mardi 10 octobre

Refuser la misère à Lille

oct172Ce mardi 10 Octobre 2006 à 11 h 30 dans le Salon d'honneur de la Ville de Lille, mon amie Latifa Kechemir, adjointe au Maire déléguée à la lutte contre les exclusions, expliquera comment la bonne ville de Lille prend part à la journée du 17 octobre, i.e. la
Journée mondiale de refus contre la misère.

À Lille, cette grande journée commencera avec son « lancement symbolique » depuis l'hôtel de Ville, en présence des associations impliquées et des citoyens de la Ville. Durant la semaine, de nombreuses initiatives seront développées dans chaque quartier de la ville : repas solidaires dans les Mairies de quartier, découvertes des associations qui agissent au quotidien pour combattre les exclusions, rencontres des habitants pour échanger sur des thèmes liés à la solidarité... Un village associatif se tiendra également Place Rihour le Samedi 21 octobre de 10h à 16h, village dans lequel de nombreuses associations présenteront leurs actions quotidiennes pour combattre les exclusions, apporter aide et soutien aux personnes dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle.


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samedi 07 octobre

Collusion et détournement. À propos d'une enquête sur une "affaire d'État"

TVmagCouvLu sur TV MAG.COM :
« affaire d'État » secoue notre pays !

Ça fait la couverture et c'est à la Une. Je cite :

Béatrice Schönberg : pour ou contre son départ ?
Enquête sur une « affaire d'État »

C'est officiel. Le 25 février prochain, Béatrice Schönberg présentera son dernier JT sur France 2. Logiquement, la journaliste devrait retrouver son poste après le second tour de l'élection présidentielle, mais l'annonce de son départ a provoqué un coup de tonnerre. Syndicats et parlementaires s'affrontent. Gros plan sur une tempête.

On appréciera la dramatisation forcée et déplacée de l'événement : on commence par dire que Béatrice Schönberg présentera son dernier JT sur France 2 le 25 février, pour ajouter aussitôt que ce ne sera pas son dernier JT... Le style journalistique n'est plus ce qu'il était ! Mais ce n'est pas de cela que je voulais parler. Ce qui me semble remarquable, c'est qu'en exhibant l'"événement", on le cache, on en cache la réalité profonde.

L'autre jour je vous disais ma satisfaction de voir évité un cas trop flagrant de collusion façon UMP. Je ne croyais pas si bien dire : la Socpresse [=groupe Dassault qui détient 100% du capital de la Socpresse, =Le Figaro, =TV Magazine, =...] s'empare de l'affaire et en fait donc une affaire d'État.
C'est sûrement justifié, puisque Serge Dassault, président et directeur de la Socpresse, a expliqué que les journaux devaient diffuser des "idées saines" (France Inter le vendredi 10 décembre 2004, et Le Monde daté du 13 décembre). Et Dieu sait si c'est malsain de pratiquer la collusion comme le fait l'UMP depuis trop longtemps ! On saluera d'autant la décision de TV Magazine quand on saura que  Serge Dassault est sénateur UMP. Donc, chapeau !

Lisons TV Magazine.

D'abord, on apprend que Béatrice Schönberg n'est pas virée. Ouf ! Seulement, elle fera autre chose, moins en prise avec le débat politique, histoire, pour elle, de ne pas mélanger boulot et vie de famille. Fort bien et respectable.
Puis c'est le gouvernement, par la bouche de Jean-François Copé, qui souhaite mettre fin à la "petite confusion des genres", pratiquée par les parlementaires UMP, sur les rapports entre les politiques et les journalistes.

Cop_Fort bien ! Sauf qu'on a du mal a croire qu'un groupe de 66 députés UMP (+1 UDF qui passait par là) ait pu commettre cela sans que le gouvernement ou quelque ministre soit au courant... Mais on doit croire Monsieur Copé : n'est-ce pas lui qui a promis de toujours parler vrai ? Il est vrai qu'il a écrit sa promesse dans un ouvrage paru dans une collection dénommée "littératures" !

