vendredi 28 octobre

Tchétchénie, brisons le silence !

ai_crirecontrel_oubli

manifestation régionale
contre les violations des droits humains
en T c h é t c h é n i e
Samedi 5 novembre 2005, de 14h à 18h
place du Théâtre à Lille

4nov2004_pybrunaud_pour_ai

Apportez un objet sonore,
ensemble nous briserons le silence
autour de la Tchétchénie

petit point documentaire
sur la
Tchétchénie
à la fin du message
du 12 octobre


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Un forum pour l'ingénierie de formation

mastersiteifLes étudiants du Master2 « Ingénierie de Formation » du CUEEP viennent d'ouvrir un Forum sous © phpbb.


Créé en septembre 2005, ce forum s'adresse aux étudiants et anciens étudiants du master Ingénierie de Formation du CUEEP, et de manière plus générale, aux professionnels de la formation. Il n'est pas à usage exclusivement interne mais se veut ouvert sur l'extérieur, avec pour objectif de mettre en relation les promotions actuelles, anciennes et futures... et peut-être aussi toutes celles et tous ceux qui, pour n'être pas inscrits dans l'une ou l'autre promotion, pourraient prétendre au titre d'Ingénieur de formation, par reconnaissance de l'expérience professionnelle, par exemple en VAE.
Allez-y donc voir !

forumif

En voici l'organisation :

Master IF - Cours & stages

  • Côté Cours ... toutes les questions que se posent les étudiants concernant les cours, mais aussi des conseils et des idées pratiques

  • Côté Stages ... pour vivre au mieux le redoutable triptyque SAD, Stage-Actions-Difficultés

CUEEP - Infos

  • Les infos du CUEEP

La formation - Forum général

  • Infos du monde de la formation ... les infos mais avec vos avis

  • Discussions autour de l'ingénierie de formation ... idées, débats, vécus et discussions autour de l'ingénierie de formation

Emploi

  • Offres de stages ... pour aider les étudiants dans leurs démarches de recherche de stage

  • Offres d'emplois ... pour vous aider les étudiants dans leur recherche d'emploi

Enfin, une rubrique est consacrée à ce que vous souhaitez partager de vos idées, avis et suggestions pour améliorer ce forum...


chaton_a_oeilPostée jeudi 20 Octobre par Alison, qui a l'air d'être la cheville ouvrière de l'entreprise (bravo Alison, tiens bon!), l'information selon laquelle, jeudi 15 décembre, un groupe d'étudiants du Master IF organise une journée professionnelle sur le thème :

Marketing et démarche commerciale en formation.

Moi qui désespère de voir la marchandisation gangrener la formation permanente jusqu'à la moelle, je pense que je vais m'inscrire.
S'ils m'acceptent !


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jeudi 27 octobre

parti pris idéologique et idéologie du gagnant-gagnant

jf_cop_Je viens de retomber sur une page du Quotidient permanent du NouvelObs, page que j'avais imprimée pour relire le texte du message à tête reposée. Il s'agit de la sortie de Jean-François Copé, notre ministre délégué au Budget, contre une récente étude de l'OFCE au sujet de la politique fiscale de notre gouvernement. C'était le 20 octobre dernier et j'ai gardé le document pour entreprendre une petite recherche d'information et une rapide réflexion sur ce que disent les mots de notre bon ministre délégué (encore le "sous-texte" !). J'aurais aimé, d'une part, lire l'étude en question, et, d'autre part, fouiller dans les déclarations politiques où des expressions comme "zéro perdant", "gagnant-gagnant", tout le monde gagnant", etc. fleurissent. Pas le temps. Mais avant de jeter la feuille imprimée au recyclage, je ne peux m'empêcher d'en parler - ou plutôt d'en écrire... Je sais, ça me perdra !
Titre  : Impôts : Copé juge l'OFCE "partiale". Et côté accusé, il s'agit de la Lettre de l'OFCE n° 267 du 20 octobre 2005, Réforme fiscale 2007: un pas de côté... (Cyrille Hagneré, Mathieu Pane et Henri Sterdyniak).

