jeudi 26 mai

Pour que l’accueil digne des migrants soit la règle, pas l’exception !

Une vingtaine d’associations dont la Cimade, Médecins du monde, Action contre la faim, le Samu social de Paris, Emmaüs, le Secours catholique ou encore Utopia 56 et une quarantaine de chercheurs ou universitaires interpellent "la future Assemblée nationale", dans une lettre ouverte publiée jeudi 26 mai par franceinfo. Les signataires demandent aux députés qui seront élus le 19 juin de prendre "des mesures immédiates et durables pour l'accueil des personnes exilées". Ils soulignent que les mesures prises pour accueillir les réfugiés ukrainiens ont été "salutaires" mais que "toutes les personnes exilées doivent pouvoir bénéficier de conditions d’accueil à la hauteur de leurs besoins de protection". Dans leur lettre ouverte, ils réclament à la future Assemblée nationale de "garantir l’accès aux droits, de permettre à tous·te·s un accès immédiat aux soins et de porter au niveau national et politique l’ambition d’un accueil digne pour tous·te·s".

Après le rapport parlementaire sur "les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France",

après le rapport d'enquête sur Les oubliés du droit d’asile, et le séminaire inter-associatif qui s'en est suivi,

après la Lettre ouverte aux candidat·e·s à l'élection présidentielle de 2022, après l'édito du numéro de mars 2022 de Plein Droit, la revue du GISTI,

cette tribune, signée par une trentaine d'association et une cinquantaine d'universitaires, pointent quatre conditions sine qua non pour une politique d'accueil digne et respectueux de la personne humaine : "garantir l’accès aux droits", "assurer des conditions dignes d’hébergement", "permettre à tous un accès immédiat aux soins" et "porter au niveau national et politique l’ambition d’un accueil digne pour tous". Hélène Quéau, responsable de l'antenne France d'Action contre la faim et porte-parole du collectif qui signe la tribune, s'en explique rapidement sur France-Info ce matin...



mercredi 25 mai

D'un édito à l'autre...

Hier, je saluais comme il se doit l'édito de Valérie Toranian en en exibant les partis-pris idéologiques qui, pour n'être pas affichés en tant que tels, n'en sont que plus prégnants ... et détestables pour le discours interlope qu'ils produisent. Aujourd'hui je veux saluer l'édito de Victorine de Oliveira qui avoue sa "naïveté" à l'occasion de l'intronisation d'Élisabeth Borne. Le collier de perles s'est bien oxymoriquement constitué ! Voyons :

1 - égalité femmes/hommes, comme "grande cause du quinquennat" ;

2 - dédicace par Élisabeth Borne de son tout nouveau poste de Première ministre aux "petites filles" ;

3 - gouvernement qui "semble faire la part belle aux hommes à la réputation douteuse lorsqu’il s’agit de leur comportement avec les femmes", ne serait-ce que ce si bon Darmanin qui bénéficie d'une "confiance sans faille" du Président ;

4 - "affaire Damien Abad" au sujet duquel est avancée "la présomption d’innocence – concept juridique ô combien dévoyé, qui indique seulement que la charge de la preuve incombe au ministère public. Mais depuis le 21 mai, les langues se délient pour reconnaître qu’“on savait”, comme toujours dans ces affaires. Damien Abad avait lui aussi la réputation d’être lourdingue (pardon, “séducteur”), et ça ne l’a pas empêché d’être nommé ministre. Et c’est justement ça le problème." Et Victorine de Oliveira d'appeler à nos mémoires Platon et Aristote qui pensaient que "l’exemplarité est une notion fondamentale pour la bonne tenue de la cité"...

En conclusion, l'éditorialiste écrit : "pour l’instant, ce second quinquennat signale encore aux petites filles qu’elles doivent serrer les dents (et les fesses) quelque temps." Triste époque, tristes survivances d'un temps qu'on voudrait révolu. 
Il m'arrive d'avoir honte d'être un mec !


 

mardi 24 mai

Réunir des mondes...

