans le paysage, ce n'est plus seulement une raison de militer, c'est une invitation au voyage, loin - comme disait Yannick !

Bref, revenons à la visite de Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex dans le Nord. "Il faut libérer les entreprises de la peur d'embaucher car, pour le salarié, c'est la meilleure garantie : s'il perd son travail, il pourra en retrouver un autre".
Tu remarqueras avant toute chose, fidèle et patient lecteur, que Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est un libérateur ! En fait, notre homme est atteint du complexe de Zorro, ici le Zorro des entreprises... et, comme je le faisais remarquer l'autre jour,  il faut toujours avoir en tête que les dictateurs se présentent toujours d'abord comme des Zorros ! Je n'invente pas : c'est dans les programmes scolaires d'histoire.
Seconde remarque : l'ultralibéralisme, c'est comme les OGM, ça contamine, ça ne peut vivre qu'en contaminant alentour ! Regardons l'agrumentation de Nicolas (dont le non-dit est restauré) :

constat du chômage
DONC
nécessité de "libérer" l'embauche
DONC
droit de licencier

Habile non ? Avec la liberté au milieu du sophisme, tout va bien, ça peut se dire. Mais si on voit bien qu'il ne s'agit que de la liberté du chef d'entreprise et que concrètement cette liberté n'est que l'avatar contemporain de l'esclavagisme, ça ne devrait plus pouvoir se dire si facilement. Et puis, restons simple, allons de la prémisse - sur laquelle nous sommes tous d'accord - à la conclusion :

constat du chômage
DONC
droit de licencier

Je trouve que ça a une autre gueule ! Et ce sera encore mieux, si on restaure le cran intermédiaire qui convient dans le monde libéral qui ose appeler un chat un chat :

constat du chômage
ET
recherche du profit
DONC
droit de licencier

Donc si tu veux du boulot, camarade, tu dois accepter que notre monde ne soit orienté que par la recherche du profit de quelques uns...

Bref, si on raccourcit tout ça donc, ça donne une formule d'une logique imparable :

la meilleure garantie
contre le chômage,
c'est le chômage
.

Fallait y penser ! Fallait oser le dire ! Nicolas n'a vraiment peur de rien. Madame Parisot est une enfant de chœur ! En tout cas, c'est tellement gros, que ça en devient crédible. C'est comme ces gosses qui baratinent leurs parents avec l'argument que ça ne s'invente pas, alors que précisément ils l'ont inventé, le bobard !

sarkozydaubresseRebref, revenons à la visite de Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex dans le Nord. Lambersart, fief de M.-P. Daubresse :  Sa Majesté est bonne avec sa cour !
Mais, en retour, rien n'est trop bon pour Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex.
Quand Sa Majesté est passée dans la bonne ville de Lambersart - qui a la réputation d'être un peu comme le Neuilly lillois -, tout s'est arrêté pour fêter ça. Même que les enfants des écoles primaires ont dû descendre de l'autobus qui les conduisait, comme tous les midis des jours scolaires, au lieu de restauration collective. Les bambins ont dû poursuivre à pieds ! Sinon pas de bouffe, pas de dessert ? Il est vrai que Sa Majesté "préfère un pâtissier heureux à un sociologue au chômage"... parce qu'on ne parle pas la bouche pleine alors qu'un sociologue au chômage, ça ne bouffe pas des religieuses, ça a tout le temps de chercher à comprendre pourquoi il est au chômage et de l'expliquer autour de lui ! Et ça c'est quand même très subversif.


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vendredi 14 avril

Se faire soigner sans se faire arrêter !

mdm[reprise du message du 13-04-2006 publié
sur le site des Médecins du Monde ]


La circulaire du 21 février 2006 peut paraître anodine. Elle marque cependant un point de rupture profond avec le respect de l’accès aux soins en France. Jusqu’à présent, les lieux de soins étaient préservés au nom du respect du droit fondamental de la personne malade à être soignée - ce qui est un impératif de santé publique - Avec cette circulaire, ces lieux de soins sont désormais visés comme des endroits de contrôle de l’immigration.