Bon, ça encore, la langue de bois et le mensonge politique, on est quasiment blasé et blindé ! Non, ce qui mérite une remarque dans le dossier de TV Magazine, ce sont les réactions de Christine Ockrent ou encore de Laurence Ferrari, deux journalistes de l'audiovisuel. La première "récuse absolument [...] l'idée qu'une femme doive soumettre son parcours professionnel à sa vie sentimentale. Le jour où l'on demandera la même chose à un homme, on en reparlera... En attendant, on verra si François Hollande se retirera au profit de Ségolène Royal." La seconde, elle, a "envie de renverser la situation et de poser la question à l'envers : n'était-il pas envisageable que Jean-Louis Borloo se retire de la campagne et se mette en disponibilité de la République ? C'est là toute la question de la parité dans notre société et je trouve bien dommage que ce soit à la femme de se mettre en retrait de son métier, même temporairement." Ainsi donc voilà le problème, voilà LA question !

No comment !

Juste pour constater qu'encore une fois, hélas, le "féminisme" a pour fonction de passer au second plan, voire d'occulter simplement les véritables problèmes. Le féminisme comme "divertissement" - au sens pascalien du terme... Bref, la "belle montagne" aura accouché d'un lièvre, un lièvre un tantinet usé mais toujours actif !
Tiens, lisez ma chute : Les journaux doivent diffuser des "idées saines", disait ce bon Monsieur Dassault, car, expliquait-il en suivant et sans rire, "nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche". Alors, c'est pas beau la presse UMP ?


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lundi 02 octobre

Travailler la mémoire

Pourquoi M. Chirac agit-il ainsi, demande Béatrice Gurrey, journaliste au Monde ?
LeMondePatrick Devedjian, député UMP, répond vraiment très franchement : "Il se met en conformité avec un domaine où il a été irréprochable, celui du travail de mémoire. Je pense que cette déclaration est un moyen de laisser une trace dans l'histoire. Je crois aussi qu'il a pris acte de la réticence de l'opinion française à l'égard de..."
Quoi, ça y est ? Le Président n'a pas oublié sa promesse de début de quinquennat ? Il n'a pas oublié ! Le Président a engagé la réforme du statut pénal du chef de l'État comme il l'a promis il y a cinq ans ! Formidable ! magnifique ! Vraiment, Jacques remonte dans mon estime ! Et dire qu'il y a cinq ans j'ai voté pour lui contraint et forcé !

Quoi ? Ah bon ?! C'est pas ça !?
Pourtant, j'aurais cru ! Il l'avait promis, à haute et intelligible voix ! Et sa promesse avait d'autant plus de valeur que cette réforme ne devrait pas arranger ses affaires personnelles, si jamais elle allait jusqu'au bout du démocratiquement et éthiquement souhaitable ! Mince ! Je me suis encore fait avoir ! Quel couillon je suis !

Alors c'est quoi le travail de mémoire dont parle l'UMP Devedjian ?
Le génocide arménien ? D'accord : il s'agit de la mémoire des autres, celle des Turcs !
Je crois que Chirac se paye ma tête.

Tout ça me fait penser à l'Athènes du cinquième siècle avant JC : entre le comportement dedans et le comportement dehors, il y a contradiction. Démocrate au dedans (enfin, là, il faut relativiser tout de même, seule une petite partie des athéniens étaient "égaux") et impérialiste au dehors. Comme les USA aujourd'hui. Et bien Chirac, c'est pareil, sauf que c'est le contraire : éthiquement irréprochable au dehors, mais au dedans...


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Prévention de la délinquance : retrait du projet de loi

manif[pour le texte, reprise du message du
Collectif National Unitaire]

Le projet de loi de prévention de la délinquance est en cours d'examen au Parlement (voir les dossiers du Sénat et de l'Assemblée Nationale)...

