Le développement durable, la tarte à la crème depuis une dizaine d'années, la crème de la rhétorique tranquille, celle qui écrase tout sur son passage.
Un jour, j'ai rencontré le "développement durable" sur mon chemin professionnel et n'y ai vu que de la rhétorique. Je crois que mon directeur de l'époque m'en a un peu voulu de ne pas donner suite comme il l'attendait à sa demande. Ça aurait pu rapporté des sous. Ça aurait pu ! Sauf que moi, travailler sur et avec vent sémantique, ça me gonfle !

Depuis ce moment-là, on a en effet vu fleurir, comme champignons sous la rosée libérale, des slogans publicitaires à se tordre de rire, si l'enjeu n'était pas l'entourloupe commerciale et idéologique généralisée.

Lu ce matin dans Premières synthèses, n° 02.2, de ce mois de janvier, ceci : 42% des jeunes sortis de CIVIS depuis le début du dispositif ont accédé à un "emploi durable" à la sortie, à savoir un emploi d’une durée réelle ou prévue supérieure à six mois hors contrats aidés du secteur non marchand.

On appréciera le taquet à partir duquel on estime le durable en matière d'emploi des jeunes.
Rendez-vous compte : 6 mois, c'est toute une vie !

Une vie économique placée sous le signe de la "jetabilité" des hommes et des femmes qui travaillent et dont l'employabilité, comme on dit, consistera à être capables de sauter d'une durabilité à l'autre, au gré des caprices des "décideurs". Belle durabilité en vérité !

Ce matin, dans ma boîte aux lettres, j'ai également trouvé une invitation de Laurence, ma copine du MEDEF. Elle a le plaisir, dit-elle, de m'inviter à assister à un événement-média exceptionnel : "Le développement durable: l’atout concurrentiel de l’offre France", à l'issue duquel les fédérations adhérentes signeront une charte d'engagement. C'est le 10 janvier. Si quelqu'un veut y aller, c'est ici qu'il faut s'inscrire.

Moi, j'irai pas !