notesdemusiqueLa très respectable OCDE publie une étude sur la réduction de la pauvreté et de l'exclusion sociale ces jours-ci. Il s'agit de "Lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale en France" de S. Jamet [OCDE, Paris, Document de travail du Département des Affaires économiques, n° 569, août, 47 p., (2007)]. Le "résumé" qui en est proposé vaut le détour !

Ça commence par un triste et pieux mensonge : "Réduire la pauvreté et l'exclusion sociale est un objectif essentiel de tous les gouvernements français." Ça continue avec un triste et sincère constat : "Même si la pauvreté, telle que mesurée conventionnellement, est en fait moins répandue que dans beaucoup d'autres pays, son ampleur est plus importante que ce qui peut être facilement accepté." Puis ça se termine avec un aveu d'échec cuisant : "L'approche des politiques actuelles consiste en un grand nombre de mesures façonnées pour des circonstances particulières. Certaines politiques ont des effets pervers sur la performance du marché du travail; leur efficacité/coût pourrait donc être améliorée pour obtenir de meilleurs résultats avec les mêmes ressources. La concentration géographique et ethnique de la pauvreté et de l'exclusion sociale constitue l'un des défis les plus importants, qui ne peut être relevé qu'avec la contribution de l'éducation, du marché du travail, du logement, des politiques d'urbanisation et de lutte contre les discriminations ainsi que des services sociaux."

Là, je me dis en mon fors intérieur que si les gouvernants de tous poils (mais surtout ceux du libéralisme qui se sont furieusement attachés à tout casser ce qui allait dans le bon sens) avaient correctement entendu le discours inlassablement répété de Bertrand Schwartz et de ceux qui ont travaillé et travaillent encore avec lui, on n'en serait pas là, à redire vingt cinq ans après les mêmes "évidences", que Bertrand Schwartz avait mises en avant notamment dans son rapport de 1982 !

Le problème, c'est que cela va à l'encontre de la culture du résultat façon néolibérale et que je ne vois pas comment les paramètres énoncés par l'OCDE vont pouvoir être mis en "globalité"...

Triste France ! Toujours la même musique !