lundi 21 mai

Le silence est une caution...

UMPflicsC'était vendredi 18 mai,

au début de l'émission Là-bas si j'y suis,

parmi les messages déposés sur le répondeur par des auditeurs,

un témoignage de la violence policière à Montpellier...

Le silence est une caution...


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dimanche 20 mai

Ruptures intestines...

En fait, il est clair, depuis l'intronisation de Nicolas Ier et l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, que la fameuse rupture dont ils parlaient ne concerne pas du tout l'ensemble du fonctionnement politique français, mais vise seulement une différence de modes d'action dans le fonctionnement de l'Élysée et du Matignon des cinq dernières années. Il est clair qu'il ne s'agit pas de se distinguer des idéaux et des objectifs d'action de la droite représentée - que Nicolas Ier le veuille ou non - par la bande Chirac, Juppé, Borloo, Alliot-Marie, Bertrand, Darcos, Bachelot, Sarkozy (si si, il était même Ministre d'État, n° 2 du gouvernement Villepin ; mais il ne s'appelait pas encore Nicolas Ier ! juste Rastignac II), Fillon et consorts... Nous sommes toujours dans une politique de continuité du point de vue de l'objectif à atteindre : l'enrichissement des riches et l'appauvrissement des pauvres, comme au Monopoly ! Non, la rupture revendiquée par Nicolas Ier, c'est une différence pragmatique, juste dans la façon de s'y prendre. Et ce qui se voit de cette différence aujourd'hui, c'est :

  • le carnet d'adresses de Sarkozy (depuis trente ans qu'il hante les couloirs des pouvoirs - parti politique, collectivité locale, gouvernement - il a eu le temps de se faire plein de copains, patrons de presse, propriétaires de yachts, etc.) ;

  • l'apparence d'ouverture dans le constitution de l'équipe gouvernemental (comme dit l'AFP [19/05/2007 08h09], "les éditorialistes de la presse nationale et régionale créditent Nicolas Sarkozy d'une certaine habileté dans l'élaboration d'un "séduisant" gouvernement Fillon, principalement marqué par son "ouverture" et sa "parité""), mais, quoi qu'en disent les médias médusés et aveuglés, il s'agit bien d'une apparence et, encore une fois, il y a duperie, le seul objectif de Nicolas Ier étant de se démarquer de Chirac - ce que les éditorialistes ont vite fait de mettre en valeur, comme si "on" le leur avait commander !

  • l'apparence de parité qu'aucun des gouvernements sous Chirac n'avait mise en place... mais là aussi il y a tromperie sur la marchandise !

  • le premier ministre, lui, se présente au suffrage populaire, se démarquant ainsi de Villepin, le "premier-ministre-non-élu" comme lui ont reproché les sarkozistes quand il était en poste à Matignon ; chacun à son étage, il s'agit de montrer très ostensiblement (non non ce n'est pas un pléonasme !) qu'on change le fonctionnement de la politique !

  • le premier ministre, lui aussi (comme son patron), y va de sa larme ostentatoire ; l'AFP met ça bien en avant dans une dépêche : "le Premier ministre se dit "submergé par une émotion extrêmement forte qui se voit j'imagine" et essuie quelques larmes. "Je ne vous quitte pas, je ne vous abandonne pas, je ne vous trahis pas. Sablé, ça reste pour moi l'essentiel. Je sais que je dois tout aux habitants de Sablé"." (SABLÉ-SUR-SARTHE - 19/05/2007 13h30) ; pour un peu on pleurerait avec lui !

et puis il y a le footing ! le fameux footing... Vous remarquerez que le mot est américain et qu'aucun journaliste (à ma connaissance mais je peux me tromper - je l'espère même !) ne commente ce nouveau phénomène de la vie politique française comme il conviendrait ! Le mot est américain et la façon aussi ! La France comme copie de l'Amérique de Bush : pas mal non ! Chirac n'y avait pas pensé !
Hors l'idée d'acclimater les Français à l'idée qu'on a un remake US, Sarkozy Ier et son secrétaire particulier veulent nous faire le coup de l'esprit sain dans un corps sain, pas comme ce Chirac qui se prélassait sur les plages de l'île Maurice ou d'ailleurs...

