figaro2Lu dans Le Figaro du 22 janvier, la chronique de ce cher Alain-Gérard Slama, intitulé Les profs, victimes de leur idéologie.

Tissu de fiel mêlé à de la contre-vérité. Mais surtout, à partir du constat de la récente manifestation des enseignants, démonstration de la nécessité de voter Sarkozy.

alain_gerard_slamaEn fait, dit le chroniqueur sarkoziste, les enseignants n'ont pas à se plaindre de la dégradation de leurs conditions de vie personnelle et professionnelle. Elles ne sont dues qu'à leur refus obstiné de croire aux vertus de la méritocratie.

Si si ! Il est sérieux quand il écrit ça !

Le problème, c'est qu'il ne se demande pas vraiment pourquoi les enseignants ont une si piètre opinion de la méritocratie. Et s'il avait réfléchit un peu, ce brave chroniqueur libéral et savant, et surtout s'il ne prenait pas les enseignants pour des couillons, il aurait compris que si les enseignants refusent voire récusent la méritocratie, c'est tout simplement parce qu'il en ont constaté les dégâts sur la jeunesse dont il s'occupent, parce que, si la méritocratie devenait le modèle de fonctionnement de l'école, on en reviendrait aux plus grandes injustices sociales. En effet, pour fonctionner correctement et sans hypocrisie la méritocratie devrait s'exprimer sur un terreau égalitaire. Si les gens doivent être évalués en fonction de leur mérite, alors ils doivent tous avoir les mêmes chances de départ - ce qui n'est pas la réalité. Je pense que notre chroniqueur conviendra que les enfants de Neuilly-sur-Seine et les enfants de Neuilly-sur-Marne ne partent pas dans la vie avec les mêmes chances de réussite éducative par exemple... Lui qui cite Raymond Boudon, il aura sans doute lu les études sociologiques les plus récentes à ce sujet.

Second problème : qui évalue s'il y a mérite ou pas ? Monsieur notre chroniqueur ? Monsieur Sarkozy, pour qui il appelle à voter ? Qui donc ? Le "marché" peut-être ? Ou Dieu soi-même ? Le mérite serait un "principe laïque" - à ce que prétend Monsieur Slama ! Moi, j'ai toujours pensé que ça avait quelque chose de religieux : si tu es sage, tu mériteras le paradis ; ou alors Eve a pris la pomme donc les femmes méritent de souffrir quand elles enfantent ; etc. Et souviens-toi, lecteur fidèle, de mon billet "Dieu dans l'isoloir et Nicolas dans le confessionnal..."!

Figaro3Bref, je crois que notre chroniqueur savant s'est laissé aveugler par son idéologie, ou plutôt celle de son employeur, le Figaro, c'est-à-dire celle de son patron idéologique, Monsieur Sarkozy !