mercredi 28 mai

Populismes droitiers, populismes ultra-libéraux

Ces élections européennes auront été riches d'enseignement sur la dictature des idées simplistes et fausses.

Par exemple l'idée selon laquelle l'immigration cr&ée le chômage. Le sophisme est le suivant : "s'il travaille, l'immigré nous prive d'un emploi ; s'il ne travaille pas, il profite d'une générosité que l'état de nos finances publiques ne nous permet plus. Dans tous les cas, un immigré de plus, c'est un chômeur supplémentaire. Il suffit d'inverser l'argument pour alimenter la folie nationaliste : refoulez les immigrés, et le chômage disparaîtra…" (Thibault Gajdos, "L'immigration aide l'emploi", Le Monde du 28 mai 2014)... Cela fait un bail qu'on a montré et démontré qu'il n'en était rien et que c'était même l'inverse. Et pourtant, le F-Haine continue de diffuser la contre-vérité qui permet aux chômeurs d'attribuer à l'Immigré la raison de leur état. Dans une économie mondialisée où le dumping social pénalise le salariat des pays dits "avancés", dans un pays où l'État diminue les effectifs de la fonction publique (les gens qui font tourner les services publics, c'est-à-dire les mécanismes qui globalement maintienne la solidarité à un certain niveau), dans une époque où la technique s'emballe à perdre haleine, s'évertuant à rendre l'intervention humaine de plus en plus inutile dans les process de production et de service, dans une course au profit maximal où les entreprises contraignent leurs salariés à toujours plus de productivité, COMMENT VOULEZ-VOUS QUE LE CHÔMAGE N'AUGMENTE PAS ? Pourquoi ces quatres raisons du chômage ne sont-elles quasiment jamais avancées, mises sur la place publique. Pourquoi Jean-Pierre Pernaut n'en parle-t-il pas au JT de TF1 ? Parce que c'est trop compliqué pour des cerveaux que la pub contamine et vérole ? Pourquoi les experts en tous genres mettent-ils tout ça sous le tapis ? Parce qu'ils sont effectivement les "nouveaux chiens de garde" du libéralisme ? Pourquoi la Commission européenne impose-t-elle au États de ne pas lutter correctemetn contre le chômage ? Parce que l'Europe est ultra-libérale, limite libertarienne ? Pauvres de nous !

Une des idées les plus dévastatrices qui soit en ces temps de montée du populisme ultra-libéral, c'est celle qui veut que le F-Haine ne soit pas (plus) raciste. C'était bon du temps de papa LePen. La vague bleu marine a refoulé le racisme au rang des accessoires pour l'histoire. Le problème c'est que les propos tenus pas la droite en général et l'extrême en particulier contredisent absolument cette idée, malgré Patrick Sébastien. Qu'à cela ne tienne, on trouvera toujours de couillons pour affirmer que si le F-Haine est raciste, les gens qui votent pour lui ne le sont pas fatalement (entendu à plusieurs reprises, notamment sur France Inter). C'est faire peu de cas de l'intelligence des électeurs : pour une personne respectueuse du visage-humain-en-général, voter F-Haine, c'est, quelle que soit la raison du vote, déchirer son âme. Or qui veut déchirer son âme ? Donc deux solutions : soit les non-racistes électeurs du F-Haine sont intellectuellement et psychologiquement suicidaires, soit ils n'ont pas d'âme. Ce qui est sûr, c'est qu'on a deux mouvement conjoints : d'un côté, l'élite médiatique ne fait que trop peu obstacle au déferlement des "idées" du F-Haine, alors que de l'autre les difficultés concrètes de vie - et notamment le chômage, on y revient - nourrissent à l'orgie les populismes de la haine.

Autre champ où le populisme dévastateur est la chose la mieux partagée (et encore plus que sur la question du rapport chômage/immgration) : celui de la formation et de la qualification. L'assertion se déroule en deux sophismes renvoyant l'un à l'autre. Premier sophisme : les emplois correspondent à des qualifications professionnelles, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications (système scolaire - du primaire à l'université -, formation professionnelle continue, etc.), donc la collectivité, ce faisant, prépare (doit préparer) à l'emploi. Second sophisme : le chômage est dû à l'écart entre la demande de qualification et l'offre de qualification, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications, c'est-à-dire construit de ses deniers l'offre de qualification, donc la collectivité est responsable du chômage (n'a pas construit la bonne offre de qualification). Le premier sophisme fait l'impasse sur tout ce qui n'est pas lié à la caractérisation de l'individu comme travailleur (ou demandeur d'emploi). C'est bien dommage, car les femmes et les hommes ne sont pas que des travailleurs - d'autant plus qu'ils luttent tous à leur manière contre la déshumanisation imposée par le travail. Le second sophisme oublie que le chômage n'est pas dû à un écart entre demande et offre de qualification, mais, restons simples !, à la raréfaction des emplois. Messieurs de l'économie réelle, commencez par créer des emplois, après on discutera qualification.