Médecins du Monde a lancé une pétition car nous avons besoin de l’engagement ainsi que de la parole des soignants. Témoins dans leur pratique quotidienne de la relation patients/soignants, les professionnels de la santé sont les mieux placer pour constater une brèche dans l’accès aux soins. A travers cette pétition, nous montrons que nous sommes nombreux à défendre le respect des droits de l’homme et à faire respecter le droit de tous à l’accès aux soins.. On ne peut pas utiliser la santé comme un moyen de politique de l’immigration.

Signer la pétition


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jeudi 13 avril

CPE et santé publique

villepin31Alors, comme ça, Monsieur le Premier a tiré les leçons de la crise qu'il a provoquée avec l'article 8 du projet de loi sur la soi-disant égalité des chances... Bravo !
En effet, Monsieur le Premier ne souhaite rien imposer, mais décider après une large consulta- tion au sujet de ... l'interdiction de fumer dans les lieux publics.
C'est bien, Monsieur !

Il a bien raison : les faiseurs et vendeurs de tabac pourraient descendre dans la rue, faire grève, et chambouler ainsi, au grand dam de Madame Parisot, l'économie de notre bon pays...

Ils descendaient dans la rue pourquoi les gens qui ont manifesté pour le retrait du CPE ?
Pour que le pays laisse aux jeunes le droit de vivre dignement et de se projeter positivement dans l'avenir immédiat !
Pour empêcher qu'un patronat agrippé à ses profits réduise les jeunes en esclavage !

droopyquifume

Ils descendraient dans la rue pourquoi les faiseurs et vendeurs de tabac ?
Pour que le pays leur laisse le droit de continuer à empoisonner le pays et ses habitants !
Pour qu'ils puissent conti- nuer à prospérer économi- quement sur le dos de la sécurité sociale qui doit assurer les soins des habitants empoisonnés par ce qui leur permet de prospérer !
etc.

droopy_02Tout compte fait, je ne crois pas que ce soit la leçon du CPE qui provoque chez Monsieur le Premier la volonté de dialogue. Bien au contraire, c'est la même logique qui est au-dessous de tout ça, au-dessous du refus d'entendre dans le cas du CPE, et au-dessous de la volonté de "dialogue" dans le cas de l'industrie et du commerce du tabac... ; comme dirait Duvignaud, c'est le même sous-texte : le chant des sirènes de l'ultralibéralisme.

Et, pour le coup, j'aurais apprécié que le premier ministre ait le courage d'accepter la proposition de son ministre de la santé...


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lundi 10 avril

OUF !

cpe_cfdtOuf !

Je ne suis pas affilié à la CFDT, mais ce document traînait dans ma poche depuis mardi après-midi dernier...
Même que je ne suis affilié à rien, inféodé à personne. C'est peut-être bien le plus gros de mes défauts !

Mais comme ça fait du bien de pouvoir faire OUF !

La vie va enfin reprendre son cours ... et les étudiants vont étudier, comme disait l'autre (Pompidou, si je me souviens bien ?)

On souffle un coup et on s'attaque au CNE ?


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samedi 08 avril

Pourquoi tant de violences !

"La voiture est rentrée dans la foule". Hier, au quartier latin, un automobiliste a foncé sur un groupe de lycéens qui manifestaient contre la normalisation et la légalisation de la précarisation et, dans ce geste politique, bloquaient le passage...

Dans quel monde vivons-nous donc ?

Voilà des jeunes qui manifestent, c'est-à-dire expriment leur opinion politique sur un sujet qui les concerne au premier chef, expriment leur opposition en gênant le bourgeois parce que, sans causer cette gêne, ils ne seraient pas entendus !

