Décidément, les politiques ne sont jamais si forts que quand ils disent n'importe quoi ! Regardez cette histoire de fusion UNEDIC/ANPE.
Lisez donc le début de l'édito de Nicolas Barré dans Le Figaro d'aujourd'hui : Le bon sens voudrait qu'un demandeur d'emploi n'ait pas affaire à des guichets différents. Le bon sens voudrait que l'indemnisation du chômage ne soit pas totalement déconnectée de la recherche d'emploi. Bref, le bon sens serait que les deux entités fusionnent pour rendre le meilleur service possible aux chômeurs. Etc.
On appréciera l'amalgame thématique exhibé dans ce texte, et surtout les non-dits qui en disent long !

  • Primo, on enchaîne - comme s'il allait de soi (le fameux "bon sens") que tout cela est lié par des relations de causalité - l'intérêt du chômeur en tant que chômeur et la nécessité de connecter indemnisation du chômage et recherche d'emploi ! Il est vraiment formidable cet éditorialiste ! Il vraiment dans le moule de ce libéralisme arrogant qui veut faire porter au chômeur la responsabilité de sa propre condition de chômeur ! Pourquoi ne pas tout simplement, avec "bon sens", considérer l'indemnisation du chômage comme une réparation faite au salarié jeté sur les bords du marché du travail par l'entreprise qui usait et abusait de sa force de travail puis n'en veut plus ? Que l'indemnisation s'arrête lorsque le chômeur n'est plus chômeur, certes. Cela veut dire que l'indemnisation du chômage est directement connectée à la qualité de chômeur de celui qui la perçoit.

  • Deuxio, affirmant que notre service public de l'emploi a historiquement échoué, notre éditorialiste voudrait nous laisser entendre que le chômage est dû à l'incompétence du SPE ! Si le nombre de chômeurs est si élevé en France, ce n'est pas du tout parce que la politique social du patronat le décide ainsi ; ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout, parce que les chefs d'entreprises licencient pour faire toujours plus de profit... Non non ! Quelle idée ? S'il y a des chômeurs en France, c'est juste parce que les personnels de l'ANPE font pas bien leur boulot et sont incapables de travailler avec les personnels des ASSEDICs etc. taratata.

  • Tertio, on notera tout le mépris pour les travailleurs sociaux qui rament pour colmater les brèches que le patronat peu soucieux de l'impact social de son comportement taillent dans le pays. Notre éditorialiste ne parle-t-il pas des petits barons locaux du social ? Dans la même veine, on remarquera le même mépris envers ceux qui vendent leur force de travail, ce qui est le premier bon sens cette l'idéologie libérale  où les demandeurs d'emploi [doivent être] pris en charge le plus efficacement possible, comme s'il s'agissait de déficients mentaux ou je ne sais quoi !

  • ...

J'arrête, ça m'écœure ! Toute cette logorrhée juste là pour nous faire avaler la toujours plus grande précarisation des salariés, la toujours plus importante dégradation des conditions de travail... et pour, peut-être - mais Dieu qu'ils sont sots de faire ainsi ! - donner bonne conscience à un patronat et un gouvernement qui n'hésitent pas à verser la larme devant les caméras... et jure leurs grands dieux qu'ils ne vivent que pour faire le bonheur de la France !