Moi, je trouve qu'au NouvelObs, ils sont très bons. Deux intertitres scandent la page : "Parti pris idéologique" puis "Zéro perdant". La chapeau disait "Dans une note, l'Organisation explique que 70% des baisses d'impôts prévues dans le budget 2006 iront aux 20% des foyers imposables les plus riches." Et dans un monde où l'on se contente le plus souvent de ne lire que ce qui est en caractère gras sur la page (il y en a qui appellent ça la lecture rapide et efficace !), je trouve qu'il a de la gueule, cet enchaînement :


Le gouvernement fait baisser les impôts des riches
fleche
Parti pris idéologique
t_fleche
Zéro perdant


Moi je trouve cet enchaînement très drôle mais très triste !
Sur le côté drôle, je n'insiste pas. Par contre, ce qui est triste, c'est d'abord ce parti pris langagier des conservateurs, parti pris très grossier et bien grossièrement étalé ici.

kopfsandLe conservatisme - qui a très bonne presse en France, en Europe et ailleurs - part du principe que, quand on est face à quelqu'un qui refuse que la conservation et l'accroissement du capital soient les principes régulateurs fondamentaux de la vie socio-économique, il faut de toute urgence - et si on n'a rien d'autre de technique par exemple à lui opposer - le taxer de "parti pris idéologi- que". Ça fonctionne comme ça depuis des lustres dans notre bon pays des Droits de l'Homme. Je ne donne pas d'exemples, vous voyez très bien ce que veux dire et laisse à d'autres le soin d'éventuellement exemplifier ceci en commentaire du présent message.

ideologiePar contre, ce qui apparaît de plus en plus dans le discours gouvernemental et patronal, c'est toute cette panoplie d'expressions que je relevais plus haut : "zéro perdant", "gagnant-gagnant", tout le monde gagnant", etc. Et là, moi, je trouve qu'ils vont très fort, au mépris des bases élémentaires de la physique. Ça me fait immanquablement pensé au baratin du commerçant de base, vous savez, quand le commerçant veut vous convaincre qu'il perd de l'argent en vous vendant son article à tel ou tel prix, alors qu'il est clair qu'il réalise un bénéfice sur votre dos - sinon il ne serait pas là ! Moi qui ai souvent joué au Monopoly quand j'étais petit (si si ça existait déjà !), quand on me dit qu'un dispositif permet que tout le monde gagne, ou qu'il y a "zéro perdant", je dis STOP ! Baratin, mensonge et discours anesthésique ! Discours interlope ! C'est-à-dire discours idéologique - au sens où les conservateurs emploient ce mot ! Ou encore discours idéologique, au sens fort, c'est-à-dire au sens de discours de celui qui a le pouvoir et qui utilise le langage pour confirmer et renforcer son pouvoir... Non plus seulement discours qui cache un autre discours, mais discours qui cache un autre discours efficient, agissant, violent... Dans ce discours-là, le sous-texte est action sur l'autre, contrainte de l'autre.

tv_ideologieQue tout ceci est triste : tout le monde les croit !
Tout le monde se laisse prendre par le baratin du commerçant ! Tout le monde se laisse attirer par les lumières du profit, tout le monde se laisse éblouir par les sirènes imbéciles du bonheur facile et de l'argent mérité, tout le monde se laisse endormir par les silences assassins des manipulateurs de foule.
La vérité est bien dans le marketing ...
Je suis désespéré.


 

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mercredi 26 octobre

Il y a cinquante ans, Rosa Parks

rosa_parksMon ami Grégoire a envoyé un mot a pas mal de gens pour signaler la mort, avant-hier, de Rosa Parks, celle par qui Martin Luther King est arrivé. Elle avait quatre-vingt- douze ans. Voici ce qu'on peut lire sur le blog Grioo.com (je me permets de reproduire, à quelques retouches près).



