couvVers de nouveaux catalogues / sous la dir. d'Emmanuelle Bermès - Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2016. - 172 p. - (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). - ISBN 978-2-7654-1513-8 : 35 €

 

Paru fin 2016, cet ouvrage collectif sur les « nouveaux catalogues » est épinglé par tous les bons catalogues. Il a fait, depuis sa sortie, l’objet de nombreuses notes de lecture de qualité émanant de professionnels des bibliothèques. Pour faire court, je ne citerai que celle d’Étienne Cavalié (Lully)[1]. Indiquons également qu’Emmanuelle Bermès a mis à disposition sur son blog[2] le propos introductif (p.9-12) et la table des matières de l’ouvrage.

 

Les métadonnées sont des données. Mieux, la notice catalographique est un ensemble de données comme les autres. « Comme les autres », cela signifie que les données qui constituent la description bibliographique sont prises dans le mouvement de la technologie web (inscription dans l’évolution de la technique) en même temps qu’elles prennent sens dans un écosystème spécifique (fonctionnement et finalités des bibliothèques). À la lecture de notre ouvrage, on perçoit la complexité de ce changement de granularité qu’évoque Gautier Poupeau (p.159), qui fait qu’il ne s’agit plus de répéter la notice ISBD en autant d’exemplaires qu’il y a de vedettes (la bibliothèque de mes études), ni même d’entrer des données sur un canevas informatique rigide pour être en capacité d’échanger les notices et de fédérer les catalogues (la bibliothèque de mes débuts professionnels). La notice est devenue un document comme les autres, c’est-à-dire un ensemble (certes structuré dans la cohérence de son écosystème) de données.

Chaque contribution s’intéresse à une facette de cette complexité. Les trois premières inscrivent la problématique du catalogage dans les évolutions technologiques du web (données ouvertes et reliées ; structuration sur le mode “entités” ; visualisation des données)[3]. Les trois suivantes dessinent les possibles du catalogue (évolution normative ; convergence des données ; évolution des réseaux documentaires, en l'occurrence Brises-ES). Les trois contributions de la troisième partie exhibent les flux de données qui s’échangent entre bibliothèques, entre éditeurs et bibliothèques, entre éditeurs et agence bibliographique. La dernière partie s’intéresse spécifiquement aux outils (portails, cloud), Gautier Poupeau concluant l’ouvrage collectif en revenant sur l’impact du changement de granularité sur le devenir des bibliothèques - où l’éclatement de la notice en données modélisables finit par améliorer l’accès aux (descriptions des) documents par les « usagers », globalement discovery et delivery.

Reste la (bonne) question d’Étienne Cavalié : quid de l’acculturation et l’appropriation de ces problématiques par la profession ? Françoise Leresche apporte quelques éléments de réponses quand elle évoque l’accompagnement des mutations de la profession induites par cette « transition bibliographique ». Peut-être les postures professionnelles devraient-elle toujours mieux intégrer dans une sorte d'immanence les gestes et attentes - sinon les problématiques - des « usagers ».


[1] « Vers de nouveaux catalogues » : quelles questions, quelles réponses ? Etienne Cavalié (Lully), Bibliothèques. [reloaded], 2 mai 2017.

[2] Vers de nouveaux catalogues, Manuefig, Figoblog, 7 décembre 2016.

[3] On peut également lire sur le sujet Le Web sémantique en bibliothèque d’Emmanuelle Bermès avec la collaboration d'Antoine Isaac et Gautier Poupeau [Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2013. - 171 p. - (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). - ISBN 978-2-7654-1417-9] et le plus récent Bibliothèques : le Web est à vous de Véronique Mesguich [Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2017. – 185 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-1521-3] présenté par Stéphane Cottin sur le site de l’ADBS.


 Notice rédigée pour l'ADBS (pdf).