C'est fou comme tout le monde s'emballe sans réfléchir ! Martine Aubry construit une analogie et tout le monde prend ça pour une comparaison ad hominem - même les analystes réputés !
Je remarquais l'autre jour que cela avait l'énorme avantage de permettre aux sbires du roi d'Maubeuge de s'égosiller en criant à la vulgarité de la Dame de Lille.
Je cite l'honorable quotidien du soir (qui, par ailleurs, est bien sûr lui aussi tombé dans le panneau) : À l'UMP et au gouvernement, des cris d'orfraie ont immédiatement retenti. " Les Français jugeront où est la vulgarité ", a fustigé, en spécialiste, Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP. [Franck Nouchi, Le Monde daté du 2 juin] Ou encore : Les attaques ad hominem de la première secrétaire du PS contre le chef de l'État, comparé à l'escroc américain Bernard Madoff et accusé de " vulgarité ", dénoteraient une attitude sectaire. Le chef de l'État a fait mine de ne pas réagir, mais a envoyé ses troupes au combat. [Pierre Jaxel-Truer et Arnaud Leparmentier, Le Monde daté du 4 juin]

Moi, je trouve qu'ils ne manquent pas d'air, les Morano, Wauquiez et autres Lefebvre de protéger ainsi leur surhomme qui sut être publiquement si vulgaire ! En fait, on a là un nouvel emploi de la fameuse rhétorique du retournement déjà présentée sur Brich59. Les vulgaires traitent les non-vulgaires de vulgarité et comme les gens regardent ce que pointe le doigt de la vindicte criarde, ils finissent par oublier que ledit doigt appartient à un vulgaire etc. L'occasion était trop belle pour ces non-respectables politiques de se faire une virginité rhétorique sur le dos de la Dame de Lille qui n'a, somme toute, je le redis, que proposer une analogie et n'a donc en aucun cas prétendu que Madoff et Sarkozy, c'était la même chose.

Il faut dire que les journalistes les ont un peu aidés sur ce coup !