Une date, une personne:
Rosa Parks, 1er Décembre 1955

Par Hervé Mbougue

Le 1er Décembre 1955
Il s’agissait d’une journée de travail comme Rosa Parks en avait vécu des centaines dans sa vie, puisqu’elle était âgée de 42 ans déjà. Elle monte dans le bus, paie sa place. A cette époque, la règle était tragiquement simple. Les bus étaient divisés en trois parties :

  • L’avant était réservé aux blancs. Les noirs n’avaient même pas le droit de rester debout dans l’allée correspondante.

  • L’arrière était réservé aux noirs. Il n’y avait pas toujours de places assises

  • Une aile « charnière » était accessible aux blancs et aux noirs, mais un noir devait se lever dès qu’un blanc en avait besoin.

Pour rentrer dans le bus, les noirs payaient d’abord, descendaient, et remontaient par l’arrière. Il n’était pas rare que le chauffeur n’en ait cure et redémarre avant qu’ils ne soient tous montés, les laissant sur place.

Ce 1er Décembre 1955, Rosa Parks était assise dans l’aile « charnière », et contrairement aux autres passagers, elle a refusé de se lever quand des blancs ont eu besoin de s’asseoir. Elle était « fatiguée ». Mais contrairement à ce que dit la légende, elle n’était pas physiquement fatiguée, disons pas plus qu’un jour de travail ordinaire. Elle était fatiguée de subir ces traitements depuis des décennies, et a estimé qu’il y en avait assez. A cette époque, elle militait déjà dans des associations de défense des droits civiques.

Le chauffeur, qui l’avait déjà faite descendre d’un bus 12 ans plus tôt lui a renouvelé l’ordre de céder sa place. Elle a refusé. Il est devenu rouge de rage, est descendu, puis est revenu avec un policier qui a arrêté Rosa Parks.

Sans le savoir, il venait de donner une impulsion décisive au mouvement des droits civiques qui allait révéler au monde un nouveau leader pacifique…

Le procès et le boycott
Comme c’était la coutume à l’époque, Rosa Parks a été jugée coupable, et elle a été condamnée à payer une amende de 15 dollars.
Ce que la police n’avait pas prévu, c’est qu’un mouvement très fort se créerait autour d’elle. Très rapidement, il fut décidé de boycotter la compagnie de bus, jusqu’à ce qu’elle arrête ses pratiques ségrégationnistes.
Un jeune pasteur populaire fut choisi pour diriger la campagne de boycott, il s’agissait de Martin Luther King jr, qui n’était pas encore un leader mondialement connu.

La communauté noire, qui représentait 75% des clients de la compagnie de bus, s’est organisée de façon très solidaire. Certains n’ont pas hésité à marcher. Des taxis ont fait leur apparition, qui transportaient les gens pour 10 cents, prix pratiqué par la compagnie de bus.
Le boycott n’a pas été sans mal, puisque Martin Luther King et d’autres se sont fait molester alors qu’ils ne faisaient que se poster dans les rues pour voir les effets du boycott.
La maison de Martin Luther King a même été victime d’un attentat à la bombe, alors que sa femme Coretta Scott King et leur bébé de deux mois étaient à l’intérieur.

En apôtre de la non-violence, Martin Luther King a demandé à ses sympathisants de ne pas réagir violemment, et à continuer à se montrer pacifiques.

Pendant ce temps, la Cour Suprême a été interrogée sur la validité constitutionnelle de la condamnation de Rosa Parks, et Martin Luther King a continué à défendre les revendications de la communauté à la compagnie de bus :

  • Que les blancs et les noirs puissent s’asseoir de façon indifférente dans les bus

  • Les chauffeurs doivent être courtois à l’égard de tous les passagers

  • Des chauffeurs noirs doivent être engagés.             

