vendredi 26 juin

Autour de l'économie du savoir (Jean-Pierre Bouchez)

Jean-Pierre Bouchez, Autour de « l'économie du savoir » : ses composantes, ses dynamiques et ses enjeux, in Savoirs, 34 - 2014, pp.9-45

Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !
Victor Hugo
("Ce siècle avait deux ans" in Les feuilles d’automne)

imageQui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici servi. L’auteur nous livre une authentique synthèse bibliographique ou plutôt documentaire : sur un fond de 80 références, ne sont mobilisées que les idées et les informations qui permettent à l’auteur de la synthèse d’étayer et d’illustrer la problématique qui est la sienne.

Cette problématique, nous la connaissons : Marie-France Blanquet en a fait état lorsqu’elle présentait pour Doc-SI l’ouvrage que Jean-Pierre Bouchez publia en 2012, L'économie du savoir : construction, enjeux et perspectives. De cet ouvrage, la présente note de synthèse reprend, d’une part, la seconde partie, intitulée “Un nouveau régime de croissance autour de l'économie de la connaissance et de l'innovation” (pp.147-230), en en condensant drastiquement le propos, et, d’autre part, la conclusion (pp.353-362).

L’auteur commence par exhiber ce qu’il appelle les “composantes de l’économie du savoir”, à savoir le savoir, les finances, les nouvelles technologies de l’intellect et le territoire, autant de pôles dont les “liaisons interactives” produisent la “dynamique de l’économie du savoir”. Dans ce fonctionnement, apparaissent assez nettement les antagonismes entre le pôle du savoir et celui des finances, au sein d’une relation “globalement asymétrique” qui débouche fatalement sur la privatisation et la “marchandisation excessive du savoir”, dit l’auteur, avec la captation et la codification des connaissances, la propriété intellectuelle étant qualifiée de dispositif ambivalent où le brevet finit par empêcher l’innovation.

Parmi les pistes évoquées pour libérer l’innovation, outre la nécessaire sanctuarisation des dépenses d’investissements publiques de R&D et d’éducation, l’auteur revient à un concept forgé par l’économiste néoclassique Paul A. Samuelson au milieu des années cinquante, au concept de bien public mondial. Un bien public satisfait en même temps à deux exigences : celle de “non-rivalité” (bien inépuisable, sa consommation par un usager ne réduit pas la consommation par les autres) et celle de “non-exclusion” (bien dont l’accès n’est pas soumis à condition, d’où sa gratuité notamment). Le fameux rapport publié par la PNUD en 1999 (Global public goods) mettait le savoir au rang des biens publics mondiaux...

Qui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici servi. Mais qui veut se poser les bonnes questions au sujet du savoir et de son économie pourra poursuivre sa route avec Jean-Pierre Bouchez, par exemple en lisant son ouvrage de 2012. Et comme disait Pierre Caspar, éditorialiste de la livraison de Savoirs, “face à l’amplitude et à la complexité de cette analyse, nous pouvons nous demander ce qui peut avoir un impact direct sur nous ; en particulier lorsqu‘on exerce les « métiers du savoir » chers à Jean Pierre Bouchez”.

Les documentalistes et autres gestionnaires de l’information ne sont-ils pas des professionnels du savoir, ces “piétons du savoir” dont parlait Serge Cacaly il y a trente ans (Doc-SI, 22-6, pp.208-215) et dont Suzanne Briet revendiquait haut et fort la teneur intellectuelle du métier il y a plus de soixante ans ?

Rédigé pour l'ADBS
publié sur le site de l'association le 25 juin 2015


 

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jeudi 25 juin

La Chapelle des Flandres recrute des choristes confirmés

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La Chapelle des Flandres recrute pour Coeli et Terra, ensemble vocal amateur de haut niveau à rayonnement régional, des choristes confirmés (tous pupitres, de 18 à 40 ans), pour monter un ensemble de programmes de concerts...

