Sark0Ainsi donc la fidélité passerait, dans la boutique morale de notre Président, après l'efficacité ?

Intéressant cette opposition ? Un peu comme si on opposait le fait d'arriver là où on veut aller et celui d'avoir des jambes... Mais, bref, n'ergotons pas ! On va encore dire que je chipote.

En tout cas, la fidélité, c'est sûr qu'il trouve ça inefficace. Sinon il n'aurait pas fait de la trahison son arme favorite pour avancer en politique et dans la vie. Quelques exemples, parmi ceux que je connais, mais je soupçonne qu'il y en a de nombreux autres :

  • 1983, il trahit son mentor [le petit Nicolas disait même qu'il était son "double"!] en lui piquant le fauteuil de maire de Neuilly dès qu'il a le dos tourné (il était à l'hôpital, le Pasqua !)...

  • 1989, il trahit son "ami" Jacques Martin en lui piquant ...

  • 1995, à l'occasion des présidentielles, il trahit celui dont il avait, quinze ans plus tôt, dirigé le comité de soutien "jeunes"...

  • 2003, il trahit les corses à qui il avait promis une réorganisation administrative...

  • 2004, il trahit à nouveau Chirac en cumulant son poste ministériel régalien (Intérieur) avec la présidence de l’UMP (ce cumul avait été jugé impossible par Chirac devant les caméras de la télévision française le 14 juillet 2004) ;

  • 2004-2005, il trahit Tom Cruise, scientologue étasunien bien connu, en lui disant ne pas avoir d’opinion arrêtée sur la scientologie, alors qu'il avait écrit en 2004 que la scientologie n'est qu'une secte...

  • 2005 (novembre), il trahit ses propres services en affirmant que la révolte des banlieues est le fait de "bandes organisées", de "véritables mafias", alors que les RG lui avaient dit qu'il s'agissait bien d'une "révolte populaire des cités" ;

  • 2005-2007, à plusieurs reprises, depuis son poste ministériel régalien, il trahit la Constitution en intervenant dans le domaine judiciaire, bafouant l'intangible principe démocrate-républicain de séparation des pouvoirs ;

  • 2006, il trahit le fascisme français en demandant au néo-fasciste italien, Gianfranco Fini, son ami de longue date semble-t-il, de préfacer l'édition italienne de son ouvrage Témoignage ;

  • 2007 (avant le 22 avril), il s'entoure de traitres pour gagner l'élection présidentielle : Besson, de Robien, Roger Hanin, etc. ;

  • 2007 (après le 22 avril), il incite à la trahison politique les députés UDF, je veux dire qu'il les incite à trahir leurs électeurs, pour avoir plus de chances de garder leur siège de député [bizarre comme logique, non?] ;

et puis, régulièrement, il trahit les Français, nous tous, en nous assénant des contre-vérités patentes (dernière en date, par exemple, au sujet de Bolloré dont il prétend qu'il n'a jamais fait affaire avec l'État - ce qui est archifaux !). Mais les Français, apparemment aiment ceux qui les trahissent ! Oh oui Johnny fais moi mal, disait la chanson... C'est comme l'UMP et son ancêtre le RPR : après la victoire de Chirac aux présidentielles de 1995, Nicolas fit profil bas. Lors d'une réunion nationale du RPR (parti "gaulliste" que Chirac avait transformé en une véritable machine de guerre au service de son ambition personnelle), le 15 octobre 1995, il avait été copieusement conspué. Trois ans et demi plus tard, il était  président du RPR (intérim de sept mois). Quelques années plus tard, il transformait le RPR-devenu-UMP en une véritable machine de guerre au service de son ambition personnelle. Pardon : de son l'efficacité personnelle ! Aujourd'hui, il est effectivement arrivé à ses fins.

Moralité  1  :  si t'es fidèle, t'arrives à rien !
Moralité 2 : soit leur infidèle, ils aiment ça !