La compagnie a refusé, même si elle n’a pas tardé à ressentir les effets du boycott, puisqu’elle a été contrainte d'augmenter ses tarifs de 10 à 15 cents, ainsi qu’à diminuer le nombre de bus en circulation.
Le 13 Novembre 1956, la Cour Suprême a rendu son verdict : les lois ségrégationnistes de Montgoméry ont été déclarées illégales.
Après 382 jours de boycott, la communauté noire avait gagné son pari, et obtenu le droit à un traitement équitable dans les bus.
Ces événements auront permis au monde de découvrir Martin Luther King jr...

Une vie tournée vers les droits civiques

La victoire fut amère pour Rosa Parks qui a dû déménager vers Détroit dans le Michigan compte tenu des menaces qui pesaient sur elle.

Elle a naturellement participé à la marche de Washington de 1963 et à celle de Montgoméry en 1965.

Rosa Parks aura eu une vie tournée vers la défense des droits civiques. Elle fut toujours membre du NAACP, ou National Association for the Advancement Of Colored People, dont elle faisait déjà partie en 1955 quand elle s’est faite arrêter.

Elle consacra énormément de temps à l’association Rosa and Raymond Parks Institute for Self Development (Raymond étant son défunt mari) qui offre à des jeunes des voyages en bus à travers les Etats-Unis afin qu’ils puissent découvrir l’histoire de leur pays, ainsi que l’histoire du mouvement pour les droits civiques.

Un film sur la vie de Rosa Parks a naturellement été tourné avec la talentueuse Angela Basset dans le rôle de Rosa Parks.

En 1999 elle a reçu des mains de Bill Clinton la médaille du congrès américain. Il s'agit de la plus haute distinction pouvant être décernée par le gouvernement américain.

Bill Clinton a notamment déclaré « de bien des façons, Rosa Parks a permis à l’Amérique de redevenir ce que nos pères-fondateurs avaient rêvé ».

Elle avait déjà reçu en 1996 la « Presidential Medail for Freedom »



Le web regorge de ressources sur Rosa Parks. On pourra en particulier consulter :

  • http://www.rosaparks.org/ le site officiel de l’association Rosa and Raymond Parks Institute for Self Development

  • une biographie sur l'excellent grioo.com cité dans ce message (que dis-je ! littéralement "pompé" !)

  • une biographie de Rosa Parks se terminant par une longue interview de celle-ci.

  • une interview en anglais donnée par Rosa Parks, où elle parle de sa vie, son enfance, et de son combat pour les droits civiques.

  • http://www.naacp.org le site officiel de la National Association for the Advancement Of Colored People, dans laquelle Rosa Parks militait déjà avant son arrestation en 1955.


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mardi 25 octobre

La Chapelle des Flandres fait son automne...

josquin_rose Le coup d'envoi de la saison automnale 2005 de l'association La Chapelle des Flandres sera donné à Cambrai, le 19 novembre. Le grand JOSQUIN DESPRÉS n'est pas au programme de ce concert. Il marque- ra pourtant fortement cette saison de son empreinte...

Ce concert du samedi 19 novembre vous permettra de faire connaissance avec deux musiciens assez rares, Jean Richart et Régis Campo (photo ci-dessous). Le premier fut un notable cambraisien au XVIIème siècle, l'autre est né à Marseille en 1968. La pièce pour huit voix du premier date de 1628 ; la pièce composée par le second lui a été commandée en 2005 par l'association Ad fugam.campo

Vous retrouverez Régis Campo et sa Missa Amici le mercredi 23 novembre (18h30), mais à Villeneuve d’Ascq cette fois (église St Pierre à Ascq) et en compagnie de Josquin Després (Messe Gaudeamus). C'est à partir d'une pièce de ce dernier que Régis Campo a composé sa messe...