Voilà des jeunes engagés dans un geste politique, coincés entre des casseurs collectifs - profitant de l'aubaine des rassemblements de foule pour casser du flic et de la vitrine - et des casseurs individuels - se croyant légitime à risquer le meurtre par qu'ils sont simplement gênés dans leur déplacement citadin.

Oh ! On va vous dire que ce mec en Twingo rouge (si j'ai bien compris) était exaspéré de se sentir pris en otage par une bande de petits cons qui refusent d'en chier pour s'insérer dans le monde du travail et pour se faire une placeau soleil du libéralisme boursier même que lui il en a bavé pour en arriver là où il est et que c'est grâce à son courage et à son huile de coude qu'il est ce qu'il est aujourd'hui et que même que lui il a fait plein de petits boulots...
Moi personnellement ça me donne envie de gerber !

Et puis il y a les mensonges d'État, autre forme suprême de violence.

Les jeunes expriment haut et fort leur refus d'étudier pour devenir les esclaves d'un ultralibéralisme qui se veut pragmatique - comme notre prmier ministre qui se dit enclin au "pragmatisme" plutôt qu'à "l'idéologie" (parce que c'est connu, la seule chose, la seule cause (= 'pragma') qui vaille la peine qu'on se batte, c'est la rentabilité financière). En face, l'État ultralibéral tente par tous les moyens de minimiser la réalité de cette expression et on assiste depuis le début du mois de mars a une mascarade informationnelle où le ministère sous-évalue systémati- quement l'ampleur de la contestation, allant jusqu'à diminuer le nombre de lycées et de facs bloqués. Et je peux vous dire qu'il ment : la fac où j'interviens en tant que professionnel de la documentation est déclarée non bloquée par le ministère (foi d'AEF!) alors que je n'ai pu faire cours hier après-midi...

Et puis il y a la violence implicite du système libéral, de l'"idéologie dominante" aurait-on dit en d'autres temps.
Par exemple, cette réaction d'un syndicat de l'enseignement supérieur et de la recherche (toujours foi d'AEF, dépêche du 7 avril 2006, 13:30:26), qui se dit "préoccupé par le blocage des universités, qui est une atteinte aux libertés des étudiants et des personnels". C'est-à-dire que les étudiants doivent accepter sans rechigner ce qu'on leur impose et ne doivent en aucun cas exercer le droit constitutionnel de grève et d'expression de la contestation - on voit poindre ici le coup de la prise d'otage. C'est avec des arguments comme ceux-là qu'on finit par voir des automobilistes risquer le meurtre, voire tenter l'assassinat !
Mais encore ce n'est rien ! Notre syndicat poursuit : "C'est d'autant plus grave que l'université est entrée en concurrence avec les formations privées et les universités étrangères". Pour nos ensei- gnants-chercheurs syndiqués, il est interdit de perturber un système qui est précisément celui qui produit ce contre quoi nos étudiants ne sont pas d'accord ! Bel argument, en vérité ! C'est l'argument-roi de la compétition, de la concurrence. Le monde libéral est un monde en guerre permanente, en guerre civile bien sûr, la guerre la plus horrible qu'on puisse imaginer - Platon le disait haut et fort. Non ! Vraiment ! Le philosophe, celui qui réfléchit à ce qu'il fait et à ce qu'il dit, ne saurait encourager un tel monde !

Décidément,
je n'aime pas la visée libérale du monde.
Elle n'est que violences.


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jeudi 06 avril

D'abord sans a priori, maintenant sans tabou !

villepin1Bravo Dominique !