D'ailleurs, je vais vous dire, moi, la vraie rupture sarkozienne : souvenez-vous ! c'était en juillet 2001, quand le Président de la République offrait des vacances aux journalistes pour les amadouer, les mettre à sa convenance... Relisez Le Canard Enchaîné du 11 juillet : vous y verrez une photo montrant Chirac "lézardant" sur une plage du Royal Palm à l’île Maurice en mai 1992, en maillot de bain et en compagnie d’Elisabeth Friederich, de l’AFP, et Françoise Varenne, du Figaro, en de semblables appareils. Comme ceux de Chirac, "leur voyage et leur séjour au Royal Palm sont intégralement pris en charge par l’AIMF" (Association internationale des maires francophones) dont une réunion de bureau ("bidon") sert de prétexte au séjour. "La séance de travail a été vite expédiée" rapporte Le Canard, et le communiqué de presse de l’AIMF sera "obligeamment repris par l’AFP et par Le Figaro". Ce cliché, paru dans Libé le 5 juillet 2001, a valu au quotidien plusieurs coups de fil de proches de Chirac tandis que Gamma, le diffuseur de la photo, refusait de la diffuser pour cause d’une mystérieuse "exclusivité". Le Canard précise que Gamma, filiale d’Hachette, est « sous la tutelle » d’Anne-Marie Couderc, ex ministre RPR et ex adjointe de Chirac à Paris. [là je cite une page d'Acrimed].

Ce qui n'a pas changé :
la collusion entre les médias et le pouvoir

La vraie rupture sarkozienne :
Chirac se débrouillait pour inviter,
Sarkozy, lui, il est invité !

Ce qui nous ramène au carnet d'adresses...


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TF1

requ_teHier, je cherchais l'adresse du site de TF1 pour vérifier une information (plutôt vérifier TF1 !). J'ai alors inscrit 'TF1' dans la petite fenêtre de recherche de mon Firefox préféré, et j'ai cliqué sur la loupe. J'ai alors obtenu le résultat suivant :

tf1

Surprise !
En fait, j'avais laissé le module de recherche sur l'extension du Conjugueur !
Bon, ça va, tout le monde peut hésiter !
Bref, j'ai ainsi appris que les verbes qui se rapprochaient le plus de TF1 sont, dans l'ordre : tuer, taire, taler, taper, tapir, tarer, tarir, tâter...top

Il y a vraiment des rapprochements terribles, comme dirait le Canard enchaîné !
Et vive Le Conjugueur !


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samedi 19 mai

L'ouverture et la parité

Titre de la dépêche AFP hier (17:39) :

Le gouvernement Fillon: majorité UMP, parité et ouverture.

AFP070518

  • Majorité UMP, OK.
    Le compte y est et, de toutes façons, l'UMP, c'est Nicolas (relire ceci).

  • Parité : ah bon ?
    On nous dit que, sur les quinze membres du gouvernement, il y a sept femmes.
    Ce qui est mathématique, c'est que sept c'est moins que la moitié de quinze, d'abord. L'arrondi du calcul est donc défavorable à la gente féminine.
    Ensuite, dans l'ordre protocolaire, la première femme apparaît en quatrième position ! Mieux, si vous observez bien, dans les cinq premiers ministres (hors le premier ministre, bien sûr), il y a une seule femme [Alain Juppé - Jean-Louis Borloo - Michèle Alliot-Marie - Bernard Kouchner - Brice Hortefeux], alors que dans les cinq derniers sur la liste, il y a un seul homme [Roselyne Bachelot-Narquin - Christine Boutin - Christine Lagarde - Christine Albanel - Eric Woerth]. Drôle d'équivalence, en vérité ! Il serait plus avisé de parler ici de symétrie en défaveur des femmes.
    C'est comme sur la photo ci-dessus : la majorité des femmes sont au derrière, au deuxième rang !
    Enfin, je sais pas vous, mais moi, je compte vingt et une personne autour de ce bon Nicolas. Ce qui fait qu'il est juste de calculer qu'il y a deux fois plus d'hommes que de femmes dans le gouvernement, comme on peut le compter sur la photo ci-dessus.
    Bref la parité est plutôt malmenée par notre Nicolas qui l'a promise. Peut-être par souci d'efficacité ?