Pourquoi perpétuer tant d'idées fausses et surtout fallacieuses, portées par l'ensemble du monde politique et économique ? Juste pour détourner le regard de la vraie responsabilité pour l'orienter arbitrairement vers l'État en premier lieu, puis vers le chômeur en second lieu. Cette manoeuvre grossière (mais les mensonges les plus grossiers sont ceux qui passent le mieux) est inscrite dans les gènes du libéralisme, de l'ultralibéralisme, du libertarianisme. Il faut moins d'État et l'homme de la rue doit se soumettre au rythme de l'Entreprise elle-même conduite par la recherche du profit capitalistique.
Cette idée d'adéquation entre formation et emploi est de ces idées fausses mais tenaces qui peuplent notre idéologie : il y a un lien direct entre formation voire éducation et insertion voire emploi. Comme disait un copain d'il y a trente ans, la formation n'a jamais créé d'emploi, mis à part les emplois de formateurs ! Je passe sur les justifications théoriques et pratiques de ce que j'avance : il est trop clair qu'il n'y a aucun lien direct entre la formation et l'emploi. Tous ceux qui prétendent le contraire sont ignorants ou salauds (faisant porter la responsabilité du chômage à ceux qui n'y sont ni directement ni indirectement pour rien).


 


mardi 15 avril

Évaluer la richesse

Richesse et valeur : retour à la critique de l’économie politique à l’occasion de la crise systémique du capitalisme contemporain. C'était le 08 avril 2014 à la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société à Lille.


Tout d'abord l'introduction à l'après-midi suivie de l'intervention de Jean-Marie Harribey sur le croisement entre richesse et valeur, puis débat avec la salle.

Puis table-ronde qui a réunit :

  • Bernard Friot , Professeur émérite à Paris Ouest Nanterre, IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l’économie)
  • Bernard Perret , Ingénieur et socio-économiste, membre du Conseil Général de l'environnement et du développement durable
  • Richard Sobel , Maître de conférences en économie, Université Lille 1
  • Henri Sterdyniak , Directeur du département Économie de la mondialisation de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques, Paris

L'après-midi se termina avec l'intervention d'Alain Caillé (Professeur de sociologie à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, directeur-fondateur de La Revue du MAUSS)

 

SOURCES :

  • http://lille1tv.univ-lille1.fr/collections/video.aspx?id=10bbd43c-81cb-4c77-baa4-80836c74c578
  • http://lille1tv.univ-lille1.fr/collections/video.aspx?id=cae87361-2097-4d9a-beb8-3f84c465d873
  • http://lille1tv.univ-lille1.fr/collections/video.aspx?id=2dd36956-37c6-4c1f-9b45-bff23c3e9fae

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mercredi 02 avril

Pricing ! pricing !

Une collègue de l'ADBS utilisant le terme pricing dans l'une de nos discussions (en français), répond à ma remarque - qui pourrait paraître franchouillarde - en se plaignant que le mot pricing est en voie de passer dans l’usage courant au même titre que ses petits frères de suffixe tel que mailing ou sponsoring (et quelques autres que la décence m’empêche d’écrire ici ). Je lui réponds.


Pricing ! pricing ! Moi, je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité et que l'état du langage partagé est le fait de ceux qui partagent. RIEN ne nous oblige à entrer dans ce jeu où l'irrespect de la langue native se conjugue trop souvent avec une tendance certaine au verbiage improductif voire à la logorrhée qui tournoie sur elle-même. On a dit LE mot english et c'est autosuffisant !

De mon côté, je respecte l'évolution "naturelle" du langage ; j'ai dans ma panoplie lexicale des mots comme twist, rock'n'roll, etc. Mais je juge discriminatoire l'attitude langagière qui consiste à utiliser un lexique qui n'a rien de plus universel que celui que nous partageons de par notre naissance et notre culture et qui n'apporte rien de plus que ce que l'on peut déjà dire dans la langue de notre naissance et de notre éducation.

Donc je récuse pricing et dirai plutôt tarification - sachant que ces deux termes n'ont pas exactement le même sens.