7170592De très nombreuses réactions opposées au projet et à ses principaux aspects se sont accumulées : le Conseil Supérieur du Travail Social, la CNIL, l'ordre des Médecins, de nombreux syndicats et associations professionnels, le CNU, des associations de malades et des organisations familiales, ainsi que de nombreux maires et des organisations politiques.

Quelques exemples des principales mesures prévues par le projet:

LE MAIRE
echarpemaireLes maires responsables de la prévention de la délinquance se voient attribuer des pouvoirs étendus de contrôle et de sanction.
Au nom de la prévention avec l'article 5, le secret professionnel sera levé au profit du maire qui aura droit d'accès aux données individuelles concernant les usagers des services sociaux et médico-sociaux : ce qui aura été confié à une assistante sociale, un médecin, un éducateur pourra se retrouver sur le bureau du Maire au nom de la prévention de la délinquance.
Il s'agit là d'une atteinte grave aux droits des usagers qui menace la prévention basée sur une relation de confiance et instrumentalise le travail social et celui des professionnels de santé, de l'éducation. Pouvoir de demander la suspension des allocations familiales, convocation devant un conseil des droits et devoirs des familles, rappel à l'ordre: condamnation à des stages de responsabilité parentale.
Les maires auront également accès au fichier des malades mentaux et devront tenir un fichier sur la scolarité des enfants domiciliés sur sa commune.

LA JUSTICE DES MINEURS
Helder3En matière de justice des mineurs c'est la répression qui se substitue à la prévention en appliquant des procédures qui relèvent de la justice des majeurs avec par exemple une procédure de type comparution immédiate ce qui exclut toute prise en compte du contexte de vie du jeune.

PSYCHIATRIE

7067403Alors que 800 postes de médecins psychiatres hospitaliers sont vacants, les malades mentaux sous contraintes seront considérés comme dangereux a priori et feront l'objet d'un contrôle renforcé (fichage, information du maire). Les soins psychiatriques se voient instrumentalisés au nom de la sécurité publique.


AU TRAVAIL

stop_your_nameLe Procureur de la République pourra faire effectuer sur de nombreux lieux de travail des contrôle d'identité et des dépistages sanguins "si il existe une raisons plausibles de soupçonner qu'elles ont fait usage de stupéfiants" au mépris du rôle de la médecine professionnelle et des Instances du personnel (Comité Hygiène et Sécurité).

LUTTER CONTRE UN PROJET SECURITAIRE
Avec toutes ces dispositions qui touchent à de nombreux aspects de la vie quotidienne de chacun, se dessine les contours d'une société où les impératifs de la Sécurité Publique, le contrôle des populations notamment les plus défavorisées, la surveillance généralisée, l'emportent sur la prévention et l'éducation.

RÉSISTONS ENSEMBLE

manif_vers_gaucheLes organisations soussignées appellent les professionnels directement concernés et l'ensemble des citoyens attachés aux libertés publiques, à se mobiliser unitairement, le plus largement possible, et à rendre visible tous ensemble notre exigence du retrait de ce projet de loi en participant à une


JOURNÉE NATIONALE
D'ACTION ET DE GRÈVE
DANS LES DÉPARTEMENTS
10 OCTOBRE 2006


COLLECTIF NATIONAL UNITAIRE
(CGT, FSU, Solidaires, LDH, SUD Santé-Sociaux, SUD C-T, SNPES-PJJ, SNEPAP, SNUAS-FP, SNU-Clias, SNES, SNUIPP, SNMPMI, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Union Syndicale de la Psychiatrie, Syndicat National des Psychologues, CNT, A.C.!, Collectif des Etudiants en Travail Social...)


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mercredi 27 septembre

Le collusioneur collusionné !

canard060927

Excellent ! Selon le Canard enchaîné, Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio fricote avec la paranoïa. Témoin, l'engeulo passé au staff policier du 9-3 l'autre jour. Lisez donc le Canard d'aujourd'hui !

