samedi 24 septembre

L'écriture en formation / la formation en écriture

Si, au début des années quatre-vingt-dix, je me suis intéressé à la problématique de ce que j'ai plus tard appelé écriture praticienne, c'est pour deux raisons concomitantes :

  • l'une tient à l'appel à l'aide d'un collègue qui avait lancé un chantier d'écriture à plusieurs et qu'il avait de la peine à faire avancer jusqu'à terme ;

  • l'autre au fait que, fondateur et responsable de la fonction documentaire au CUEEP, j'étais dans la proximité la plus grande avec les Cahiers d'études du CUEEP - où j'ai joué plusieurs rôles intéressants : conseil en écriture, rédaction, édition, bibliographie...


ce27C'est en 1993 que mon collègue Gilles Leclercq, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation, avait entrepris un chantier d'écriture à plusieurs. Voici comment il présente cela : "En décidant en mai 1993 d’écrire collectivement un Cahier d’Études sur une action spéci- fique, nous nous lancions dans une aventure difficile. Il faudrait surmonter bien des difficultés et la tâche serait conséquente. Mises bout à bout, ce sont environ sept cents heures d’interviews, de retranscription, d’écriture, de lectu- re, et de relecture (sans oublier le travail inhérent à toute activité de publication) qui forme la matière vive de cette étude." L'action en question s’appelait E.T.C., à savoir « Environnement Technique et Commercial ». C’était une formation en entreprise sur l’entreprise destinée aux agents opérationnels de La Redoute Catalogue. Sa finalité était la connaissance par des salariés de leur propre entreprise. Le stage durait cinq jours, soit trente-cinq heures, et avait été suivi, en deux ans, par plus de deux cent vingt personnes (dix-neuf groupes de douze personnes)... Nombre de professionnels de la formation continue avait participé à cette aventure pédagogique dont la réussite invitait à une valorisation par l'écriture. C'est ainsi que pas moins de dix auteurs sont intervenus dans la rédaction de l'étude que publia le CUEEP comme n°27 de ses Cahiers d'études.

Ma contribution fut quintuple :

  1. conseil en écriture, c'est-à-dire très concrètement aide aux collègues en difficulté d'écrire ;

  2. avec Gilles Leclercq, conception de l'ensemble de l'ouvrage ;

  3. rédaction de l'introduction intitulée Action et recherche. Des praticiens écrivent le dialogue des compétences ;

  4. co-rédaction de contributions particulières (l'une sur la gestion d'une action de formation, l'autre - en restitution d'entretien - sur la contextualisation politique de l'action) ;

  5. confection du Cahier d'études.

Ce fut pour moi un tel bonheur professionnel et intellectuel que je me pris au jeu de l'écriture jusqu'à proposer une sixième contribution, jusqu'à désirer engager une écriture sur ... l'écriture qui avait conduit à l'édition du Cahier d'études du CUEEP n°27. Le travail avec Gilles Leclercq avait tout à la fois permis une réflexion mais surtout l'avait éclairée ; je me sentais capable d'en parler, ou plutôt d'en écrire.
Avec la permission de mon collègue enseignant-chercheur, je m'octroyais royalement une place en fin d'ouvrage, pour partager mon goût pour cette problématique, relativement nouvelle à l'époque, de l'écriture des praticiens de l'éducation permanente. C'est dans ces circonstances qu'est née la Note sur l'écriture praticienne qui clôt le Cahier d'études du CUEEP n°27, publié en décembre 1994.
Sur la lancée, la réflexion continua un temps, donnant lieu à de brefs articles et à de courtes interventions lors de colloques... J'ai rassemblé ce qui me semble intéressant dans une page de ce blog, celle qui s'appelle tout simplement L’écriture praticienne et, outre la retranscription d'une intervention en marge du second colloque du GRAF sur l'autoformation, propose en téléchargement (pdf) :



La seconde raison tient à mon activité principale des années quatre-vingt-dix : la création et l'animation de la fonction documentaire au CUEEP. À ce titre j'étais dans une grande proximité avec les Cahiers d'études du CUEEP, ne serait-ce que parce que c'est à la Cellule documentation que les étudiants et les professionnels de la formation venaient les consulter ou les acquérir pour une somme modique.
Et puis, réfléchissant à l'écriture praticienne au CUEEP, je ne pouvais pas ne pas m'intéresser à ce phénomène somme toute original que constituait la mise en place et le fonctionnement d'une édition universitaire d'écritures pas forcément universitaires...
catadocBref, quand il s'est agi de fêter les douze ans des Cahiers d'études, je me suis fendu d'une petite étude sur les écritures qui y étaient à l'œuvre. Cela a donné un fascicule de 90 pages : LES CAHIERS D’ÉTUDES DU CUEEP, 1984 / 1995. Une double introduction, des fiches documentaires et des indices.
La première partie du livret évoque la richesse de la région Nord-Pas de Calais, sous le titre "Recherche, création et production documentaire en éducation et formation dans le Nord-Pas de Calais", sous trois aspects :

  1. Le Nord-Pas de Calais, pôle de recherche
  2. Le Nord-Pas de Calais, pôle de création
  3. Le Nord-Pas de Calais, pôle documentaire

Il s'agit en fait de la reprise (partielle et remaniée) d'un texte écrit pour une autre circonstance, je veux parler des vingt ans des GRETA, à l'occasion desquels la Délégation académique à la Formation Continue commanda au Collectif Documentaire régional Emploi Formation (que j'avais créé avec ma collègue du CARIF) une bibliographie sur l'Évolution des métiers de la formation des années 70 à l'an 2000. Pour cette bibliographie collective que j'avais dirigée, j'avais rédigée une introduction montrant comment notre région avait su, dès les années soixante-dix, organiser la formation permanente et notamment la formation des formateurs... Cette bibliographie faisait en quelque sorte suite à celle que j'avais réalisée pour le colloque de 1989 "Les formateurs d’adultes et leurs qualifications : réponses des universités" (dont les actes ont fait l'objet d'un numéro spécial des Cahiers d'études publié en juin 1990).

La deuxième partie centre le propos sur le CUEEP et ses Cahiers d’études, démarrant une petite analyse de la stratégie éditoriale. Puis je proposai une typologie des Cahiers d’études et une présentation de leur thématique. De nombreux éléments de cette partie se retrouvent dans les divers textes que j'ai pu écrire sur le thème général de l'écriture praticienne, notamment dans la Note de 1994.

La troisième et dernière partie est constituée de fiches documentaires des Cahiers. Chaque Cahier fait l’objet d’une notice. Celle-ci comprend, outre les références bibliographiques habituelles, une présentation succincte, en général rédigée par le ou les auteur(s) du numéro en question. Un appareil de descripteurs permet ensuite de situer le Cahier dans le champ conceptuel de la formation continue (Thésaurus de la formation du Centre INFFO, 1988 - quelques descripteurs ayant été ajoutés, dans l’attente de la parution de la nouvelle version du thésaurus). Il alimente l’index thématique situé à la fin de ce document. Puis un commentaire tente, autant qu’il est possible, d’indiquer des prolongements de lecture, en privilégiant soit la piste de l’écrivant, soit celle de la thématique. Quelquefois ce commentaire a été rédigé en collaboration étroite avec l’auteur (ou le coordinateur), voire par l’auteur (ou le coordinateur) lui-même.


Posté par brich59 à 22:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]