  • Ouverture : ah ah !

    ManteCe gouvernement, disait hier soir le premier ministre (d'après de ce que j'ai compris), est riche d'opinions diverses mais pour appliquer sans faillir le programme électoral de Nicolas. Comme ouverture, c'est plutôt fermé, non ?
    En fait, à l'UMP sarkozienne, 'ouverture' est le nouveau mot pour 'traitrise' ou 'racolage'.
    Ou alors, tout bien réfléchi, je prendrais bien ici l'image de la mante religieuse. Vous savez pourquoi on l'appelle religieuse ? Parce qu'on a l'impression qu'elle prie quand elle replie ses pinces inférieures pour ... chasser. On peut se souvenir aussi de Petit Chaperon Rouge :
    - "Oh ! Nicolas, comme vous avez les bras grand ouverts !"
    - "Mais c'est pour mieux te manger mon enfant !"...

Bref, je suis ébahi de la façon dont les médias (TF1, LCI, Le Figaro, etc. bien sûr, mais aussi France Télévision au complet, AFP, etc.) nous débite, à la lettre près, le message que Sarkozy veut faire passer. Sans aucun recul. Pour argent comptant. Que des bouffons, quoi !

Oh regardez comme il court vite le Président !

Oh regardez toutes ces femmes au gouvernement !
Vive la parité ! Vive le Président !

Oh regardez la Dati, comme elle est méritante !
C'est justice qu'elle ait la justice !
Vive le Président !

Oh regardez comme il va tenir toutes ses promesses le Président !
Vive Lui !

Oh regardez : on dirait un gouvernement socialiste, tellement il est ouvert le Président !
Vive Nicolas Ier !

Etc.

Tout cela est bien nauséeux !


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vendredi 18 mai

Signes ostentatoires...

Quelle misère, toutes ces mises en scène qui veulent nous faire croire que Sarkozy est :

  • un homme comme les autres qui peut s'émouvoir et verser une larme bien visible ;

  • un père qui sait prendre son enfant dans les bras devant les caméras ;

  • un mari qui aime sa femme et le montre à la population, toujours devant les caméras ;

  • un jeune quinqua qui veut nous faire croire qu'il a l'esprit sain parce qu'il veut un corps sain ;

  • un chef d'entreprise qui sait récompenser la beurette méritante ;

  • etc.

Quelle misère aussi, cette porosité entre lui et les médias étalée au grand jour, avec ces journalistes de l'hebdomadaire Le Point et du quotidien Le Figaro promus à des rôles politiques, comme si leur rôle dans la propagande sarkozienne était récompensé au nez et à la barbe des gens qui ont la démarche pure et croient encore en la séparation des pouvoirs (y compris donc le quatrième). Quand je dis croire en la séparation des pouvoirs, je ne veux pas dire que les moralement purs sont niais au point de croire que cette séparation existe de facto. Ils ont juste la faiblesse de croire que c'est un idéal à atteindre, un principe régulateur à respecter...

Deux séries de signes ostentatoires :

  1. ceux qui ont pour fonction de fabriquer une image d'Épinal d'un homme qui n'a jamais fait que courir après son ambition, nous le montrant à la fois tendre et activiste, image idéal du gentil et compétent patron d'industrie, celui que tous les salariés voudraient avoir comme chef, en même temps qu'un gentil papa amoureux de sa femme, et sensible à la misère du monde, etc.