On peut y lire ceci.
"Il nous a sorti la grande thèse du complot", explique un chef de service présent à la réunion. "À savoir que ses ennemis (…) cherchaient à s'en prendre au candidat à l'Elysée"...

Alors là ! Excellent ! Je jubile !  Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio, (je traduis : Sarkozy, Roi de la collusion, lui-même collusion de collusions), s'avoue victime du principe de ... collusion !

Excellent ! C'est le coup de l'arroseur arrosé !

Le grand principe de la morale laïque (voyez la Métaphysique des mœurs de ce cher Kant), principe d'universalité, est que « je dois toujours agir de telle sorte que je puisse aussi vouloir que ma maxime devienne une loi universelle ». Trivialement, ça peut donner : je n'inflige pas à autrui ce que je ne voudrais pas qu'autrui m'inflige. Quelque chose comme ça. Eh bien, notre Nicolas ne semble pas convaincu du bien-fondé de ce principe. De deux choses l'une :

  • soit il arrête de jouer du principe de collusion ;
  • soit il accepte d'en être victime.

Pas beau joueur, le mec !

Je propose que quelqu'un de l'UMP, quelqu'un qui aurait fréquenté ce voyou de Kant, lance une souscription pour offrir un exemplaire de la Métaphysique des mœurs à son patron. Ou juste faire une impression de la traduction Delbos, disponible sur le net (lien plus haut).


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mardi 26 septembre

La collusion ne passera pas !

Lu dans la presse avec satisfaction.
Un cas de collusion UMPienne possible sera évité : Madame Borloo, alias Béatrice Schonberg, ne servira pas la soupe médiatique à Monsieur.
Faut dire que c'était un peu gros ! Quoiqu'avec notre ami Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio, et sa cour UMP, on peut s'attendre à tout. Regardez à Marseille l'autre jour.
Mais là, le lièvre était vraiment trop gros ! Un vrai lapin des Flandres !

leMonde_DhombresQuoique !
Quoique !
Comme le révèle Le Mon- de daté de ce 26 septem- bre 2006, dans un article de Dominique Dhombres, savoureusement intitulé "Encore un coup des bolcheviks sur France 2", « c'était compter sans le zèle de 52 députés UMP qui réclamaient son maintien, quoi qu'il arrive, pendant la campagne. Dans une lettre adressée à Patrick de Carolis, président de France Télévisions, rendue publique le 15 septembre, ils s'indignaient d'un " congé " assimilé à un " délit d'opinion ". Avec un sens incontestable de la litote, ils évoquaient une mesure digne d'une " démocratie populaire des années 1950 ". Il est donc avéré, puisque l'intéressée sera absente deux mois des journaux télévisés de fin de semaine, que la France ressemble désormais à la Bulgarie de Todor Jivkov ou à la RDA de Walter Ulbricht. »

Quand je vous dis que la collusion est une culture à l'UMP !


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vendredi 22 septembre

Opinion et institution

Tôt ce matin, j'ai entendu un journaliste (France Info ou France Inter ?) dire que le ministre responsable du respect de l'ordre dans notre bon pays avait joué l'opinion contre les institutions, validant du même coup l'affirmation dudit ministre selon laquelle il disait tout haut ce que tout le monde pense en son fors intérieur (à savoir que la justice n'est pas assez répressive, etc.)...
Deux choses à dire rapidement là-dessus.

  1. Le terme opinion connaît une acception philosophique ancienne (cf. Platon) : l'opinion (la "doxa") fonctionne dans l'ordre de la vraisemblance, de ce qui "semble vrai", par opposition à ce qui est vrai ou vérifié (ordre de la science). En gros, l'opinion, c'est ce qui est simple à penser et ce qu'on a envie de croire sans réfléchir. Souvenez-vous de l'affaire d'Outreau.