  • Voyage de l’Angleterre aux Flandres sous la direction de Maurice Bourbon et François Grenier : répétitions sur 8 samedis de novembre 2015 à juin 2016
  • Une étape en Angleterre sous la direction de François Grenier : répétitions un mardi et un vendredi par mois de novembre 2015 à mars 2016
  • Des Flandres à l’Italie sous la direction de Maurice Bourbon : répétitions sur 6 dimanches de novembre 2015 à juin 2016

 

Profil requis

Avoir envie de découvrir de nouveaux répertoires,
de perfectionner sa pratique vocale au sein d’un groupe,
de partager sa joie de chanter avec d’autres amateurs passionnés.
Être capable d’apprendre sa partition en autonomie

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Fondé en 1987 par Maurice Bourbon pour promouvoir la musique franco-flamande des XV° et XVI° siècles, Coeli et Terra s’est ouvert par la suite à tous les répertoires du XV° au XXI° siècles. Depuis 2011, Maurice Bourbon  partage la direction artistique de l’ensemble avec François Grenier, chef de chœur et continuiste . Pour dynamiser son activité, Coeli et Terra s’est réparti en deux pôles, dont l’un répète le week-end à Roubaix et l’autre en semaine à Lille. Chaque année, un programme nécessitant un plus grand effectif permet de réunir ces deux pôles pour des répétitions communes (3 samedis à Roubaix) sous la direction de François Grenier. Un concert final donne l’occasion à chaque pôle de se produire à la fois en effectif autonome et en effectif commun.

En fonction de vos envies et disponibilités, vous pouvez choisir de rejoindre l’un des 3 programmes ou l’un des deux pôles. Tous les programmes sont combinables entre eux.

Programme 1 : Voyage de l’Angleterre aux Flandres

 

oeuvres

De l’Angleterre…

Tallis, Philips (XVI° siècle), Britten, Martin, (XX°siècle)

… aux Flandres

Obrecht (XV° siècle)

direction

François Grenier

Maurice Bourbon

lieu de répétition

Roubaix

 

dates

8 samedis 16h/21h

30/01,  05/03, 12/03 - 2016

21/11, 05/12 – 2015, 23/04, 28/05, 18/06 - 2016

effectif

2 pôles (40 chanteurs)

Pôle de Roubaix (20 chanteurs)

 

Programme 2 : Une étape en Angleterre

oeuvres

Tallis, Weekles, Sheppard, Byrd, Morley… (XVI°/XX°)

direction

François Grenier

lieu de répétition

Lille

 dates

Un mardi et un vendredi par mois de 20h à 22h30 (dates à définir)

effectif

Pôle de Lille (20 chanteurs)

+ programme 1 « De l’Angleterre… » (3 samedis)

 

Programme 3 : Des Flandres à l’Italie, amour sacré, passions profanes

oeuvres

Des Flandres…

Josquin, Obrecht (XV°/ XVI°)

Chansons-motets, motets

… à l’Italie

Marenzio (XVI° siècle)

Madrigaux, motets

direction

Maurice Bourbon

lieu de répétition

Roubaix

 

dates

6 dimanches de 9h30 à13h

22/11, 06/12 - 2015      06/03, 24/04, 29/05, 19/06 - 2016

effectif

Pôle de Roubaix (20 chanteurs)

+ programme 1 « … aux Flandres » (5 samedis)

Tous ces programmes donneront lieu à un premier concert commun le 13 mars 2016 (à l’exception de la partie « Italie » qui fera l’objet d’un concert ultérieur).

Cette information en un document pdf.

Pour mieux nous connaître, visitez notre site lachapelledesflandres.fr


 

 

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mercredi 24 juin

Faire de la bibliothèque nouvelle un organisme vivant en osmose avec les usages

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C'est un fait que l'innovation se déploie très souvent au sein d'un dialogue, dialogue de points de vue, dialogue de méthodes, dialogue de métiers, dialogue de compétences... L'éclosion des nouveaux espaces bibliothécaires ne saurait démentir ce constat et Marie-Françoise Bisbrouck, dans l'avant-propos de cette nouvelle édition de Bibliothèques d'aujourd'hui : à la conquête de nouveaux espaces, insiste sur ce point.