  2. et ceux qui ont pour fonction de faire accepter par l'opinion, doucement mais sûrement, la réalité (et donc, par un tour de passe passe bien connu en politique, sa légitimité de fait) de la confusion des pouvoirs, la servilité de certains médias vis-à-vis d'un pouvoir qui se donne de plus en plus les traits d'une monarchie à côté de laquelle celle de Tonton 1er finira par faire pâle figure...

Tout cela donne à la victoire de cet homme un autre sens que celui qu'on veut nous présenter (les Français auraient donné un signe fort de leur volonté de "changement"!), mais ce qui est fait est fait et il n'est pas question de revenir sur les résultats du vote populaire, même s'il est évident que la manipulation a été grandiose ; comme Chirac qui au lendemain de son élection de 2002 oublie qu'il a été élu grâce à ceux qui ne voulaient pas de lui... Voilà ce que m'inspire ce que j'ai vu, entendu et lu aujourd'hui. Encore n'en sommes-nous qu'au deuxième jour de l'ère Sarkozy !

En tout cas, concernant la larme démagogique à la lecture de la fameuse lettre de Guy Moquet, un petit commentaire. Les instituteurs et professeurs de France n'ont pas attendu le petit Nicolas pour faire connaître ce texte à leurs élèves. Non pas la larme démagogique d'un jour de celui qui veut se faire aimer des Français (chantons tous : "Sarkozy, nous voilà !" sur un air connu), mais le travail pédagogique de femmes et d'hommes qui ne visent que la liberté de conscience des enfants qu'on leur confie. Ces instituteurs et professeurs se sont d'ailleurs vu quelquefois intenter des procès ès idéologie par les bourgeois de France, parce qu'ils expliquaient que Guy Moquet était un jeune communiste, fils d'un communiste condamné par cette France qui a dû à Affiche_RougeLouis Aragon de connaître le courage de ceux dont les noms figuraient en lettres de sang sur L'affiche rouge. Ces noms aux consonances étrangères étaient ceux de membres de la Main d'œuvre Ouvrière Immigrée, la fameuse MOI organisée par le parti communiste français dans le cadre de la résistance. Des résistants présentés comme des immigrés criminels par la France envahie !
Le poème d'Aragon commence par ces mots : "Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes"... Alors, petit Nicolas qui se voit grand, ravalez votre larme qui coule comme une injure ! Écoutez plutôt Léo Ferré chanter !

Et puisque vous célébrez l'esprit de résistance, attendez-vous à ce que votre souhait soit entendu au delà de vos espérances : nous serons des milliers à résister à l'invasion ultralibérale que vous êtes en train de préparer et ma chronique de la révolte tranquille est, je l'espère, une infime gouttelette de cet océan qui va bientôt submerger notre pays.



jeudi 17 mai

Un philosophe peut-il se faire apôtre inconditionnel du politique ?

bogdanHier soir je me suis invité au lancement du festival Wazemmes l'Accordéon, où j'ai retrouvé mon collègue en musique Bogdan Nesterenko (photo), super accordéoniste qui vous fait chavirer avec une fugue du baroque allemand, un concerto pour violon du baroque italien aussi bien qu'avec une danse ukrainienne ! De retour à la maison, j'ai regardé l'émission de France3, Ce soir ou jamais, où débattaient quelques penseurs sur la question de l'héritage 68 (La fin de mai 68 ?) autour de Frédéric Taddeï. Parmi les débatteurs, beaucoup de gens intelligents et cultivés, comme Edwy Plenel, Daniel Linderberg, Philippe Corcuff, Jean Monod... Les écouter échanger fut un réel plaisir de l'esprit. Le problème, dans la partie d'émission que j'ai regardée (j'attends que le podcast soit disponible pour tout voir), ce fut l'intervention d'un certain Thierry Wolton, que je ne connaissais pas et qui se présentait comme "philosophe"...
68 Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre dans la bouche du soi-disant philosophe ni plus ni moins qu'un plaidoyer pour Nicolas Sarkozy, singeant la rhétorique qui a fait la victoire de ce dernier aux dernières élections. Moi qui suis sensible à la roublardise rhétorique en général, à celle que déploie la droite française depuis quelque temps en particulier (notamment la figure rhétorique de l'envers et la figure rhétorique du retournement), j'ai été littéralement interpelé par le discours de ce philosophe.
Il me semblait en effet que, pour schématiser, le philosophe avait au minimum une double mission en ce bas monde :