J'ai lu hier l'édito de Valérie Toranian d'hier (23 mai) et constate que, décidément, cette éditorialiste n'en rate pas une quand il faut contrer le vent nouveau ! Ceci m'incite à relancer ma "Chronique de la révolte tranquille"...

Ce 23 mai, c'est Pap Ndiaye - le tout nouveau ministre de l'Éducation Nationale -  qui en prend pour son grade. La compagne de Franz-Olivier Giesbert, qui fit ses armes au magazine Elle (piges à partir de 1989, directrice de la rubrique beauté de 1994 à 1998, rédactrice en chef de 1998 à 2002 puis directrice de la rédaction de 2002 à 2014, date à laquelle elle devient directrice de la Revue des Deux Mondes) semble animée d'une espèce de hargne irrépressible contre tout ce qui pourrait perturber sa zone de confort idéologique.

Certes, on savait ce périodique conservateur - sous couvert d'un humanisme revendiqué à ses débuts. Le premier numéro de la Revue des Deux Mondes, recueil de la politique, de l’administration et des mœurs (juillet 1829) portait un avertissement solennel : "L’esprit de parti est une folie de beaucoup d’hommes au profit de quelques-uns" (citation d’Alexander Pope). Force est de constater qu'aujourd'hui cependant, 193 années après, la revue semble bien rouler pour quelques partis politiques. Ceux de la droite, sans qu'on arrive à savoir s'il s'agit de la droite dite républicaine ou de l'extrême-droite. On parlera de droite extrême, par commodité.

Et pourtant, aujourd'hui encore la revue prétend avoir le souci "d’incarner l’esprit humaniste de ses débuts, à distance des adhésions idéologiques dont les bilans désastreux parlent pour eux-mêmes" (https://www.revuedesdeuxmondes.fr/qui-sommes-nous/). Il y a quand même des adhésions qui collent à la peau, qui sont tellement intégrées au système intellectuel qu'elles ne s'aperçoivent même plus qu'elles ne sont qu'adhésion idéologique bien marquée.
Dans son projet, cette revue voulait constituer un pont intellectuel entre les deux rives de l'Atlantique (Tocqueville n'est pas loin). Mais soyons précis : s'il y a pont aujourd'hui, c'est peut-être entre les deux rives, mais plus précisément entre le parti des Républicains américains (ce cher Trump dont la Marine briguait la poignée de mains) et les partis de la droite extrême anti-droits-de-lhommistes de notre beau pays des Droits de l'Homme, non ?


mardi 17 mai

Réfugiés d’Ukraine : tapis rouge pour les uns, barbelés pour les autres

Février 2022 : face à l’afflux d’exilé·es en provenance d’Ukraine aux frontières européennes, la présidente de la Commission européenne déclare que l’Union est « pleinement préparée » à accueillir ces réfugiés qui sont « les bienvenus ». En France, la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur précise qu’il n’est prévu ni répartition entre les États membres de l’UE (« ce sont des personnes libres, elles vont là où elles veulent ») ni quotas (« dès lors que des besoins seront exprimés, la France y répondra ») : sera octroyé un statut provisoire de protection immédiate, sans besoin de demander l’asile, avec un accompagnement social pour tout le monde ; les personnes seront logées, pourront travailler et leurs enfants iront à l’école. Et pour « ceux […] partis sans passeport, il y aura évidemment de la souplesse, ce sont après tout des gens qui fuient la guerre, on ne va pas les bloquer avec des formalités administratives. L’humanité c’est de ne pas ajouter des formalités aux formalités ».

L’incrédulité face à cette inhabituelle hospitalité cède au malaise. Comment en serait-il autrement, quand on apprend, par la voix du directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration que « la France se prépare » et dispose d’un « parc d’hébergement de demandeurs d’asile qui peut être agrandi », tandis que sont laissé·e·s à la rue, depuis des années, des milliers d’exilé·e·s que la police pourchasse, rafle et déplace sans cesse ?

La suite est dans l'édito du numéro de mars 2022 de PLEIN DROIT, la revue du GISTI...