Par ailleurs, il est clair que l'innovation spatiale a un impact fort sur les pratiques professionnelles et, partant, sur les métiers mêmes de la bibliothèque. La fonction de médiation ne serait-elle que la seule, au coeur de la bibliothèque d'aujourd'hui, l'impact serait déjà énorme. Les jours sont comptés du magasinier qui attend l'usager derrière sa banque de prêt. Tout est mouvement, fluidité, circulation, qu'il s'agisse du savoir, des documents, des usagers ou des professionnels. Et la mission de l'espace bibliothèque est de proposer l'aisance nécessaire à cette circulation - qui doit être efficace, c'est-à-dire productrice de savoirs, d'échange de savoirs. À l'usager de s'approprier cet espace ; au professionnel de faciliter cette appropriation. On comprendra donc que le soin apporté au bâti et à l'aménagement d'un tel espace est primordial. On entre ici dans une dialectique serrée entre le dur et le mou (on pourrait parler de souple, de flexible, de vivant...) - où le premier doit, dans sa dureté même, permettre toute expression du second, qu'elle soit prévue ou imprévisible à ce jour. Il faut finir par insuffler la possibilité d'une respiration qui fera de la bibliothèque nouvelle un organisme vivant en osmose avec les usages qui peuvent l'habiter. Bref, il faut parvenir à rendre la vie possible dans la bibliothèque, dans ses débordements et ses contournements possibles.

La lame de fond que représente la création des learning centers pointe un usage ancestral mais de plus en plus affiché de la bibliothèque universitaire. La fonction Formation devient un des éléments-clés de la fonction Médiation. Et quand on sait que, depuis plus de vingt ans, la formation se qualifie de multiples façons (formelle, informelle, non formelle, autodirigée, etc.), on comprend l'enjeu de la configuration de la bibliothèque. La pédagogie inversée accroît l'importance du rôle de la lecture préalable au face à face pédagogique, alors que la pédagogie par projet doit proposer aux étudiants des lieux de travail collectif voire collaboratif, en groupes de taille variable. Enfin, l'avènement du presque-tout-numérique, y compris pédagogique, impose quelques contraintes physiques qu'il s'agit de respecter voire d'anticiper si l'on veut optimiser le potentiel d'usages que représente la bibliothèque quant à l'apprentissage et à l'appropriation des savoirs.

Jean-Philippe Accart a présenté dans ces colonnes la première édition de l'ouvrage (Doc-SI, n°1, 2012). Loin de moi l'idée de ne pas renvoyer le lecteur à cette présentation. Reste à pointer les nouveautés de la présente édition qui, comme la précédente, propose à la fois des éléments de réflexion sur la question des espaces et des présentations d'expériences et de réalisations.

Ainsi, trois textes ne sont plus imprimés mais disponibles en PDF sur le CD-Rom qui accompagne le volume et qui contenait déjà une série d'éléments techniques et descriptifs. Il s'agit par exemple de la préface de Daniel Renoult, remplacée dans la nouvelle édition par un dialogue entre deux professionnels de la bibliothèque, Anne Verneuil et Christophe Péralès. Globalement, l'édition est plus importante (une soixante de pages), quelques textes laissant la place à de nouvelles contributions.

Assurément, comme disait Michel Mélot (BBF, n°3, 2011), « un livre qui [fait] date et que tout bibliothécaire, apprenti ou vétéran, doit avoir lu, d'un bout à l'autre de ses [437] pages chargées de tout ce qui fait question dans les bibliothèques d'aujourd'hui ».

Rédigé pour l'ADBS
publié sur le site de l'association le 23 juin 2015

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