Je trouve qu'il faut un certain cou- rage pour avouer ses fautes en politique : Monsieur le Premier Ministre reconnaît être allé trop vite ! Sauf que, comme disait Madame Palmier, ma maîtresse de CM1 (c'était à l'école communale de la rue des Bois, Paris XIXème, au milieu des années soixante), "vite et bien ne vont pas ensemble".
Mais, plaide notre Premier Ministre, c'est "simplement parce que je veux des résultats pour les Français et surtout pour les jeunes" ! Remarquons simplement que, s'il est un lieu où la fin ne saurait a priori justifier les moyens, c'est bien le droit social ! Et c'est, si j'ai bien compris, ce que semble vouloir dire un morceau de la loi du 4 mai dernier (sur le ... dialogue social !). C'est, si j'ai encore bien compris, ce que semble vouloir rappeler ce bon Nicolas Collusionis Rex !

villepinimg_9574Bref ! Passons pour cette fois - qui risque de lui coûter son job à notre Premier Ministre ! Sur fond de mea culpa, il est quand même content : "nous nous sommes attaqués, dit-il, au nœud des difficultés françaises : le chômage des jeunes. [...] "Ce problème a été enfin ouvert, il ne pourra plus être refermé"...
Quoi ? Je rêve ! Mais il avait quel âge en 1982, ce Dominique ? Moi, j'étais déjà au boulot, la vingtaine finissante, et je me souviens très bien que Pierre Mauroy avait "ouvert" le "problème", comme dit Galouzeau, notamment en commandant un rapport sur la question à un certain Bertrand Schwartz... Je ne vais tout de même pas avoir l'outrecuidance de donner une leçon d'histoire contemporaine à Monsieur notre Premier Ministre ! Mais quand même, j'ai la vague impression qu'il enfonce des portes ouvertes !
Pourquoi n'avoue-t-il pas carrément qu'il a voulu traiter le problème de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes par une soumission aux valeurs les plus ultralibérales ? Pourquoi n'a-t-il pas tout simplement avoué qu'il avait un a priori ultralibéral sur la question ?

villepin3Pourquoi ?

Parce que c'est tabou de mettre en avant l'ultralibéralisme - avatar moderne de l'esclavagisme antique ! Il faut s'appeler Monsieur Figaro (Serge Dassault) pour oser prétendre qu'un salarié ça doit pouvoir se jeter au bon vouloir du patron, tout simplement parce que le patron a a priori raison, puisque c'est lui qui a le fric (éventuellement d'ailleurs le fric des subventions  publques et autres aides indirectes ou directes !)... Galouzeau, lui, tente de rester dans les clous du langage politique éthiquement correct...

Mais, comme la meilleure défense c'est l'attaque, comme la meilleure façon de ne pas être accusé de commettre les forfaits qu'on commet c'est d'en accuser l'autre, voilà-t-y pas que notre Premier Ministre, après avoir réclamé un dialogue sans a priori, demande maintenant un dialogue sans tabou !

Sans tabou ?
Sans tabou ??
Sans aucun tabou ????
Vraiment ? Mais alors, on se met d'accord sur les sujets à ne pas aborder, sur les sujets tabous hors desquels on discutera sans tabou ! Parce que, si mon expérience sociale et professionnelle ne me trompe pas, "sans tabou", ça veut exactement dire "à l'intérieur d'invisibles limites fixées a priori"...

Vraiment !
Pourquoi faut-il toujours
qu'ils nous prennent pour des demeurés !


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mercredi 05 avril

La CIA et ses prisons secrètes en Europe

ÉTATS-UNIS : Des sociétés écrans sont utilisées pour transporter secrètement par avion des personnes afin de les torturer ou de les faire «disparaître»

