lib_rationLu la semaine dernière dans les pages Livres de Libération (9 novembre), l'article d'Olivier Wievorka, « Dieu est dans l'isoloir. Comment l'Église catholique a pesé au XIXe siècle sur le suffrage universel », qui présente notamment le dernier ouvrage d'Yves Déloye, jeune professeur de science politique à Paris1, Les voix de Dieu. Pour une autre histoire du suffrage universel : le clergé catholique et le vote. XIXe-XXe siècles. On y apprend par exemple comment le clergé manipulait les foules au nom du Dieu commun, allant jusqu'à condamner à l'Enfer les "mécréants qui votent mal"...
lemondeLu, quelques jours plus tard, dans Le Monde daté du 14 novembre, le point sur les propositions du projet législatif UMP tel que soumis aux conseillers nationaux du mouvement mené de mains de fer par le couple d'enfer Sarkozy/Fillon - où je lis, au chapitre de la politique familiale, "suppression de la dette pour les familles honnêtes mais surendettées"...

Le rapprochement de ces deux lectures s'impose à moi sans qu'aucune once de mon impertinence foncière et native n'y soit pour quoi que ce soit !
Beau mélange des niveaux de réalité, en vérité : le clergé du XIXe fricotait sévère avec la politique terrestre, le politique d'aujourd'hui et de demain fricote sévère avec la morale. Même confusion. Même amalgame.
Ce qui est très grave dans les deux cas, c'est d'abord la manipulation des foules, de la crédulité des foules. Et puis, que vient faire cette notion éminemment morale dans le discours de la technique politique ? Qui jugera de l'honnêteté de telle ou telle famille ? Un homme politique style Chirac, Pasqua et consort ? Quels seront les critères retenus pour évaluer l'honnêteté ? Le bulletin de vote ?

Bon, il est tard. Je viens d'un concert où l'ONL donnait pour les 40 ans des IUT la grande symphonie d'Olivier Messiaen. Superbe. Mais peut-être n'aurais-je pas dû rédigé ce billet avant de plonger dans les doux bras de Morphée ! Au lieu de rêver aux accents soit-disant indiens de Messiaen, je vais peut-être refaire ce cauchemar où l'Inquisition ...