Et c'est bien ça le problème, le premier problème de fond ! Chaque langue construit le réel. Depuis l'Académie de Platon jusqu'au Centre de recherches philologiques lillois où j'ai eu la chance de rencontrer feu Jean Bollack et Heinz Wismann (lisez donc son dernier ouvrage : Penser entre les langues), on sait que le réel est construit (comme disait ce bon vieux Hegel), et qu'il est construit par le langage. Pour revenir à nos platebandes documentologiques, il suffira de regarder le fonctionnement du multilinguisme dans les langages documentaires pour se rendre à l'évidence : chaque langue naturelle construit sa propre réalité, ses propres objets-référents, jusqu'aux relations entre ces derniers... Bref, à lire et entendre ce "jargonage globisant", j'ai le sentiment de communiquer avec des étrangers - ce qui, pour l'handicapé linguistique que je suis, est relativement excluant voire traumatisant. À subir ce lexique exogène, j'ai le sentiment d'avoir été chassé de mon propre paysage ou déplacé de force dans un autre.

Le deuxième problème de fond est que ce langage - que vous utilisez tou(te)s - n'est même pas linguistiquement établi. C'est un globish mal assuré dans son fondement intellectuel, que même nombre d'anglophones vouent aux gémonies. C'est juste un langage pour le fonctionnement économique de surface et pour la galerie managériale, commerciale et médiatique opportuniste qui s'en régale. On prend des mots (pricing, customizer, etc.), des mots pour dire des choses ou des concepts qui ont déjà leur signifiant francophone (tarification, personnaliser, etc.), des mots que l'on insère dans un fonctionnement syntaxique français (enfin, quand on utilise les règles de la syntaxe !)... Ça me fait penser à mes vieux copains maghrébins qui vivent en France depuis leurs études en France (années 70) et qui, quand ils dialoguent entre maghrébins, parlent arabe avec de temps en temps un mot français qui jaillit, venant perturber le flux homogène de la langue arabe. Vous dites pricing comme mes copains emploient ici ou là un mot français - c'est-à-dire un mot du langage de leur ex-colonisateur... No comment !

On peut rire de mon acharnement à refuser ce globish qui n'est même pas un langage à lui seul (le langage n'est pas que lexique ; lisez Wismann je vous dis !). Je ne cherche pas à me poser en vieux chnoc conservateur arcbouté sur une époque révolue où l'on se serait attaché à respecter sa propre langue, la langue de ses parents, celle qu'on avait appris en naissant et en grandissant. Je sais bien qu'une langue dite "naturelle" évolue d'elle-même - c'est d'ailleurs ce qui la distingue d'une langue artificielle. Par ailleurs, comme tout le monde à l'ADBS, j'ai pris ma part d'invention technique et/ou méthodologique ; comme tout le monde à l'ADBS, je manipule des trucs et des machins qui nous viennent d'outre-atlantique ou pas mais qui causent globish. Pour autant, je ne me suis jamais senti obligé de laisser au vestiaire ma langue native, la langue qui m'identifie, c'est-à-dire qui m'authentifie.


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mardi 25 mars

Violents les riches ?

 Violence des richesMichel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot anime un débat, mardi 1er avril 2014 à partir de 18h30, à l’IEP de Lille (84 rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes) sur le thème de la "violence des riches" sur la base de leur dernier ouvrage - qui se feuillette ici.

Articles critiques dans Libération, Marianne, etc.

On peut aussi :

Enfin, les auteurs seront dans le studio des Savanturiers de Fabienne Chauvière sur France Inter le 5 avril 2014 (22h00). Tous à vos cassettes !

Lire


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vendredi 10 janvier

Rhétorique politique de la compétitivité

La vraie compétitivité c'est la capacité à produire dans de bonnes conditions, en respectant les conditions de travail et avec une organisation du travail qui soit humaine, vient de dire notre ministre du Travail, si l'on en croit le site du PS.

Le problème de cette sentence politique, c'est que, quel que soit le dictionnaire vers lequel on se tourne, elle est proprement mensongère, du moins erronée. Ce qu'il y a de commun à toutes les (bonnes) définitions de 'compétitivité', c'est la présence, comme en toile de fond, de l'idée de concurrence, voire simplement de compétition. La compétitivité ne saurait être quelque chose d'absolu : on est plus ou moins "compétitif" en fonction des autres compétiteurs, en fonction des concurrents.