Index AI: AMR 51/054/2006
http://web.amnesty.org/library/print/FRAAMR510542006
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Amnesty International publie ce mercredi 5 avril un nouveau rapport qui dénonce une opération secrète ayant consisté à arrêter ou enlever des personnes pour ensuite les transférer et les détenir de façon secrète ou les envoyer dans des pays où elles ont été soumises à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements. Le rapport montre que la Central Intelligence Agency (CIA, Services de renseignements) a utilisé des compagnies d’aviation privées et des sociétés écrans pour garder le secret sur ces vols à des fins de «restitution».
Le rapport États-Unis. Hors de portée des radars: vols secrets, torture et «disparition» montre que la CIA recourt à des pratiques en matière d’aviation qui lui permettent de ne pas déclarer des vols aux autorités aériennes. Il présente la liste de dizaines de destinations à travers le monde où des avions utilisés à des fins de «restitution» ont atterri et décollé, et de compagnies d’aviation privées autorisées à atterrir sur des bases militaires américaines dans le monde entier.
Amnesty International a recensé près de 1000 vols directement liés à la CIA, dont la plupart ont utilisé l’espace aérien européen. Ces vols ont été assurés par des avions qui sont manifestement utilisés de manière permanente par la CIA par l’intermédiaire de sociétés écrans. De plus, 600 autres vols ont été opérés par des avions dont il a été vérifié qu’ils ont été utilisés au moins de temps à autre par la CIA.
Le rapport donne des précisions sur des destinations et des propriétaires d’avions utilisés pour transporter des personnes qui ont fait l’objet d’un transfert illégal, et qui ont pu être interrogées par Amnesty International. Ainsi, on sait qu’un certain avion s’est arrêté plus de 100 fois à Guantánamo. Un autre a emmené Abu Omar d’Allemagne en Égypte après son enlèvement en Italie. Les propriétaires de cet aéronef ont admis l’avoir loué à la CIA, mais ils ont précisé qu’il n’est pas utilisé exclusivement par ce service. On dénombre, entre février 2001 et juillet 2005, 488 atterrissages ou décollages en rapport avec de tels agissements.
«Le gouvernement étasunien tente de se soustraire à l’interdiction de la torture et des autres mauvais traitements de nombreuses façons. Les dernières preuves obtenues montrent qu’il manipule des accords commerciaux pour pouvoir transférer des personnes en violation du droit international. Elles montrent jusqu’où il est prêt à aller pour cacher ces enlèvements», a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International.
Le rapport lève une part du mystère qui entoure la pratique des «restitutions». En raison du caractère secret des opérations de «restitution» il est impossible de savoir combien de personnes ont, dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», été arrêtées ou enlevées puis transférées dans d’autres pays, détenues de manière secrète et torturées. D’après les informations provenant des gouvernements mêmes ce nombre est probablement de l’ordre de plusieurs centaines.
Le rapport se penche sur de nouvelles informations concernant des prisons clandestines de la CIA, surnommées «sites noirs», transmises à Amnesty International par trois Yéménites qui ont récemment été relâchés après deux ans de captivité. Ils pourraient avoir été détenus quelque part en Europe de l’Est ou en Asie centrale.
Muhammad Al Assad, Muhammad Bashmilah et Salah Ali Qaru ont passé treize mois dans une prison clandestine. Ils ont ensuite été transportés par avion au Yémen en mai 2005 et finalement relâchés le mois dernier.
«Leurs ravisseurs se sont donné beaucoup de mal pour empêcher ces hommes de savoir où ils se trouvaient, mais des indices tels que le climat, les horaires de la prière et les temps de vol nécessaires pour se rendre sur le site et pour en repartir laissent penser qu’ils ont peut-être été détenus en Europe de l’Est ou en Asie centrale, a précisé Anne FitzGerald, conseillère spéciale en matière de recherches à Amnesty International. En l’absence d’informations complémentaires venant du gouvernement étasunien et des autorités européennes il est cependant impossible de déterminer le lieu exact.»
La «restitution» consiste à transférer illégalement une personne d’un pays dans un autre en se passant de tout contrôle judiciaire et administratif. Dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», cette pratique vise généralement à faciliter l’interrogatoire des suspects en se plaçant hors de portée de la loi.
«Les "restitutions" ne consistent pas simplement à transporter des personnes soupçonnées de terrorisme d’un lieu dans un autre en évitant les obstacles bureaucratiques. Ce terme ne rend pas compte des nombreuses violations des droits humains qui les accompagnent, a déclaré Irene Khan.
«La plupart des victimes de cette pratique ont d’abord été arrêtées et placées en détention de manière illégale. Un grand nombre ont été enlevées, privées de tout accès à une procédure judiciaire, et ont ensuite "disparu". Toutes les personnes interrogées par Amnesty International ont dit avoir été soumises à des tortures et à d’autres mauvais traitements.
«Ces violences multiples, cruelles et calculées sont effroyables. Les personnes capturées sont soumises à de nombreuses atteintes aux droits humains commises par un certain nombre de gouvernements complices, et tout cela est entouré de secret et de mensonges, a ajouté Irene Khan.
«Le rapport montre qu’il n’est tenu aucun compte des procédures d’arrestation et d’extradition, de l’interdiction de la torture et des autres mauvais traitements, ainsi que des règles en matière d’aviation: en bref, l’état de droit n’est plus respecté.»
Amnesty International lance un avertissement: les États qui tolèrent que ces avions atterrissent sur leur territoire, et les compagnies qui opèrent ces vols risquent d’être complices de graves atteintes aux droits humains.
L’organisation demande instamment que le transfert de tout détenu vers un autre pays respecte les garanties existantes; il faut notamment que soit appliquée la règle du contrôle judiciaire et que soient utilisés des avions de l’État.
«Tous les gouvernements doivent empêcher la détention secrète et la pratique de la "restitution", enquêter sur ces agissements et déférer à la justice ceux qui sont soupçonnés d’en être responsables», a déclaré Irene Khan.
Amnesty International a exhorté le secteur de l’aviation à prendre immédiatement des mesures spécifiques pour que les compagnies aériennes ne louent pas des avions lorsqu’ils risquent d’être utilisés pour des «restitutions». Ces compagnies ont la responsabilité de veiller à être informées de l’utilisation finale de tout aéronef qu’elles louent et de tout vol qu’elles opèrent, et de veiller à ce qu’ils ne soient pas utilisés pour commettre des violations des droits humains.
Amnesty International demande aux gouvernements:
- d’exiger que les vols, par avion ou hélicoptère, utilisés pour mener des missions des services de renseignements soient déclarés comme étant opérés par l’État, qu’il s’agisse ou non d’aéronefs civils;
- d’interdire l’utilisation de l’espace aérien et des aéroports pour des «restitutions», et d’enquêter activement sur les cas présumés de «restitution»;
- de révéler toute l’ampleur de ces pratiques et ce qu’il est advenu de tous ceux dont on ignore toujours où ils se trouvent.