  2. Le terme opinion connaît une acception socio-politico-médiatique contemporaine (cf. les enquêtes d'opinion) : l'opinion fonctionne dans l'ordre de la viabilité (du projet) politique, par opposition à la détermination raisonnée des responsables politiques. On est dans une opposition de type "gens de la rue" contre "élus au pouvoir". On est dans la construction de l'homme politique comme étant celui qui "ose parler", qui "ose dire tout haut...", celui qui a le courage de dire ce qui ne va pas, celui qui parle sans tabou, etc. Pensez aux pratiques lepénistes.

Ce qui est formidable avec notre ministre, c'est qu'il roule sur les deux acceptions dans le même mouvement, masquant les défauts épistémologiques de la première par la soi-disant force politique de la seconde. Le roi de la collusion - j'ai nommé notre Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio - pratique la collusion des deux acceptions du terme opinion. Quoi de plus normal, en somme ! La collusion est une seconde nature chez lui. D'ailleurs, quand il dit ce qu'il dit concernant le travail de la Justice, il parle en tant que ministre, en tant que responsable du parti politique créé pour soutenir l'action de Jacques Chirac, en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle, en tant qu'avocat, en tant qu'homme de la rue et de l'opinion ? Le sait-il lui-même ?

Tiens, si j'était lui, je proposerais le rétablissement de la peine de mort. Tout simplement parce que sa suppression avait été obtenu, en 1981, contre l'opinion publique (et contre l'avis de l'actuel Garde des Sceaux, alors jeune député à l'écoute de sa ruralité, mais c'est une autre histoire [cf. Le Canard Enchaîné de cette semaine]). En tout cas, je n'ai pas entendu le Garde des Sceaux défendre avec toute la fermeté qui conviendrait ici les juges conter les attaques de son collègue de l'Intérieur...
euh pardon : du patron de son parti politique...
euh pardon : de celui qui se voit bientôt Président de la République !


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jeudi 21 septembre

"Drames du divorce"

fish_divorceRécemment, deux "faits divers" ont ensanglanté notre beau pays des droits de l'humain... À Tourcoing d'abord, puis le lendemain je ne sais où. Peu importe d'ailleurs que ce soit à Tourcoing ou ailleurs. L'histoire est simple et tragique et universelle, hélas ! : un père, craignant le déni de paternité, tue ses enfants avant de se suicider. On appelle ça d'habitude les "drames du divorce"...

Il y a maintenant presque vingt ans, j'étais père de deux enfants de cinq et sept ans et ma femme se découvrit homosexuelle lors d'une relation cachée avec l'une de ses élèves de première... Elle s'absentait régulièrement du domicile familial, pour vivre à l'aise sa passion pédophile, certes sous des prétextes fallacieux (club théâtre et autres subterfuges lycéens)... Le père et les enfants s'en accommodaient : elle avait l'air si heureuse ! Parfois, elle partait plusieurs jours, sans dire où elle était, sans faire savoir où nous pourrions la joindre en cas de problème... Un jour l'un de mes garçons me fit remarquer que j'étais capable, moi son père, d'être à la fois son père et sa mère ! Père par "nature" et mère par forfait !

Elle finit par demander le divorce et eut gain de cause, c'est-à-dire obtint la "garde" de nos deux enfants. En première instance, comme on dit !
Que dire de cette justice des "affaires matrimoniales", si bien nommée, qui attribue d'office à la mère la responsabilité parentale, déniant au père la capacité à l'assumer seul.
Que dire de ces juges qui se satisfont d'"enquête sociale" bâclée, bourrée de contrevérités flagrantes à l'oeil nu ?
Que dire de ces juges qui croient ce que prétendent d'improbables témoins ?
Que dire ... ?

Ma voisine, une dame de la cinquantaine, trouvait ça normal : les enfants à la mère, le père étant appelé à "refaire sa vie" ! Telle était la destinée tracée pour les femmes et pour les hommes ! Pauvre voisine, pauvre femme ! Toute sa vie avait été vouée à l'éducation des enfants, parce que sa mère avait subi le même sort, et sa grand-mère aussi... Quand je lui disais que j'aimais mes enfants et que je voulais vivre avec eux, même sans ma femme, m'occuper d'eux, leur faire à manger, laver leur linge, etc., elle ne me croyait même pas ! Inconcevable pour son cerveau endigué de femme formatée !