Josquin, vous le retrouverez un peu avant ce dernier concert : ce sera lors du traditionnel concert d'automne chez les Dominicains, cette année le dimanche 20 novembre, à 17h. Josquin sera en compagnie de Clément Janequin, Gregorio Allegri et Maurice Bourbon.

raphael Enfin, l'association La Chapelle des Flandres vous propose, juste avant Noël, une visite guidée à tra- vers les départements Moyen-Age et Renaissance du musée du Palais des Beaux-Arts de Lille, suivie d'un concert par le chœur de chambre Cœli et Terra : chants sacrés autour de la Nativité, de la Renaissance au XXIe siècle, “sur un fil”, à travers le musée. Ce sera le jeudi 22 décembre, dès 19h...
Mais je vous en reparlerai.

De même que nous reparlerons de Nymphes des bois, concert spectacle en création de Maurice Bourbon et Philippe Jacquier, avec Cœli et Terra, six comédiens et Casilda Rodriguez à l'accordéon. Autour de la vie du compositeur Josquin Després (v.1440-1521), des guerres du Moyen-Age à l’humanisme de la Renaissance - Erasme, par exemple, dont je vous parlais l'autre jour -, une évocation vocale et théâtrale de l’homme en quête d’absolu...
nimphes_des_bois11

[La troisième image de ce message représente un détail d'un Raphael exposé
au Palais des Beaux-Arts de Lille été 2003 (Raphael : 1483/1520
)]


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jeudi 20 octobre

J'aime ma boîte ?

logojmb_hpETHIC voudrait qu'on aime notre boîte, c'est-à- dire l'entreprise (ou l'organisation) dans laquelle on justifie notre salaire...
Bon, d'accord : je prends quelques minutes pour suivre l'idée... quelques minutes sur mon temps de travail évidemment.

Pourquoi j'aime ma boîte ?

  • pour les valeurs qu'elle continue à défendre contre vents et marées

  • pour les publics dont elles défend les intérêts éducatifs et culturels

  • pour tous ces collègues qui partagent ces valeurs-là et offrent leur intelligence à ces publics-là

  • etc.col_re02

Pourquoi je ne l'aime pas ?

  • ...                    
  • ...                  
  • ...    

Chut !  Ils sont tous abonnés à mon blog !!!


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mercredi 19 octobre

Plainte de la paix

erasmec0Hier, j'ai cité Érasme, l'humaniste de Rotterdam - qui refusa l'invitation de François 1er le belliqueux de 1515 -, pour sa Querela pacis undique gentium ejectae profligataeque de 1516.
Je suis en train de relire ce texte. Je l'ai déjà lu, mais il y a très longtemps, trop longtemps. Je n'avais pas été sensible, à l'époque, à la force à la fois sereine et inquiète de ces pages.
Participant en ce moment à un travail artistique autour de l'idée de guerre au début XVIème, je redécouvre ces pages d'une étrange modernité. Je découvre aussi cet homme, européen comme l'étaient en cette fin du Moyen-Âge/début de la Renaissance tous les gens d'esprit, mais avant tout un homme conscient de ce qu'est l'humanité et de ce qu'elle pourrait être...

La Bibliothèque Nationale de France nous offre une édition des années 1530 (cote: NUMM-93753). bnf_gallicaLe livre compte quarante-quatre pages scannées avec précision par (et/ou pour ?) nos bibliothécaires nationaux, il y a déjà bien longtemps. Merci à eux. Je vous ai montré la couverture hier. Vous pouvez, en cliquant dessus télécharger l'ouvrage en pdf ou en tiff (attention, près de 2 méga et demi à chaque fois !). Génial.

Si vous voulez consulter le texte latin de la Querela pacis, nos amis belges ont entrepris le travail qui vous satisfera : la faculté de philosophie et lettres de l'Université Catholique de Louvain propose, avec son uclAgoraClass : L'Agora des Classiques, un site plein de bonnes choses pour les amateurs de langues et de littératures classiques. Bref vous aurez ici le texte brut et le texte avec les liens hypertextes qui en font un objet d'étude accessible au philologue latinisant. Le texte est celui qu'a établi Werner Welzig (Erasmus von Rotterdam. Ausgewählte Schriften. t.7, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1972).

