Quand j'observe ce qui se passe aujourd'hui autour du petit homme hargneux et tendu qui risque fort d'être élu Président de la République française dans quinze jours, je ne peux pas chasser de mon esprit l'image toute platonicienne du tyran qui finit par mourir d'avoir peur de mourir, de craindre d'être tué par l'un de ses proches. Ce doit être dans La République... quand l'athénien nous propose une phénoménologie des régimes politiques... Regardez qui entoure le petit homme hargneux et tendu qui risque fort d'être élu Président de la République française dans quinze jours. Au hasard : Besson et de Robien.

Le premier n'est visiblement qu'un assoiffé de pouvoir, voire simplement de publicité. Il passe directement du staff du Parti Socialiste (où apparemment ses dents rayaient trop visiblement le parquet) au staff de l'UMP, parti antagoniste du Parti Socialiste. Mais que peut attendre Mr Sarkozy d'un tel traitre à la cause qu'il défendait bec et ongles il y a si peu ? Que peut attendre Mr Sarkozy d'un écrivaillon qui le vilipendait si durement il y a moins de six moins, avant de vilipender celle pour qui il pointait le bec et acérait les ongles... Mr Sarkozy n'a que faire de cela. Il est au dessus de ces détails. Comme le prince de Machiavel qui savait prendre la bonne distance et distinguer ce qui lui est utile un jour et dont il se débarrassera un autre jour.

Le second est la taupe sarkozienne au pays de Bayrou - qui fut son pays natal, son identité nationale à lui. Il passe son temps, après donc avoir trahi sa propre famille, à tenter de dévoyer ses frangins pour qu'ils trahissent comme lui. Un traite faiseur de traitres... Là aussi, que peut attendre le petit homme d'un traitre faiseur de traite, d'un traite exponentiellement traite ? Qu'il le trahisse un jour prochain ? Là aussi le seigneur UMP prend l'aide car elle lui est utile aujourd'hui pour asseoir son pouvoir personnel. Demain on verra...

Et ce ne sont pas les sarkoboys, tontons fingueurs de première catégorie qui rattraperont le coup ! Eux aussi demanderont leur part du gâteau que le petit homme entendra naturellement s'attribuer à lui seul... lui qui, il n'y a pas si longtemps, trahit le potentat...

Chez Platon, le tyran finit dans une immense solitude par étouffer de tant de crainte de trahison.