mardi 25 mars

Violents les riches ?

 Violence des richesMichel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot anime un débat, mardi 1er avril 2014 à partir de 18h30, à l’IEP de Lille (84 rue de Trévise, métro Porte de Valenciennes) sur le thème de la "violence des riches" sur la base de leur dernier ouvrage - qui se feuillette ici.

Articles critiques dans Libération, Marianne, etc.

On peut aussi :

Enfin, les auteurs seront dans le studio des Savanturiers de Fabienne Chauvière sur France Inter le 5 avril 2014 (22h00). Tous à vos cassettes !

Lire


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vendredi 10 janvier

Rhétorique politique de la compétitivité

La vraie compétitivité c'est la capacité à produire dans de bonnes conditions, en respectant les conditions de travail et avec une organisation du travail qui soit humaine, vient de dire notre ministre du Travail, si l'on en croit le site du PS.

Le problème de cette sentence politique, c'est que, quel que soit le dictionnaire vers lequel on se tourne, elle est proprement mensongère, du moins erronée. Ce qu'il y a de commun à toutes les (bonnes) définitions de 'compétitivité', c'est la présence, comme en toile de fond, de l'idée de concurrence, voire simplement de compétition. La compétitivité ne saurait être quelque chose d'absolu : on est plus ou moins "compétitif" en fonction des autres compétiteurs, en fonction des concurrents.

Please-No-Dumping-Thank-YouC'est pourquoi, bien qu'interdit par le droit de la concurrence et dénoncé par la mauvaise conscience qui se cache sous l'habit du loyal-et-non-faussé, le "dumping" est très logiquement dans le droit fil de la compétitivité. Dumping commercial des entreprises, dumping fiscal des États, dumping social des États et des entreprises. L'objectif, par contre, est pour les entreprises toujours unique en dernière analyse : faire du profit - pour emplir les poches des "investisseurs" ou pour améliorer la compétitivité, c'est selon. En tout cas jamais pour améliorer l'emploi et les conditions de travail : la diminution de la masse salariale est une des principales variables d'ajustement pour augmenter la "compétitivité" (i.e. le profit, euh ! pardon la "rentabilité") ; par ailleurs, la qualité des conditions de travail a un coût certain. Du coup les États...

Bref, on baigne dans une concurrence régulièrement "faussée" et "déloyale" parce que nous sommes dans le grand bain de la compétitivité.

Alors pourquoi le ministre essaie-t-il de faire croire que la compétitivité est hors de ces eaux troubles de la concurrence ?

Ah ! Il parle de la "vraie" compétitivité ! Je n'avais pas bien lu le début de la sentence. La compétitivité dont parle les bons dictionnaire serait donc "pas vraie", fausse, mensongère ?

Vous m'expliquez, Monsieur le Ministre ? Et vous, les camarades du PS, vous ne publieriez pas un mot sur ce concept de compétitivité sur votre site ?


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mercredi 09 octobre

Plus adéquationniste, tu meurs !

Le gouvernement veut renforcer les liens entre formation et emploi, si l'on en croit le compte rendu du dernier conseil des ministres.

Déploiement d'un nouveau service public de l'orientation, dialogue accru entre l'institution éducative et les acteurs socio-économiques, développement des expériences en milieu professionnel en cours d'études, partenariat renforcé entre le service public de l'emploi et les universités… tout y passe !

Car c'est bien connu : la bonne orientation des demandeurs d'emploi crée de l'emploi ; l'alignement des pratiques éducatives sur les pratiques économiques crée de l'emploi ; l'alternance crée de l'emploi ; la bonne entente entre SPE et enseignement supérieur crée de l'emploi... Je crois qu'ils continuent à nous prendre pour des cons !

Pauvres de nous !


 

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mercredi 19 juin

Double peine ?

Sur le site de Libé, j'ai lu l'article daté 17 juin 2013 à 19:56 (mis à jour : 18 juin 2013 à 09:41) où Quentin Girard discute avec Émilie Jouvet, "réalisatrice et militante féministe prosexe" (=?). Avec cette sentence magnifique : "Les lesbiennes, elles, vivent une sorte de double peine : le sexisme en tant que femme et aussi la lesbophobie".justice_4064

Quoi qu'il en soit, il semble clair que, par exemple, quand une mère de famille mariée à un père de la même famille se découvre homosexuelle sur le tard et que les enfants du couple désuni par la révélation homosexuelle sont en âge d'être avec leurs parents, il est clair que dans ce cas-là, c'est bien le déni de paternité qui fonctionne a priori chez les juges, l'homosexualité n'étant pas, bien heureusement, défavorable à l'affirmation de maternité...

Mais dans ce cas, où est la double peine, chère Émilie ?

Ce fut mon histoire de père, il y a plus de vingt-cinq ans (histoire dont j'ai tenté de débarrasser mes méninges en écrivant une nouvelle) . Ce fut mon histoire de père ; c'est encore celle de nombreux pères.