  • la première est de tenter de comprendre le fonctionnement du monde précisément ; ainsi les premières théories reconnues comme philosophiques (dites présocratiques) ont-elles consisté en des systèmes cosmologiques qui voulait exhiber le principe du monde organisé (le "cosmos") : selon l'un c'était l'eau qui était à l'origine du cosmos, selon un autre c'était l'air, etc. - sachant que le fonctionnement du monde n'est pas que physique mais aussi social (et là Rousseau, Marx et d'autres ont construit des systèmes qu'on appellera sociologiques, bien qu'ils ne ressortent pas que de la sociologie mais de l'ensemble des "sciences sociales") ; 

  • la seconde mission est de décrypter le langage des hommes, de dénoncer et déjouer les pièges du langage ; ainsi la première grande philosophie (Platon) se construit-elle en contestation de la rhétorique, qui, selon le philosophe athénien, ne s'intéresse pas aux valeurs humaines par excellence que sont le vrai et le juste mais seulement à l'efficacité de la conviction de la foule ; la rhétorique qu'a connu et discuté Platon correspond, à notre époque, à ce qu'on appelle le marketing dans sa dimension communicationnelle - y compris le marketing politique.   

Dans les années trente déjà, lors de la montée du National-Socialisme hitlérien, un homme avait expliqué - pour la dénoncer - la puissance de la rhétorique dans son usage de marketing politique, ce qui à l'époque s'appelait "propagande politique". Il s'agit de Serge TCHAKHOTINE avec son ouvrage Le viol des foules par la propagande politique où les procédés hitlériens de communication persuasive sont passés au crible. Censuré par les autorités françaises en 1939 (qui ne voulaient pas déplaire au très cher Adolf), l'ouvrage est carrément détruit par les Allemands en 1940... Gallimard en publiera une nouvelle édition - augmentée - en 1952. Jacques ELLUL en fera une intéressante recension pour la Revue française de science politique (1953, vol.3, n°2, p.416-418) et Etienne ANTONELLI pour la Revue économique (1954, vol.5, n°4, p.649-652). Certes le fond scientifique sur lequel fonctionne la démonstration de Tchakhotine est daté (Pavlov, etc.). Reste le trouble qu'on peut resentir à lire ses pages et, dans le même temps, à entendre les hommes politiques d'aujourd'hui... Voir à ce sujet le remarquable travail de décryptage de Jean-Luc PORQUET, journaliste au Canard Enchaîné... Bref, les hommes politiques d'aujourd'hui nous assène des coups d'une technicité d'une redoutable efficacité : c'est la même technique qui permet à un fabriquant d'armes de nous convaincre qu'en achetant une arme on œuvre pour la paix, et qui va convaincre les Français de mettre en situation de commandement suprême quelqu'un qui ne peut que vouloir leur exploitation économique... La servitude volontaire comme disait La Boétie, a ses raisons que l'art de la propagande politique ne connaît que trop bien !

