L'association La Chapelle des Flandres nous l'avait promis : bientôt un florilège de chansons locales va voir le jour. Un disque, qui sortira fin 2004, juste pour les fêtes de fin d'année, va réunir ce qui n'a que très rarement ou jamais été enregistré. Il ne leur manque que quelques milliers d'euros et un petit coup de pouce pour enfin presser le disque, pour arriver au bout de ce qui peut s'appeler une aventure. Car il a fallu fouiller et fouiller encore dans une jungle de textes et de partitions rendus en partie illisibles par le temps et oubliés, avec le temps aussi. Il a fallu trier, choisir, puis réarranger ces morceaux recollés de l'histoire ouvrière roubaisienne.

 

Un an pour que Vivat, un bouquet de chansons locales (patoisantes ou d'auteurs roubaisiens) puisse enfin aboutir. Maurice Bourbon, chef de choeur émérite, s'est chargé d'harmoniser ces compositions à la base assez simples et musicalement pauvres. Une fois le travail d'enrichissement terminé, solistes et chanteurs ont pu passer à la phase d'enregistrement (dans une chapelle à l'acoustique parfaite en Belgique).

 

Métamorphoses et Coeli et Terra, accompagnés à l'accordéon par Casilda Rodriguez, signent là un opus premier du genre qui risque de dépoussiérer pas mal de mémoires. Celles qui ont entendu les sirènes décrites par Van der Meersch, celles qui ont chanté du Bodart-Timal ou du Nadaud en sortant de l'usine, celles qui ont vu Roubaix se faire grande et finalement courber le dos quelques années plus tard. Mais Vivat n'est pas qu'un reliquat du vieux Roubaix compacté en disque, ces textes et chansons qui ont bercé une époque explique en partie ce qu'est la ville aujourd'hui. La bière et les frites, les vieilles cheminées et la vie dans les cafés, toute la bonhomie roubaisienne. C'est un résumé un peu réducteur certes, mais qui ressemble bien tout de même à quelques traits de caractère des gars du coin.

 

D'ordinaire confinée dans un registre disons plus « prestigieux » (voyez sa discographie), la Chapelle des Flandres s'est ici penchée sur un répertoire populaire sans pour autant faire montre de snobisme à l'égard de ces textes trempées dans le vécu à la fois beau et misérable des anciens ouvriers et de Roubaix aujourd'hui.

 

L'association qui met actuellement en place un système de souscription pour achever le financement du disque. Quelques centaines de commandes de CD feraient l'affaire. Vous aurez tous les renseignements ainsi que le formulaire de souscription ici. En effet, enregistrer demande des moyens qu'aucune maison de disques à l'heure actuelle n'est prête à prendre en charge intégralement. Souscrire, c'est prendre une option à un tarif préférentiel. C'est aussi participer activement à la création et à la diffusion artistiques.

 

[Certains passage de cette dépêche sont extraits d'un article paru dans  Nord-Éclair, le samedi 19 juin 2004]