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lundi 17 juin

Francesco, zitto !

papefrançoisàl'enversLe pape incite les parlementaires français à abroger les lois contraires aux principes de l'Église catholique.

Mais que fait Jacob le bien nommé qui vient de déposer une proposition de loi demandant l'extension de la NEUTRALITÉ RELIGIEUSE à l'ensemble de la sphère des relations de travail, publique comme privée ou associative ? Tout en haut de l'échelle, n'y aura-t-il pas fatalement l'exigence de séparation du politique - l'affaire collective des hommes dans la cité avec un petit 'c' - et du religieux - l'affaire privée des croyants dans la Cité avec un 'c' majuscule ?

Du coup, les pieux Jacob, Copé, Fillon et autres Boutin devront-ils donc abroger la loi qui sortira de cette proposition scélérate pour plaire au pontife suprême ? Si jamais elle est votée...

 

Ne crie-t-on pas à l'amalgame devant les dégâts causés par le gouvernement des hommes par des religieux ? Quand il s'agit de l'Islam, seulement ? Ne crie-t-on pas au déni de laïcité de l'espace public devant les prières de rue des croyants musulmans quand ils n'ont pas de lieux réservé ? Alors que Civitas a organisé des veillées près de l'Assemblée Nationale... Le capitalisme engendre ses propres contradictions. Le boutinisme aussi !


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jeudi 09 mai

Union des Dames Patronnesses

L'Union pour la Majorité Populaire comme le Fouquet's s'active à l'encadrement des masses déshéritées, comme pour faire oublier que l'état de survie où sont réduites lesdites masses est principalement dû au libéralisme sauvage et au conservatisme absolu que prônent les se-disants populaires.

L'appel à la "révolution civique" est très émouvant. Ça commence par la sempiternelle phrase de JFK que JFC fait donc sienne : "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays" et ça finit par ce magnifique élan : "Nos actions civiques de solidarité auront ce caractère de gratuité qui les distinguera de tout clientélisme. Agissons avec cœur ! Gouvernons le réel avec les moyens qui sont les nôtres !". Trois remarques.

  1. JFC oublie qu'on connaît tous l'idée selon laquelle "quand c'est gratuit, c'est toi le produit". Je crois que JFC nous prend pour des bleus.
  2. Agir avec le coeur ? Le côté de la poche porte-feuile et porte-monnaie ? Et la monnaie, c'est le client politique justement, l'électeur.
  3. "Gouverner le réel", à défaut de gouverner l'État ? Donc pour JFC l'État n'est pas le réel ? Et c'est pour ça qu'il veut absolument le gouverner ? Faut que je retourne à ma lecture de Hegel !

Autrefois les dames patronnesses et les ecclésiastiques luttaient contre l'analphabétisme des campagnes françaises en apprenant aux gueux à lire ... la Bible. Aujourd'hui, les populaires du Fouquet's n'ont pas la Bible en main. Juste le "programme populaire" de l'Union des Madonnes Patronnesses. C'est sûrement pour leur bien, aux gueux... On va en venir à une nouvelle pomme de discorde entre Boutin et JFC ! On va les mettre d'accord en leur proposant d'écouter la chanson de Jacques Brel, La Dame Patronnesse...

Dans son Manifeste pour une droite décomplexée, JFC annonçait vouloir transformer l'UMP en premier parti d'action civique, histoire de rendre service aux citoyens. Du coup, plutôt que "parti d'action civique", je comprendrais mieux si on avait "service d'action civique". Ah pardon, ça a déjà été pris ! Ceci dit le vieux truc gaulliste est dissout et l'appellation reste libre d'utilisation, non ?


 

 

 

 

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mardi 30 avril

Entrepreneuriat

image france-amerique.comL’entrepreneuriat (dont une variante orthographique très utilisée est entreprenariat) est l’action de créer de la richesse et/ou de l'emploi par la création ou la reprise d'une entreprise. C'est par cette définition que commence l'article "Entrepreunariat" de Wikipedia, initié par Loreleil (École supérieure de commerce de Bretagne, 2009).
Le mot n'est pas encore au dictionnaire officiel ; du moins je ne l'ai pas trouvé sur le portail lexical du CNRTL - en qui je mets toute ma confiance terminologique depuis qu'il existe. Du coup je vais voir s.v. Entrepreneur et je lis :

A.- Rare, vieilli. Celui qui entreprend, qui organise. [...]
B.- Économie
1. Personne qui engage des capitaux et utilise une main-d'œuvre salariée en vue d'une production déterminée. Synon. mod. industriel, chef d'entreprise
[...]

Bon ! Donc, quand le gouvernement français organise les Assises de l'Entrepreneuriat, il cause d'engagement de capitaux, d'utilisation de main-d'oeuvre et de production ? Peut-être. Mais il parle aussi de diffuser l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes, des très jeunes !