Qu'on me comprenne bien : il ne s'agit pas pour moi de prétendre qu'un philosophe qui prône le nationalisme ou le libéralisme soit philosophiquement en faute. Ce que j'abhorre se situe au niveau de la procédure langagière et donc dans la relation entre le philosophe et celui qui l'écoute - c'est-à-dire dans le dialogue philosophique (encore Platon !) -, et non au niveau des valeurs morales et politiques positivement véhiculées par le discours. J'ai travaillé, quand j'étais étudiant philosophe à la Sorbonne, dans les années soixante-dix, avec des professeurs qui construisaient la philosophie politique à partir de la distinction « entre ce qui m'appartient / ce qui appartient à l'autre », à partir du sentiment et de la réalité de la propriété (je me souviens de Raymond  Polin, philosophe "libéral"). Non, il s'agit bien pour moi de faire la distinction entre le dialogue philosophique et la communication mercatique : du point de vue formel, le marketing en général fonctionne sur un principe d'efficacité qui mesure la qualité de son fonctionnement à l'aune du nombre de couillons pris dans ses filets et ce quel que soit la "valeur" ou l'"objet" mis en avant (éternel question de la technique a priori moralement neutre et de la qualité morale de l'usage qu'on en fait). On comprendra dès lors qu'un philosophe, un vrai, un honnête, ne peut jouer ce jeu-là. Or c'est ce qu'a fait notre philosophe d'hier soir, Thierry Wolton. Il n'a cessé de redire les "arguments" du National-Libéralisme d'aujourd'hui, il n'a cessé de vendre les qualités de "chef d'entreprise" de son Dieu vivant... Il n'a cessé de se comporter en bouffon qui se donne l'air d'un philosophe, tel un Rosenberg ou un Krieck. Il était philosophiquement aussi crédible que Sarkozy était politiquement crédible en citant - c'est-à-dire s'appropriant (dans l'usage marketing) - Jaurès ! Quand je vois l'étiquette "philosophe" si malmenée, c'est plus fort que moi et je ne peux que me révolter.

Qu'un "bourgeois" se laisse prendre dans les filets du langage de propagande, tant pis ! Mais un philosophe, c'est un parjure d'une extrême gravité ! Comme si un médecin ne secourait pas spontanément et inconditionnellement le mourant, malgré le serment d'Hippocrate. Ce philosophe-là me fait remémorer une anecdote de mon adolescence : mon père me disait, quand j'étais collégien, qu'il était ouvrier lui aussi parce qu'il travaillait de ses mains (il était architecte) - au moment même où le maire du XIX° arrondissement de Paris me jurait qu'il n'y avait pas lutte des classes (j'étais allé le voir avec deux autres collégiens de ma classe pour les besoins d'un exposé sur les institutions républicaines - c'était à la fin des années soixante), et ce tout juste quelques années avant que mon père, encore lui, ne me "déconseille" de lire La condition ouvrière de Simone Weil, non parce que le livre était mauvais et qu'il avait pu lui-même en juger pour l'avoir lu, mais tout simplement à cause du titre - qui était forcément séditieux puisque la lutte des classes n'existait pas (en réalité, je pense qu'il avait peur que je découvre qu'il n'était pas ouvrier comme il me l'avait affirmé...). Aujourd'hui, en écoutant notre philosophe national-libéral, me reviens en oreille le son des voix qui faisaient autorité dans mes années collège, aux environs de 1968...

J'ai bien sûr très vite lu Simone Weil, de La condition ouvrière à La pesanteur et la grâce !


mardi 15 mai

Liquider tout ce qui peut gêner l'ambition personnelle...

Clipboard01Ainsi donc les statuts de l'UMP vont être modifiés. Pourquoi ? Parce que sa majesté Nicolas le Mystificateur le veut ainsi.