Please-No-Dumping-Thank-YouC'est pourquoi, bien qu'interdit par le droit de la concurrence et dénoncé par la mauvaise conscience qui se cache sous l'habit du loyal-et-non-faussé, le "dumping" est très logiquement dans le droit fil de la compétitivité. Dumping commercial des entreprises, dumping fiscal des États, dumping social des États et des entreprises. L'objectif, par contre, est pour les entreprises toujours unique en dernière analyse : faire du profit - pour emplir les poches des "investisseurs" ou pour améliorer la compétitivité, c'est selon. En tout cas jamais pour améliorer l'emploi et les conditions de travail : la diminution de la masse salariale est une des principales variables d'ajustement pour augmenter la "compétitivité" (i.e. le profit, euh ! pardon la "rentabilité") ; par ailleurs, la qualité des conditions de travail a un coût certain. Du coup les États...

Bref, on baigne dans une concurrence régulièrement "faussée" et "déloyale" parce que nous sommes dans le grand bain de la compétitivité.

Alors pourquoi le ministre essaie-t-il de faire croire que la compétitivité est hors de ces eaux troubles de la concurrence ?

Ah ! Il parle de la "vraie" compétitivité ! Je n'avais pas bien lu le début de la sentence. La compétitivité dont parle les bons dictionnaire serait donc "pas vraie", fausse, mensongère ?

Vous m'expliquez, Monsieur le Ministre ? Et vous, les camarades du PS, vous ne publieriez pas un mot sur ce concept de compétitivité sur votre site ?


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mercredi 09 octobre

Plus adéquationniste, tu meurs !

Le gouvernement veut renforcer les liens entre formation et emploi, si l'on en croit le compte rendu du dernier conseil des ministres.

Déploiement d'un nouveau service public de l'orientation, dialogue accru entre l'institution éducative et les acteurs socio-économiques, développement des expériences en milieu professionnel en cours d'études, partenariat renforcé entre le service public de l'emploi et les universités… tout y passe !

Car c'est bien connu : la bonne orientation des demandeurs d'emploi crée de l'emploi ; l'alignement des pratiques éducatives sur les pratiques économiques crée de l'emploi ; l'alternance crée de l'emploi ; la bonne entente entre SPE et enseignement supérieur crée de l'emploi... Je crois qu'ils continuent à nous prendre pour des cons !

Pauvres de nous !


 

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mercredi 19 juin

Double peine ?

Sur le site de Libé, j'ai lu l'article daté 17 juin 2013 à 19:56 (mis à jour : 18 juin 2013 à 09:41) où Quentin Girard discute avec Émilie Jouvet, "réalisatrice et militante féministe prosexe" (=?). Avec cette sentence magnifique : "Les lesbiennes, elles, vivent une sorte de double peine : le sexisme en tant que femme et aussi la lesbophobie".justice_4064

Quoi qu'il en soit, il semble clair que, par exemple, quand une mère de famille mariée à un père de la même famille se découvre homosexuelle sur le tard et que les enfants du couple désuni par la révélation homosexuelle sont en âge d'être avec leurs parents, il est clair que dans ce cas-là, c'est bien le déni de paternité qui fonctionne a priori chez les juges, l'homosexualité n'étant pas, bien heureusement, défavorable à l'affirmation de maternité...

Mais dans ce cas, où est la double peine, chère Émilie ?

Ce fut mon histoire de père, il y a plus de vingt-cinq ans (histoire dont j'ai tenté de débarrasser mes méninges en écrivant une nouvelle) . Ce fut mon histoire de père ; c'est encore celle de nombreux pères.


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lundi 17 juin

Francesco, zitto !

papefrançoisàl'enversLe pape incite les parlementaires français à abroger les lois contraires aux principes de l'Église catholique.

Mais que fait Jacob le bien nommé qui vient de déposer une proposition de loi demandant l'extension de la NEUTRALITÉ RELIGIEUSE à l'ensemble de la sphère des relations de travail, publique comme privée ou associative ? Tout en haut de l'échelle, n'y aura-t-il pas fatalement l'exigence de séparation du politique - l'affaire collective des hommes dans la cité avec un petit 'c' - et du religieux - l'affaire privée des croyants dans la Cité avec un 'c' majuscule ?

Du coup, les pieux Jacob, Copé, Fillon et autres Boutin devront-ils donc abroger la loi qui sortira de cette proposition scélérate pour plaire au pontife suprême ? Si jamais elle est votée...

 

Ne crie-t-on pas à l'amalgame devant les dégâts causés par le gouvernement des hommes par des religieux ? Quand il s'agit de l'Islam, seulement ? Ne crie-t-on pas au déni de laïcité de l'espace public devant les prières de rue des croyants musulmans quand ils n'ont pas de lieux réservé ? Alors que Civitas a organisé des veillées près de l'Assemblée Nationale... Le capitalisme engendre ses propres contradictions. Le boutinisme aussi !