C'est à ce moment-là que j'ai failli craquer. Quand je dis 'craquer', je veux dire attenter à ma vie. Pas à celle de mes enfants. Ceci dit, je ne suis pas allé jusqu'à l'extrémité du geste, à cause d'un étonnant mélange de rage contre elle et d'amour pour eux.

Je fis appel, n'ayant rien, mais vraiment rien, à me reprocher qui aurait pu inciter mon épouse à se plaindre de moi... Car, lors de la première instance, j'étais devenu, comme il convient en pareil cas, alcoolique, violent, dragueur, et j'en passe... Comme elle n'avait - et pour cause - aucune preuve de ce qu'elle avançait (malgré la tonne de "témoignages" qui étaient avancés comme "preuves" [Voltaire, reviens vite ! Ils sont devenus fous !], et bien qu'elle ait tenté, par exemple, de me porter préjudice sur mon lieu de travail, ce qui avait déclenché des réactions en chaîne incontrôlables), je décidais d'interjeter appel, comme disent tous ces avocat(e)s et autres avoué(e)s qui s'enrichissent indûment sur le dos du malheur conjugal de bien des gens... Bref, je finis par avoir gain de cause. La justice reconnaissait que ma belle épouse y était allé trop fort dans le genre dénigrement non fondé et que c'était bien elle qui avait créé la situation à partir de laquelle le divorce était la seule solution possible etc. J'ai donc eu droit à des "dommages et intérêts" ! La belle affaire : la justice, pour reconnaître ses erreurs, ne décidait pas pour autant de les réparer complètement ! Justice certes, mais des affaires matrimoniales ! Mon épouse dut donc me verser des dommages et intérêts mais conservait la garde de mes enfants, enfants que je n'avais jamais abandonnés un seul jour, une seule nuit... L'argent, la reconnaissance de non-culpabilité, je m'en foutais comme de l'an quarante ! La seule chose qui m'importait, assumer ma responsabilité de père au quotidien, ce pourquoi je m'étais battu malgré ces avocats complices de ces pratiques machistes et trop contents de s'enrichir, cela ne m'était pas accordé !
Presque vingt ans après, la gorge me serre encore du seul seul fait d'y penser...

La voilà, la justice française des affaires matrimoniales, cette justice qui broie tant de pères, pratiquant le déni de paternité comme pour se débarrasser d'un problème épineux... Certes, je ne connais pas les détails existentiels des deux drames récents. Certes, il y a mille et une raisons de commettre de tels crimes contre ses propres enfants et contre soi-même. Certes. Mais une machine judiciaire aussi sexiste, voire machiste, ne saurait produire de débats familiaux sereins. Et seule la sérénité laissera la justice, la vraie, faire son œuvre, débarrassée qu'elle devrait être de la prise en considération des témoignages de complaisance et d'enquêtes sociales bâclées et de l'acceptation aveugle d'un matriarcat d'un autre âge, digne du Pétainisme le plus rétrograde ! Mais tant que cela n'advient pas, comment s'étonner de ces "drames du divorce" qui se répètent décidément trop souvent "au pays de Voltaire et d'Hugo" ?


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dimanche 17 septembre

Dieu que les humains sont bêtes !

Quelle misère !

C'est comme l'histoire des caricatures : un épiphénomène déclenche une tempête qu'on tente de calmer ou pas mais en en restant au niveau de l'épiphénomène !