Donc tous nos jeunes, d'ici quelques années, auront l'esprit d'entreprendre ! Magnifique. Mais s'il est vrai que l'entrepreneur est celui qui est capable d'engager des capitaux (certains au MEDEF et chez les pigeons appellent ça la prise de risque), cela veut dire que tous nos jeunes auront à leur disposition des capitaux (ils auront de quoi prendre des risques)... Merci Monsieur le Président !

Je ne sais pas vous, mais moi, cette rhétorique ne vaut rien qui vaille. J'ai déjà évoqué l'intrusion du libéralisme béat sur les tableaux noirs de la République. Sarko l'a rêvé, Hollande le fait !

Mais deux remarques :

  1. Quand tous nos jeunes auront-ils de quoi s'amuser à la prise de risque ? Quand disposeront-ils d'un capital à engager ?
  2. Le salarié ne court-il, lui, aucun risque à travailler pour l'entrepreneur qui l'utilise - et le jette à la rue dès que son risque ne lui rapporte plus assez, à lui ?

Bah !

Plutôt lire les mises en garde de Philippe Watrelot. ou Marjorie Galy.


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samedi 23 mars

concurrence et coopération

J'ai toujours pensé que la concurrence - moteur psychologique du libéralisme et de l'individualisme sociopolitique en général - était un engin de mort alors que la coopération - moteur psychologique du socialisme réel et du collectivisme sociopolitique en général - était un engin de vie.Thanatos d'un côté, Eros de l'autre...

Quand deux concurrents se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, l'un des concurrents meurt - à moins que ces deux concurrents ne se soient entendus (alliance dite objective) sur le dos d'un troisième à abattre. Quand deux coopérants se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, cette dernière permet la naissance d'une nouvelle entité construite sur la coopération. Dans le premier cas, 1+1=1 dans le second 1+1=3. Ça fait un sacré distingo, non ?

Quand on regarde l'histoire des mot - qui n'est jamais fortuite -, les choses sont également claires : très tôt (dès le latin médiéval) la concurrence tire son énergie de la rivalité alors que la coopération tire sa force de l'adjonction de forces pour une oeuvre commune (le latin chrétien parle de "part prise à une œuvre faite en commun").

logoBref, du coup la septième séance, le 19 mars 2013, de la saison 2012-2013 du Séminaire mensuel de la Fondation Copernic, PENSÉES ET PRATIQUES D’ÉMANCIPATION, en partenariat avec la revue Mouvements et avec le soutien du programme ANR UTOPIES19, intitulée LA COOPÉRATION CONTRE LA CONCURRENCE ne saurait me laissé indifférent. À regarder de près, ici.


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mardi 12 mars

Hessel, encore !

Petit discours d'Edgar Morin au cimetière Montparnasse

 Ce que dit Edgar Morin au sujet de la Palestine me remet en mémoire ce billet.


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vendredi 08 mars

le paradoxe et l'oxymore

La politique est farcie de paradoxe. C'est pour cette raison que le populisme est un réel danger.

La politique emploi semble être particulièrement sujette à ce phénomène. Par exemple quand on focalise la finalité de la formation sur l'employabilité : cela semble aller de soi (tous ou presque tous ceux qui ont un emploi intéressant ont une bonne formation) sauf que ce n'est pas comme ça que ça marche (tous ceux qui ont un bon niveau de formation n'ont pas nécessairement un emploi intéressant et correspondant à leur qualification)...

Dernier expression paradoxale en date : Matignon lance une campagne intitulée "La compétitivité, c'est l'emploi !"


Moi, je veux bien tout entendre, sauf que, là, quand on s'exclame "La compétitivité, c'est l'emploi !", on mélange les genres.

La compétitivité, "aptitude à affronter la concurrence" disent les dictionnaires, se définit sur le registre du rapport, de la relation etc. On est plus ou moins compétitif en fonction de la concurrence. Le degré zéro de la compétitivité, c'est la situation de monopole, quand il n'y a pas de concurrent. On est le meilleur que tout le monde parce qu'on est seul. De son côté, l'emploi, c'est quelque chose de très concret et d'absolu : le chômage se compte en % (chômeurs par rapport à population active) et en chiffres absolus (3 millions...). Par quelle magie pourrions-nous compter ensemble du relatif et de l'absolu ? Par la magie de la rhétorique politique...

Ensuite, quand on regarde de près les liens qui peuvent exister entre ces deux ordres de réalité, on se rend compte que, la compétition en question étant d'ordre économique, c'est-à-dire financier (idées de productivité, de rentabilité, de rendement de l'investissement, etc.), et l'emploi étant du côté de la dépense (ce qu'il faut réduire), prétendre que "La compétitivité, c'est l'emploi !", c'est proprement se foutre de la gueule du monde.

De prime abord paradoxe, "La compétitivité, c'est l'emploi !" finit par être oxymore !