REMARQUE
Estimation du nombre des victimes de «restitutions»
Le Premier ministre égyptien a fait observer en 2005 que les États-Unis avaient transféré environ 60 à 70 détenus en Égypte seulement, et un ancien agent de la CIA ayant une bonne connaissance de la région pense que «des centaines» de détenus pourraient avoir été envoyés par les États-Unis dans des prisons de pays du Moyen-Orient. Les États-Unis ont reconnu avoir capturé près de 30 suspects «de grande valeur» - on ignore toujours où ils sont détenus -, et la CIA enquêterait sur une trentaine de cas de «restitutions erronées» - il s’agit de personnes qui ont été arrêtées sur la base de fausses informations ou en raison d’une confusion concernant leurs noms. Veuillez également vous reporter au document USA: Human dignity denied: Torture and accountability in the "war on terror" (index AI: AMR 51/145/2004) http://web.amnesty.org/library/Index/ENGAMR511452004.
Le rapport États-Unis. Hors de portée des radars: vols secrets, torture et «disparition» (index AI: AMR 51/051/2006 - Résumé) est disponible sur le site de l’organisation, à l’adresse suivante: http://web.amnesty.org/library/index/FRAAMR510512006.
Amnesty International fait campagne pour qu’il soit mis fin à la torture et aux autres mauvais traitements dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme». Pour obtenir des informations à ce sujet, rendez-vous sur la page d’accueil de la campagne, à l’adresse suivante: http://efai.amnesty.org/torture.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org


Posté par brich59 à 22:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]