pape2Le Pape a déclenché une tempête en citant un texte du fin XIVème/début XVème, un texte où, dans une conversation avec un érudit de confession musulmane, un empereur chrétien affirme que, dans le Coran (2-256), "il n'est nulle contrainte en matière de foi" (le texte de l'allocution du pape est ), ce qu'on pourrait traduire, en langage d'aujourd'hui, en disant que la foi justifie tout en dernier recours, la foi, elle, n'ayant pas à être justifiée.
Les pédants et les philosophes diront que la foi transcende tout. Tout, c'est-à-dire aussi la "raison", qui,
comme dirait le bon vieux Kant, peut être "spéculative" (et alors elle cherche à déterminer les critères du vrai), "pratique" (et alors elle cherche à déterminer les critères du juste) ou "esthétique" (et alors et alors elle cherche à déterminer les critères du beau). Dire que la foi ne subit aucune contrainte, pas même celles de la raison, revient ainsi à dire que c'est la foi qui décide de ce qui est vrai, de ce qui est juste et de ce qui est beau. Galileo_GalileiL'occident chrétien a bien connu cette transcendance- là, qui a condamné G.Bruno, N.Copernic, G.Galilée etc. parce qu'ils avaient "raison" mais sans respecter le dogme établi qui, pratiquement, fondait la foi, parce qu'ils avaient raison contre la foi...
Mais là, on voit qu'on tourne en rond ! Car la bonne question est : qui a décidé du dogme. C'est, fondamentalement, tout le problème de l'écriture révélée qui gît en soubassement des trois grandes religions, la juive, la chrétienne et la musulmane (énumérées ici dans l'ordre d'apparition sur l'écran de l'histoire mondiale) : qui a décidé que tel(s) "livre(s)" était "Le Livre" ? La réponse est très (trop) simple si on a la foi : on répond que c'est Dieu qui a décidé etc. Mais alors comment tolérer que d'autres disent la même chose d'un autre dieu pour d'autres textes ? Elle est tout aussi simple si on est mécréant absolu ou athée intégral, mais alors la question change de quartier et glisse du côté des philologues et des historiens, où elle nécessite l'usage de la raison qui fonctionne selon ses propres normes internes, la raison autonome, la raison délivrée de l'emprise de la foi. Le travail fait dans les siècles passés sur l'histoire des texte de l'Iliade et de l'Odyssée a produit des résultats riches d'enseignements et devrait conduire les croyants à se poser la question : qu'est-ce que je fais de ce que je sais quand le savoir ne dit pas la même chose que ce que je crois, que ce à quoi l'autorité religieuse me contraint de croire ?

Bref ! Le problème n'est pas là aujourd'hui : il est dans la démesure des réactions à un discours qui parle des rapports entre foi et raison dans les termes de la philosophie chrétienne du premier Moyen-Âge (sujet scolastique s'il en est !) à aujourd'hui (sujet scolaire s'il en est !). Démesure en effet si on remet les choses en place, à leur place. Le Pape évoque donc cette problématique des rapports foi/raison, en soulignant, citation à l'appui, que la religion musulmane considère que la voix divine est supérieure à toutes les autres voix, fussent-elles celles de la raison. Mais, dans le procès de Galilée, par exemple, dans les menaces de tortures qu'il a proféré contre le savant, l'inquisiteur ne se disait-il pas détenteur de la voix divine ? Ne parlait-il pas au nom de Dieu et du Pape ? Ne jouait-il pas le rôle de "pro-phète" de Dieu, c'est-à-dire de celui qui parle au nom de Dieu ?

Reprenez votre bouquin d'histoire et regardez les "croisades" : n'est-ce pas au nom de la défense de la religion et in fine au nom de Dieu que la grande boucherie médiévale a été organisée ? Etc.

"La conviction qu'agir contre la raison est contraire à la nature de Dieu", prétend le Pape. On pourrait aller jusqu'à dire qu'il a raison, sauf que nous ne parlons pas, lui et moi, de la même raison.

Regardez, quand Bush déclare la guerre aux mécréants, n'invoque-t-il pas Dieu dans sa déclaration de guerre ? Et si le Pape n'a pas tort, Karl_Marxil nous faut trouver de quel argument de raison se sert Bush ?

Vous avez trouvé ?

Mais oui, mais c'est bien sûr : la raison économique, la raison pétrolifère par exemple...

Saint Marx, priez pour nous !



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