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jeudi 09 mai

Union des Dames Patronnesses

L'Union pour la Majorité Populaire comme le Fouquet's s'active à l'encadrement des masses déshéritées, comme pour faire oublier que l'état de survie où sont réduites lesdites masses est principalement dû au libéralisme sauvage et au conservatisme absolu que prônent les se-disants populaires.

L'appel à la "révolution civique" est très émouvant. Ça commence par la sempiternelle phrase de JFK que JFC fait donc sienne : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays" et ça finit par ce magnifique élan : "Nos actions civiques de solidarité auront ce caractère de gratuité qui les distinguera de tout clientélisme. Agissons avec cœur ! Gouvernons le réel avec les moyens qui sont les nôtres !". Trois remarques.

  1. JFC oublie qu'on connaît tous l'idée selon laquelle "quand c'est gratuit, c'est toi le produit". Je crois que JFC nous prend pour des bleus.
  2. Agir avec le coeur ? Le côté de la poche porte-feuile et porte-monnaie ? Et la monnaie, c'est le client politique justement, l'électeur.
  3. "Gouverner le réel", à défaut de gouverner l'État ? Donc pour JFC l'État n'est pas le réel ? Et c'est pour ça qu'il veut absolument le gouverner ? Faut que je retourne à ma lecture de Hegel !

Autrefois les dames patronnesses et les ecclésiastiques luttaient contre l'analphabétisme des campagnes françaises en apprenant aux gueux à lire ... la Bible. Aujourd'hui, les populaires du Fouquet's n'ont pas la Bible en main. Juste le "programme populaire" de l'Union des Madonnes Patronnesses. C'est sûrement pour leur bien, aux gueux... On va en venir à une nouvelle pomme de discorde entre Boutin et JFC ! On va les mettre d'accord en leur proposant d'écouter la chanson de Jacques Brel, La Dame Patronnesse...

Dans son Manifeste pour une droite décomplexée, JFC annonçait vouloir transformer l'UMP en premier parti d'action civique, histoire de rendre service aux citoyens. Du coup, plutôt que "parti d'action civique", je comprendrais mieux si on avait "service d'action civique". Ah pardon, ça a déjà été pris ! Ceci dit le vieux truc gaulliste est dissout et l'appellation reste libre d'utilisation, non ?


 

 

 

 

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mardi 30 avril

Entrepreneuriat

image france-amerique.comL’entrepreneuriat (dont une variante orthographique très utilisée est entreprenariat) est l’action de créer de la richesse et/ou de l'emploi par la création ou la reprise d'une entreprise. C'est par cette définition que commence l'article "Entrepreunariat" de Wikipedia, initié par Loreleil (École supérieure de commerce de Bretagne, 2009).
Le mot n'est pas encore au dictionnaire officiel ; du moins je ne l'ai pas trouvé sur le portail lexical du CNRTL - en qui je mets toute ma confiance terminologique depuis qu'il existe. Du coup je vais voir s.v. Entrepreneur et je lis :

A.- Rare, vieilli. Celui qui entreprend, qui organise. [...]
B.- Économie
1. Personne qui engage des capitaux et utilise une main-d'œuvre salariée en vue d'une production déterminée. Synon. mod. industriel, chef d'entreprise
[...]

Bon ! Donc, quand le gouvernement français organise les Assises de l'Entrepreneuriat, il cause d'engagement de capitaux, d'utilisation de main-d'oeuvre et de production ? Peut-être. Mais il parle aussi de diffuser l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes, des très jeunes !

Donc tous nos jeunes, d'ici quelques années, auront l'esprit d'entreprendre ! Magnifique. Mais s'il est vrai que l'entrepreneur est celui qui est capable d'engager des capitaux (certains au MEDEF et chez les pigeons appellent ça la prise de risque), cela veut dire que tous nos jeunes auront à leur disposition des capitaux (ils auront de quoi prendre des risques)... Merci Monsieur le Président !

Je ne sais pas vous, mais moi, cette rhétorique ne vaut rien qui vaille. J'ai déjà évoqué l'intrusion du libéralisme béat sur les tableaux noirs de la République. Sarko l'a rêvé, Hollande le fait !

Mais deux remarques :

  1. Quand tous nos jeunes auront-ils de quoi s'amuser à la prise de risque ? Quand disposeront-ils d'un capital à engager ?
  2. Le salarié ne court-il, lui, aucun risque à travailler pour l'entrepreneur qui l'utilise - et le jette à la rue dès que son risque ne lui rapporte plus assez, à lui ?

Bah !

Plutôt lire les mises en garde de Philippe Watrelot. ou Marjorie Galy.


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