Si vous voulez lire une traduction française contemporaine, il vous faudra acquérir ou emprunter le travail de Chantal Labre :9782869596894 Érasme, Plaidoyer pour la paix, Paris, Éd. Arléa, 2002, 90 p., pour un prix très modique.
Dans le titre Querela pacis, que Chantal Labre rend par Plaidoyer pour la paix, 'querela' pourrait être rendu aussi bien par Appel, Réclamation, Plainte, voire Lamentation (Chantal Labre suggérerait bien Lamento)... Une main que je ne saurais dater a écrit au revers de la page titre de l'exemplaire conservé à la BNF des mots qui, aujourd'hui encore, nous parlent avec force :

page2

La main généreuse a écrit aussi en anglais, à moins que ce ne soit aussi en américain...


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mardi 18 octobre

Tension en métaphore

de_civeHomo homini lupus, écrivait Hobbes (1588-1679), par une métaphore bien connue, reprise de l'Asinaria de Plaute : l'homme est un loup pour l'homme (dans son De cive, Epistola dedicatoria, en 1642).

Sauf que, écrivait Érasme (1467 [ou 69?]-1536) en 1516 dans sa Querela Pacis - querelapacisc'est-à-dire quelques mois après l'horrible bataille de Marignan - la concorde des loups est prover- biale (luporum concordiam etiam prouerbia nobilita- runt), déjà mise en avant par Aristote (dans l'Éthique à Nicomaque) et Horace (septième des Épodes).

Hobbes se serait donc trompé ? Pas du tout !

Disant que l'homme est comme un loup pour l'homme, le philosophe anglais veut seulement, mais sans le dire, loupinsister sur la différence entre la communauté des hommes et celle des loups. Dans la première règne la discorde, dans la seconde la concorde. Le loup affamé est dangereux pour l'homme, peut-être, mais jamais pour le loup. L'homme, affamé ou non d'ailleurs, est dangereux pour l'homme...

La métaphore est une tension où,

sous le ruissellement d'une ressemblance,

coule une différence.


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lundi 17 octobre

Anniversaire

5 octobre 1961, communiqué du Préfet de Police Maurice Papon

17octobrDans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des me- sures nouvelles viennent d'être décidées par la préfecture de police. En vue d'en faciliter l'exé- cution, il est conseillé de la façon la plus pres- sante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. [...]

17octobreD'autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musul- mans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d'Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures.

Pour la suite,

voyez http://17octobre1961.free.fr/,

le site contre l'oubli

logobdic2002où vous pourrez voir notamment quelques unes des photos prises le 17 octobre 1961 par Elie Kagan (1928-1999) et conservées par la BDIC de Nanterre.


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Impertinence et réenchantement...

medef_univ_t_1Il y a quelques semaines, Madame Parisot du MEDEF disait vouloir réenchanter le monde. C'était lors de son Université d'été à Jouy-en-Josas. Et nous nous devons d'y attacher de l'importance, car, disait la dame en ouverture, "l’Université d’été du MEDEF crée un métissage des genres et un brassage des idées unique en France. Elle traduit ainsi l’intérêt et l’implication des entrepreneurs dans les enjeux de notre société, leur soif de comprendre, leur ambition de faire évoluer les choses." Soit.

Le devoir du MEDEF, dit-elle ensuite, est "aussi de s’ouvrir toujours plus à la société civile et de dialoguer avec tous ses acteurs sans esprit partisan, sans parti pris ni défiance, sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite. La réconciliation de la France et de l’entreprise est notre espoir et notre but, l’art de convaincre en sera le moyen."