En fait, c'est assez clair : personne ne doit faire d'ombre à sa majesté Nicolas. Donc personne ne le remplacera à la tête du premier parti politique - quitte à changer les statuts de ce parti. On appréciera l'évolution de l'UMP, en quatre temps (c'est un tango) :

  1. d'abord parti qui, à sa création par Juppé, veut rassembler toutes les sensibilités de la droite (on parle même de courants à l'époque) ;

  2. parti que Nicolas Sarkozy met à sa botte et soumet au discours unique, le sien ;

  3. parti que Nicolas Sarkozy transforme en machine de guerre pour lui permettre de gravir la dernière marche [sic] de son ambition personnelle ;Clipboard02

  4. parti que Nicolas Sarkozy transforme en parti godillot à son seul service de façon à rester seul maître à bord.

Il y a là-dedans quelque chose de très très inquiétant : le statut de tyran de notre Président se dévoile de plus en plus :

  • quand un seul homme décide de changer les statuts du premier mouvement politique de la Nation pour son seul intérêt, cela s'appelle un coup d'état comme seul les tyrans habiles savent les perpétrer ;

  • changer les règles du jeu pour éliminer dans l'œuf toute possibilité de rivalité peut apparaître, en philosophie politique, comme le propre du tyran.

Bien sûr, la rhétorique sarkozienne va nous maquiller tout ça en "c'est bon pour la France", "c'est pour l'efficacitéFigaro3 des bonnes idées de Nicolas Sarkozy", "on n'a pas le temps de tergiverser, il faut agir", etc. Le Figaro essaie déjà - mais a du mal à cacher le fait du prince qui cherche le pouvoir absolu. Par exemple ici ou .
Et, comme dit Christophe Jakubyszyn, dans Le Monde LeMondedaté de ce 15 mai, "les 330 000 adhérents de l'UMP, dont près de la moitié se sont encartés en 2005 et 2006 avec la promesse d'élire leur chef, peuvent ranger leur carte jusqu'en 2017, M. Sarkozy ayant promis de changer la Constitution pour limiter le cumul du nombre de mandats présidentiels à deux." Mais les promesses n'engagent que ceux qui y croient ! Ça, on le sait depuis 1995 !


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lundi 14 mai

Démagogie vs démocratie

LePetitD_magogueIntéressant cet entretien avec Jean-Luc PORQUET, journaliste au Canard Enchaîné, auteur du livre Le petit démagogue (éd. La découverte) !

Cet entretien, proposé par ZaleaTV télévision libre nationale (64'), s'intitule Désentubage de Nicolas Sarkozy et a été enregistré au lendemain du duo médiatique qui l'a opposé à Ségolène Royale.

À écouter et surtout à faire écouter à tous ceux qui ont voté Sarkozy, parce qu'ils sont abusés par la mystification et le brouillage idéologique.

La démagogie, dit Jean-Luc PORQUET, c'est la tare de la démocratie quand elle va mal... Et elle va très très mal, notre démocratie !


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dimanche 13 mai

Efficacité et infidélité

Sark0Ainsi donc la fidélité passerait, dans la boutique morale de notre Président, après l'efficacité ?

Intéressant cette opposition ? Un peu comme si on opposait le fait d'arriver là où on veut aller et celui d'avoir des jambes... Mais, bref, n'ergotons pas ! On va encore dire que je chipote.

En tout cas, la fidélité, c'est sûr qu'il trouve ça inefficace. Sinon il n'aurait pas fait de la trahison son arme favorite pour avancer en politique et dans la vie. Quelques exemples, parmi ceux que je connais, mais je soupçonne qu'il y en a de nombreux autres :

  • 1983, il trahit son mentor [le petit Nicolas disait même qu'il était son "double"!] en lui piquant le fauteuil de maire de Neuilly dès qu'il a le dos tourné (il était à l'hôpital, le Pasqua !)...

  • 1989, il trahit son "ami" Jacques Martin en lui piquant ...

  • 1995, à l'occasion des présidentielles, il trahit celui dont il avait, quinze ans plus tôt, dirigé le comité de soutien "jeunes"...

  • 2003, il trahit les corses à qui il avait promis une réorganisation administrative...

  • 2004, il trahit à nouveau Chirac en cumulant son poste ministériel régalien (Intérieur) avec la présidence de l’UMP (ce cumul avait été jugé impossible par Chirac devant les caméras de la télévision française le 14 juillet 2004) ;

  • 2004-2005, il trahit Tom Cruise, scientologue étasunien bien connu, en lui disant ne pas avoir d’opinion arrêtée sur la scientologie, alors qu'il avait écrit en 2004 que la scientologie n'est qu'une secte...

  • 2005 (novembre), il trahit ses propres services en affirmant que la révolte des banlieues est le fait de "bandes organisées", de "véritables mafias", alors que les RG lui avaient dit qu'il s'agissait bien d'une "révolte populaire des cités" ;

  • 2005-2007, à plusieurs reprises, depuis son poste ministériel régalien, il trahit la Constitution en intervenant dans le domaine judiciaire, bafouant l'intangible principe démocrate-républicain de séparation des pouvoirs ;

  • 2006, il trahit le fascisme français en demandant au néo-fasciste italien, Gianfranco Fini, son ami de longue date semble-t-il, de préfacer l'édition italienne de son ouvrage Témoignage ;

  • 2007 (avant le 22 avril), il s'entoure de traitres pour gagner l'élection présidentielle : Besson, de Robien, Roger Hanin, etc. ;

  • 2007 (après le 22 avril), il incite à la trahison politique les députés UDF, je veux dire qu'il les incite à trahir leurs électeurs, pour avoir plus de chances de garder leur siège de député [bizarre comme logique, non?] ;

et puis, régulièrement, il trahit les Français, nous tous, en nous assénant des contre-vérités patentes (dernière en date, par exemple, au sujet de Bolloré dont il prétend qu'il n'a jamais fait affaire avec l'État - ce qui est archifaux !). Mais les Français, apparemment aiment ceux qui les trahissent ! Oh oui Johnny fais moi mal, disait la chanson... C'est comme l'UMP et son ancêtre le RPR : après la victoire de Chirac aux présidentielles de 1995, Nicolas fit profil bas. Lors d'une réunion nationale du RPR (parti "gaulliste" que Chirac avait transformé en une véritable machine de guerre au service de son ambition personnelle), le 15 octobre 1995, il avait été copieusement conspué. Trois ans et demi plus tard, il était  président du RPR (intérim de sept mois). Quelques années plus tard, il transformait le RPR-devenu-UMP en une véritable machine de guerre au service de son ambition personnelle. Pardon : de son l'efficacité personnelle ! Aujourd'hui, il est effectivement arrivé à ses fins.

Moralité  1  :  si t'es fidèle, t'arrives à rien !
Moralité 2 : soit leur infidèle, ils aiment ça !


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La plainte Rebelle

Clipboard01Selon une dépêche AFP du 11 mai (15h39), un capitaine des RG est accusé d'avoir violer "le secret professionnel". En fait, on l'accuse d'avoir fait savoir qu'un conseiller de Ségolène Royal était fiché, en tant que tel, par le Ministère de l'Intérieur - en toute illégalité. Le fichage était semble-t-il commandité à une section chargée de l'extrême gauche, c'est-à-dire, dans les termes d'un ministre de droite, chargée de surveiller les terroristes de l'intérieur... C'est bien connu l'entourage de Ségolène Royal grouille de terroristes.

L'ancien ministre avait bien sûr aussitôt nié avoir commandité une telle opération...

Personne n'a analysé ça comme ça à l'époque de la polémique (février), mais moi je trouve que cela fait quand même très désordre au Ministère des forces de l'ordre, un chef qui ne maîtrise pas ses troupes, qui laisse faire n'importe quoi à ses subalternes. Je trouve que cela met rudement en cause l'efficacité de chef de l'ancien ministre de l'Intérieur, responsable en dernière instance du capitaine incriminé !

Pauvre France !


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