Là, juste deux remarques impertinentes, pour vérifier si j'ai bien compris et questionner plus avant :

  1. société civile ? Tiens ! Je croyais que les entreprises et leurs chefs faisaient partie de la société civile ? Étonnant, non ! Pour moi, dans ma petite tête, 'civil', ça s'oppose à 'militaire' d'abord, puis plus récemment à 'politique' au sens de celui qui fait une "carrière politique". Or, dans la mesure où, sauf par artifice de type littéraire ou religieux, on ne peut "s'ouvrir" qu'à ce qui est hors de soi, comment le MEDEF pourrait-il s'ouvrir à ce dont il fait partie ? Cela voudrait-il dire que le MEDEF se considère comme une partie à part de la société civile ? Question : en quoi le MEDEF est-il à part de la société civile dont pourtant il fait partie de droit ?

  2. sans esprit partisan, sans parti pris ni défiance, sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite ? Ah ! Ainsi donc , si j'en crois Madame Parisot, le MEDEF, c'est-à-dire les employeurs réunis, n'aurait pas de point de vue sur le monde, sur le monde économique, sur le monde du travail ! Pour moi, dans ma petite tête, le partisan, c'est celui qui manifeste son appui à une équipe sportive par exemple, ou alors quelqu'un qui roule pour une idée (partisan du libéralisme, par exemple) ; parti-pris, ajoute l'idée que le partisan a une pensée qui fonctionne exclusivement sur des a priori, c'est-à-dire sans aucune prise en compte de l'expérience des choses, sans possibilité de mise en question des a priori, une pensée de partisan refermée sur elle-même, sur ces certitudes (l'acception comptable de 'parti-pris' va plus loin : le parti-pris produit de la falsification) ; sans défiance, je le cromprends comme une insistance : la défiance serait ce qui caractérise le comportement du partisan qui a du parti-pris systématique et se méfie de tout le reste - que de toutes façons il ne veut pas prendre en compte sauf que le reste s'impose à la vue etc. (par ailleurs, je me demande pourquoi Madame Parisot dit ici 'défiance' alors qu'on attendrait plutôt, en français commun, 'méfiance' ; peut-être pour la consonance avec 'défi', mot qui relève d'une idéologie du battant et de la battante ?)   
    Bon ! jusque-là, rien que d'habituel dans le discours de ceux qui ont le pouvoir réel (à distinguer du pouvoir nominal, qui serait celui du corps politique [?]) mais font comme s'ils étaient ouverts à la discussion même si, en dernier ressort, c'est eux qui décident. Après vient le problème de
    sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite : ça, c'est le genre de bout de phrase qui me fait bondir, pour la mauvaise foi et le jésuitisme qui s'y déploient en douce !   
    Première question bête : alors ça veut dire que les autres (ceux qui ne font pas partie de la corporation des employeurs réunis) prôneraient une idéologie de l'inaction et de l'échec ? Bon !   
    Passons à la seconde question : ça veut dire quoi exactement "idéologie de l'action et de la réussite" ? J'attends les explications de Madame Parisot, et on en reparle (j'ai déjà plein de choses à dire mais je préfère attendre d'être bien renseigné !)...

Mais revenons pour l'heure au réenchantement du monde.
J'ai juste un petit problème de compréhension : comment la "patronne des patron(ne)s", comment la porte-parole de la corporation des employeurs réunis peut-elle, sans pouffer rire, dire qu'elle veut réenchanter le monde alors qu'elle et ses ressortissants font tout ce qui est en leur pouvoir réel pour payer le moins possible l'heure travaillée par les autres qu'eux ? Je suspecte là comme une impertinence (au sens où il n'y a pas de pertinence, dans un premier temps) dans les propos de Madame Parisot. Car ne peut-on penser que si les salaires étaient plus dignes, la pauvreté ne serait pas ce qu'elle est et le monde serait un peu moins désenchanté ? Et comme je ne crois pas que la porte-parole de la corporation des employeurs réunis manque de logique à ce point, je pose la question autrement : n'y aurait-il pas dans les propos du MEDEF une réelle impertinence, mais, cette fois-ci, au sens où le MEDEF se moque de nous ?

Ce lundi 17 octobre, journée du refus de la misère, je crois qu'il était utile de rappeler ces propos du MEDEF, qui n'en prennent que plus de relief et ... d' impertinence !


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